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28 juin 2012

Elena et les hommes : une farce de circonstances

«Qu’attendre de la sortie en DVD d’un film qui était tombé dans l’oubli ?» est la question qui nous tarraude aujourd'hui.

«Elena et les hommes» est un film de Jean Renoir, et c’est évidemment à ce titre qu’il est aujourd’hui à nouveau visible. Pour lui-même en effet, cela aurait été difficilement justifiable : le film n’a pas été jugé bon à sa sortie en 1956, et plus de cinquante après, cela ne s’est pas arrangé, les procédés qui le servent ayant assez mal vieilli.
 
Et pourtant le film n’est pas inintéressant. En voici l’argument : Elena Sorokovska, princesse polonaise exilée à Paris, est une jeune veuve qui revit par procuration. Elle s’intéresse plus qu’elle ne s’éprend à des hommes dont elle ambitionne de faire éclater la valeur, et une fois celle-ci révélée au monde, elle trouve un autre protégé, se complaisant dans un rôle de muse.
Ingrid Bergman, dit la légende, se serait vu offrir se rôle pour se consoler de sa rupture avec Rossellini. Cela ne doit pas être dénué de vérité : elle est presque la seule femme au milieu d’une cour d’hommes empressés. Alors qu’elle croise un bel inconnu lors de la fête du 14 juillet, les choses se compliquent lorsqu’il lui présente le héros du jour, le général Rollan inspiré par Boulanger (et joué par Jean Marais). Va-t-elle de nouveau choisir de faire le bonheur d’un homme, ou le sien propre ? On peut s’arrêter là pour évoquer l’histoire sans trop en révéler.
J’ajoute quand même qu’il y a quelque chose de gênant à mettre sur le même plan un général que l’on pousse au coup d’état et un musicien que l’on encourage à terminer une œuvre… Le film répond à cette question dans les dernières scènes, d’une drôle de manière : en France, l’amour est le moteur de toutes les actions, grandes et petites. Ce qui s’appelle s’en tirer par une pirouette. Bien français également ?

«Elena et les hommes» de Jean Renoir - Gaumont 2012

2 commentaires :

  1. Jean Renoir, Ingrid Bergman, Jean Marais... Quelle liste, et pourtant le film n'est pas bon !

    On a tendance parfois à oublier que même les meilleurs ont fait leur apprentissage et se sont essayés à des choses plus ou moins réussies...

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