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1 mars 2012

Rebondissement dans l’affaire Patrick Cariou / Richard Prince

Richard Prince, artiste américain contemporain, est connu pour ses collages, assemblages de découpages et dessins sur des extraits de journaux porno. On aime - ou pas, mais en tout cas, cela se vend (très bien). Une exposition lui a même été consacrée l’année passée à la BNF.
 
Il y a quelques années, le photographe français Patrick Cariou est parti photographier les rastas de Jamaïque. Le livre tiré de cette expérience s’appelle «Yes Rasta». Richard Prince en a extrait une quarantaine de photos, qu’il a trafiqué de sa manière habituelle, gribouillages, porno, changement de couleurs, sans demander d’autorisation quelconque :
à gauche : une photo de « Yes, Rasta » de P.Cariou ; à droite, un montage issu de « Canal Zone » de R.Prince.















Ces images ont été vendues par la galerie Gagosian entre 1,5 et 3 millions de dollars. Patrick Cariou s’est agacé de cette reprise de son travail et a porté l’affaire devant les juridictions compétentes aux États-Unis. Richard Prince a alors plaidé pour sa défense le «fair use», l’usage de bonne foi. Mais en ce qui concerne l’utilisation d’oeuvres préexistantes, la jurisprudence américaine considère que l’apport de l’artiste second (qui modifie) doit être assez important pour transformer l’oeuvre originale première, ce que la juge n’a pas admis l’année passée.

Le mois dernier, on a appris que Richard Prince et ses conseils avaient finalement décidé de faire appel de cette décision…

En France, la question ne se poserait pas ainsi, car il n’y a pas d’exception générale au droit d’auteur (ce qu'est le «fair use»). De plus, pour l’utilisation d’une œuvre préexistante d’un artiste vivant, il faut absolument obtenir l’accord de celui-ci, sous peine d'être contrefacteur...

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