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13 mars 2012

L’exercice de l’État en DVD : un exercice à éviter ?

«L’exercice de l’État» : huit prix, dont trois César, vingt-trois nominations. Une histoire banale : celle de l’exercice quotidien du pouvoir. Enfin, de la gesticulation d’un Ministre qui communique, parce qu’aujourd’hui, c’est qu’on demande aux Ministres de faire. Un film qui ressemble fort à «La conquête» : une histoire que l’on connaît, et dont on connaît les rouages.
 
Lors de la séance de cinéma, il y a quelques mois, nous n’étions que quelques personnes dans la salle, et le film n’a pas fait un bon score au box office. Un succès d’estime auprès des journalistes, et voilà que Michel Blanc repart avec un César à la Cérémonie dernière, si on excepte le cafouillage de Mathilde Seigner. Alors, on se repenche sur le film.
 
Il est vrai qu’en énarque se repassant les discours des grands qui ne sont plus de ce monde pour modeler la parole des petits qu’il sert, Michel Blanc est bon, très bon. Mais meilleur scénario ? Cela m’a laissée pantoise : malheureusement, le film est très prévisible. Oui, les pauvres sont sacrifiés aux riches et aux puissants, oui, l’histoire finit mal, non, lesdits susmentionnés ne deviennent pas amis. Oui, la politique c’est avoir les mains sales.
 
Reste l’aspect documentaire, mais je suis circonspecte. Comme je l’ai dit, le film a touché des gens intéressés par la question, et qui connaissaient donc les méthodes décrites dans «L’exercice de l’État». Dès lors, le parti-pris de l’absence de «commentaire» me dérange. Oui, on demande aux Ministres de gesticuler devant les télés plutôt qu’agir. Mais qui le demande ? Pourquoi ? Y a-t-il un sens ? Et s’il n’y en a pas, pourquoi ne pas le dire plus clairement ?
 
Il faut être très cinéphile pour préférer ce film à un livre d’introduction à la science politique.

«L’exercice de l’État», de Pierre Schoeller, avec Olivier Gourmet et Michel Blanc - DVD Diaphana 2012

1 commentaire :

  1. Pour répondre à votre question finale: la force (de frappe) de l'image, justement supérieure à celle des livres). Sauf erreur de ma part, il y a quand même eu plus d'un demi-million de spectateurs rien qu'en France pour ce film. Il n'y a pas énormément de bouquins qui ont autant de lecteurs... (j'ai failli écrire d'électeurs!). Je crois à la force pédagogique de ce film, j'espère qu'il amènera quand même certains spectateurs, qui n'avaient jamais "réfléchi" à la question avant, à se dire "ah, c'est comme ça que ça se passe, ça paraît bien réaliste... Hé bien, peut-être que d'autres manières de faire la politique sont quand même possibles?".
    (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola

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