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4 juin 2012

Vingt-quatre heures d’une femme sensible de Constance de Salm

Je ne sais plus comment j’ai eu connaissance de ce petit livre de 1824. Mais ce dont je me souviens, c’est que pendant un temps la réédition de 2007 aux éditions Phébus (louées soient ces éditions extraordinaires), n’était pas disponible facilement. J’avais repéré que le livre allait sortir dans une édition scolaire, et j’ai donc paresseusement attendu cette date. Certes, je pouvais les lire , mais enfin parfois j’ai envie de ne pas être devant mon ordinateur. Et puis, je voulais lire les lettres à la suite (et c'est ce que je vous conseille), dans une présentation proche de la feuille de correspondance, et la lecture sur wikisource en rouleau ne me tentait donc pas. Voilà l’histoire : une jeune veuve est l’Opéra avec son amant. Pourtant à la sortie, il part avec une autre femme. L’amoureuse se sent éconduite et rentre chez elle. Le roman est fait des lettres qu’elle écrit à l’indélicat, durant les 24h qui suivent. Passant par tous les tourments de la passion, par moments sujette à une intense jalousie, parfois, envisageant des excuses, des explications, les lettres analysent la scène, reviennent dans le passé, et peu à peu nous donnent les clés de leur histoire comme de ses sentiments. Ce roman épistolaire est absolument passionnant, et finalement le fait de l’avoir en édition commentée n’est pas un mal : même si les notes de bas de page sont superfétatoires pour le lecteur adulte, la présentation de Constance de Salm est intéressante. On apprend notamment que ce roman n’est guère représentatif de son œuvre de féministe, qu’elle y a  justement voulu donner tord à ses détracteurs qui l’accusaient de froideur. Du coup, le fait que cela soit sa seule œuvre disponible laisse songeur…

Vingt-quatre heures d’une femme sensible, Constance de Salm - Étonnants Classiques Flammarion 2012

3 commentaires :

  1. Oui, voilà qui est surprenant. D'ailleurs la collection s'intitule "Étonnants classiques".


    En tout cas ce post donne envie de découvrir Constance de Salm !

    On connait la version masculine de la jalousie chez Proust, avec le personnage de Swann, et il est rare d'en rencontrer une version féminine dans la littérature.

    Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre...
    http://www.youtube.com/watch?v=Ku-ChVdBwDs

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  2. Ce qui est surprenant aussi c'est qu'il ne faut pas faire beaucoup d'efforts pour imaginer la transposition actuelle, avec des textos sans rapports, qui font l'objet, comme dans le livre, de regrets immédiats !

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  3. Peut-être que j'aurais dû le lire en édition commentée aussi.
    J'ai bien aimé ce roman en raison des prouesses stylistiques de Constance de Salm et de la peinture qu'elle fait des affres de la jalousie.
    C'est vrai que je suis d'accord avec toi: si on transposait à l'époque ses lettres, on pourrait les voir comme des sms immédiatement regrettés!

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