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19 février 2012

Réédition d' Un mari idéal adapté par Oliver Parker

La troisième adaptation cinématographique d’ «Un mari idéal», la pièce de théâtre d’Oscar Wilde, est de nouveau disponible en DVD pour ce début d’année 2012.

Le célèbre dandy britannique imagine cette pièce lors d’un séjour tumultueux avec l’amant qui causera sa perte, Lord Alfred Douglas (la pièce est encore à l’affiche du Royal Theatre de Haymarket à Londres lorsque Wilde est arrêté).
 
Le succès de «l’Éventail de Lady Windermere», et d’ «Une femme sans importance» tient essentiellement à l’élégance malicieuse, voire caustique de Wilde. Une nouvelle fois c’est cela qui porte la pièce «Un mari idéal», dont l’argument n’est guère original en soi, puisqu’il s’agit d’une affaire de chantage probablement inspiré par les nombreuses malversations de la fin du siècle passé, et dont on trouve des antécédents dans des livres très célèbres.
Ainsi, l’escroquerie prétextée par Wilde pour l’argument d’ «Un mari idéal» fait écho à celle du fameux «Quel époque !» ("The Way We Live Now") d’Anthony Trollope.

Dans cette adaptation la plus récente, un beau casting se partage la distribution de l’adaptation (Cate Blanchett, Minnie Driver, Julianne Moore…), et le film est agréablement fidèle à l’oeuvre. Rupert Everett est un excellent Lord Goring, personnage romanesque qui est un double de l’auteur. Le thème réel de la pièce est bien sûr la difficulté de réconcilier l’idée que se font les femmes de leur époux -qui doit être «idéal»- et du mariage avec la réalité souvent plus pragmatique de l’être et des actions de leur conjoint.

On retrouve, avec un autre prétexte, ce thème dans «L’importance d’être constant», également adapté au cinéma par Oliver Parker, également avec Rupert Everett.

Extrait de l’acte II :
 
Lord Goring : Oh ! Je m’imaginerais que Mrs. Cheveley est une de ces femmes tout à fait modernes qui, à notre époque, trouvent qu’un scandale nouveau leur va aussi bien qu’un chapeau dernier cri, et qui promène l’un et l’autre au parc chaque après-midi, vers cinq heures et demi. Je suis sûr qu’elle adore les scandales, et que le chagrin de sa vie est de ne pouvoir en avoir à satiété.
Sir Robert Chiltern : Pourquoi dites-vous cela ?
Lord Goring : Eh bien, hier soir elle avait mis beaucoup trop de rouge, et pas assez de vêtements. C’est toujours un signe de désespoir chez une femme.


«Œuvres» de Oscar Wilde, dir. P. Aquien - Le livre de Poche, Classiques Modernes 2003

Oscar Wilde par Napoleon Sarony

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