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16 mars 2012

L’Allemagne rejoue le Contre Sainte-Beuve : Imperium de Kracht

Voilà qu’outre-Rhin, un livre fait polémique au point d’enflammer le monde de la culture !
 
Ce livre, c’est le quatrième de Christian Kracht, «Imperium», sorti il y a quelques semaines en Allemagne. Mais que se passe-t-il donc ?
Dans ce roman, l’action se déroule au temps du colonialisme, alors qu’August Engelhardt (personnage réel) décide de rejeter le monde moderne et de se nourrir de noix de coco en Nouvelle-Guinée allemande.
Dit comme ça, ça fait presque hippie. Mais en fait, en Allemagne, la montée du «Zurück zur Natur!», réunit des courants qui vantent la gymnastique, le nudisme, la jeunesse, ... la jeunesse blonde qui s'ébaudit en riant... et qui devient bientôt pro-nazi (voir le parcours du célèbre danseur Laban, par exemple). Je résume.
L’accueil fait à «Imperium» est excellent. Presque unanime : Georg Diez, lui, dans Der Spiegel, s’attaque au roman en le qualifiant de livre de droite. Indignation !
Après la bronca suscitée par cet article dans lequel il établit donc un parallèle entre les activités intellectuelles de l’auteur et les pensées du narrateur, le critique réitère dans son journal les mêmes observations, insistant sur ses lectures multiples de Kracht, notamment sa correspondance avec David Woodard dans laquelle il est essentiellement question de dictateurs, de nazis et autres joyeusetés.
En fonction de toutes ces constatations, Diez est clair : l’auteur joue avec le feu, et ce n’est pas drôle. D’où le déchaînement des passions : l’éditeur d’ «Imperium» a beau jeu d’estimer que le critique confond auteur et narrateur.

On remarque en tout cas que le camp Proust (intérêt de l’oeuvre en elle-même) a actuellement l’avantage en Allemagne sur le camp Sainte-Beuve (explication de l’oeuvre en utilisant la vie de son auteur).

Imperium de Christian Kracht - Kiepenheuer & Witsch Gmbh 2012

2 commentaires :

  1. Intéressant !

    Mais d'où vient l'expression 'la bronca'?
    Éclaire donc ma lanterne !

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  2. C'est un terme espagnol qui signifie la désapprobation du public lors d'un spectacle de tauromachie !

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