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30 décembre 2012

Ernest et Célestine, inséparables

Y a-t-il grand chose à ajouter à cette affiche adorable ? Qu'elle tient complètement ses promesses ? Car oui, on ressort enchanté de ce film d'animation pour petits (et grands bien sûr) qui perpétue la magie des albums de Gabrielle Vincent (Monique Martin)...

Il faut dire que tout est absolument et parfaitement réussi, les dessins sont magnifiques, le scénario écrit par Pennac, la chanson du film par Thomas Fersen, et j'en passe !... De très bonnes fées se sont penchées sur cette adaptation de l’univers de l’illustratrice belge. Les petits apprécieront l'aquarelle intimiste, les grands pourront s'interroger : une souris ne peut-elle pas vivre avec un ours ? Faut-il que les ours restent avec les ours, et les souris chez elles ? Les artistes sont-ils forcément des marginaux ?

Après visionnage, je vous conseille surtout de jeter un oeil au blog de Benjamin Renner qui propose le making of du film en dessins.
Et retrouvez-en la musique ici !

Ernest et Célestine, un film de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier - actuellement en salles

27 décembre 2012

Populaire : la vie en rose de Melle Pamphyle

attention ! je dévoile des éléments de l'intrigue...

Rose Pamphyle, ce serait un nom un peu compliqué à porter dans la vraie vie, non ?
 
Cela tombe bien, c'est un nom de fiction et c'est celui de l'actrice Deborah François dans "Populaire". Dans ce film de Régis Roinsard, Rose veut devenir secrétaire, parce qu'elle est moderne malgré l'épicerie vieillotte de son père et le carcan social de Lisieux. Dans les années 50, beaucoup de femmes accèdent à l'indépendance grâce à ce métier.
 
Rose n'est sans doute pas la secrétaire idéale pour l'assureur Louis Echard (Romain Duris), mais sa vitesse dactylographique réveille ses propre rêves de gloire sportive, et il l'engage, bien décidé à en faire une championne de France, voire, qui sait ?
Du monde !

Il n'y a, à dire vrai, aucun suspens : chaque spectateur SAIT que Rose et Louis se sont aimés au premier regard et que le film terminera en happy-end. C'est justement pour cette raison que l'on peut prendre son temps pour admirer l'effort de reconstitution d'une époque révolue. Voire se complaire dans la nostalgie de l'après-guerre qui nous semble rétrospectivement si euphorisante.
 
Mais ce qui m'a vraiment plu, au-delà de la comédie romantique rondement menée, c'est le message féministe qu'elle délivre. Parce que, à la fin, Rose a tout. Elle n'a pas à choisir entre l'amour et la gloire, entre ses sentiments et son travail. Cette année 2012 a été marquée par l'énorme polémique soulevée par un article paru dans The Atlantic. Sous le titre "Pourquoi les femmes ne peuvent toujours pas tout avoir", une collaboratrice d'Hillary Clinton expliquait renoncer à son poste pour revenir près de ses enfants. "Populaire", en racontant cette histoire d'amour ET de réussite, redonne l'envie d'y croire !


"Populaire",  de Régis Roinsard avec Deborah François et Romain Duris - actuellement en salles

Pour en savoir plus, sur le site de l'INA, un dossier créé pour la sortie du film.

24 décembre 2012

Drood : Dan Simmons perpétue l'opposition Dickens-Collins

Il y a un peu plus d’un an sortait en grand format «Drood». Critique élogieuse dans Le Monde, et surtout, évocation d’un de mes écrivains préférés, William Wilkie Collins.

L’intrigue de l’auteur repose sur les faits suivants : en juin 1870, Charles Dickens meurt, en laissant inachevé «Les mystères d'Edwin Drood» et en survivant à son ami et disciple W. Wilkie Collins.

Dan Simmons imagine dans «Drood» les années qui ont précédé sa mort en confiant la narration à Collins. Jusque là cela me semblait vraiment une bonne idée.
Mais si le programme me plaisait, l’exécution en a été toute autre…

Premièrement, et de façon objective par rapport à ce qui va suivre, le livre est ennuyeux.
Il faut sacrément aimer Dickens ou Collins - et l’Angleterre victorienne - pour aller jusqu’au bout. Les péripéties se rapportent essentiellement à l’écriture des Mystères d'Edwin Drood avec moult références à l’oeuvre de Dickens qui s’ajoutent aux références à l’oeuvre de Collins (même si ces dernières sont bien moins nombreuses).
De plus, la dernière partie de l’ouvrage n’en finit plus et nombreux sont ceux qui ont dû s’endormir la tête la première dans la énième description d’une tournée de conférence de Dickens.
 
Deuxièmement, le plaisir escompté qui était pour moi de voir Collins héros d’un roman a complètement disparu au fil de la lecture. Dan Simmons brosse le portrait d’un Wilkie Collins, disons-le pour faire vite, fou et jaloux, voir fou de jalousie envers Dickens. Je me suis sans cesse demandé pourquoi il faisait preuve de tant de cruauté envers Collins. De façon absolument caricaturale, Dickens est montré comme un homme courageux, sportif, à l’intelligence vive, soucieux de son hygiène de vie, de sa famille. Collins est dépeint comme dépendant à toutes sortes de drogues, vivant de façon étrange, asocial, maladif, tourmenté à l’excès, jaloux des succès de celui qui l’a pourtant pris sous son aile…
 
C’est absolument exaspérant. Je rédige ma critique à l’occasion de la sortie, il y a quelques jours de l’édition de poche et je retrouve mes griefs de l’année dernière intacts. Collins a été un écrivain adoré du public, il a contribué à fonder le roman policier, écrit des textes qu’on peut qualifier de féministes, et Swinburne, oui Swinburne lui trouvait du génie. La postérité l’a massacré en classant ses livres dans les romans à sensation, catégorie méprisée. Le conformisme de Dickens, sa critique sociale limitée étaient bien plus arrangeants que les ouvrages de Collins qui ne s’est jamais marié et décortiquait le droit de la famille. Pendant ce temps, Dickens méprisait et chassait sa femme Catherine. À chaque fois qu’il écrivit à quatre mains avec Collins, il s’arrangeait pour que finalement, seul son nom apparaisse...

Finalement, Dan Simmons reproduit le schéma classique : Collins n’est qu’un faire-valoir de Dickens, seul romancier véritable des deux et seul candidat sérieux à la postérité. Exaspérant, je vous l’ai dit.


Note : Sur le blog, Collins apparaît , et ici aussi.

21 décembre 2012

Bientôt Noël...

Certes, certes, j'avais prévu de vous préparer une jolie liste de cadeaux de Noël à faire. En fin d'année, c'est l'usage. Mais je dois dire qu'entre le concours que je prépare et les wish lists, il fallait choisir ... Décembre était bien occupé.

Et me voilà donc, avec un unique billet repérage, sur le site Asos.

L'inspiration est sans doute puisée dans les créations d'Olympia LeTan, bien connue des modeuses, pour ces belles pochettes qui peuvent plaire de 7 à 77 ans je crois...

Once upon a time : 

Pochette livre avec coins en métal



Key to my heart : 
 

Pochette livre avec motif trou de serrure


Bons préparatifs, et surtout :  de belles fêtes à tous !

19 décembre 2012

Villemot : un peintre en affiches à la Bibliothèque Forney

Depuis septembre et jusqu'aux premiers jours de janvier, la bibliothèque Forney expose le travail de Bernard Villemot. Sans connaître forcément son nom, on est forcément familier de ses créations : a minima, on s’amuse toujours du zeste emblématique d’Orangina. C’est Bernard Villemot qui a pensé la communication de la marque, au propre (dessins) comme au figuré (les trois couleurs, le zeste,...) a une époque où les 12% d’orange dans la boisson interdisaient une reproduction à l’identique du fruit.

Perrier, Orangina donc, Bally, Gauloises ou encore Vespa, les plus célèbres annonceurs ont fait appel à ce prodige de la pub. Grands applats de couleur inspirés de Magritte pour la SNCF, gerbe à la Jackson Pollock pour l’Emprunt national, Bernard Villemot est un artiste de son temps, bien dans son époque. Les tons sont le plus souvent vifs, les images parfois d’Épinal, mais toujours une grande joie émane de ses oeuvres : c’est la France de l’après-guerre, de la reconstruction et des Trente glorieuses que l’on voit défiler. Une France d’autant plus romancée que la peinture est bien plus flatteuse que la photo qui l’a aujourd’hui remplacée dans la communication visuelle.
L’exposition réchauffe donc le coeur du Parisien frigorifié et déprimé, mais clairement, c’est plein de nostalgie qu’il repartira...

Les affiches sont évidemment au coeur de l’accrochage, mais quelques maquettes originales et de nombreux dessins préparatoires permettent de comprendre comment l’artiste fonctionnait, ce qui est toujours fascinant !

Cette exposition peut enfin être le prétexte pour découvrir la bibliothèque Forney, bibliothèque aux collections spécialisées (art et architecture principalement). Cette dernière occupe en effet un magnifique hôtel du Marais, l’hôtel de Sens, à deux pas de la Maison Européenne de la Photographie.

Jusqu'au 5 janvier 2013
 
Bernard Villemot, Peintre en affiches
Bibliothèque Forney
1 rue du Figuier
75004 PARIS

18 décembre 2012

Résultats du concours COMETE

Tadam !!! Avant toute chose : avec Chloé, la créatrice de Comète, on vous remercie d’avoir participé. C’était chouette et c’était vraiment drôle aussi de faire cette première expérience de concours, de découvrir vos petits mots et vos expressions, proverbes ou citations !

Évidemment (eh oui, c’était le principe- il ne pouvait en rester qu’une, et c’est Anne qui gagne, avec une citation de Maurice Denuzière, écrivain et journaliste : «La Parisienne est, à toute autre femme, ce qu'est le champagne à l'eau. Toutes désaltèrent, mais elle seule peut griser !» («Helvétie»). C’est léger, c’est fin et spirituel, c’est parisien et parfait en cette période de fin d’année ! Bravo à Anne qui recevra bientôt le bracelet !

Voici les autres participations :

- bien sûr, «Paris vaut bien une messe» !

- bien évidemment, «Respirer Paris, cela conserve l'âme.» (Victor Hugo, «Les Misérables»)

- mais aussi un doublé pour Flaubert : «Ne pouvoir se passer de Paris, marque de bêtise ; ne plus l'aimer signe de décadence.»

- doublé aussi pour les «Enfants du Paradis» (mais j’imite Garance depuis des années, l’effet de surprise était manqué ;-)) : «Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour...» y déclame ainsi Pierre Brasseur à Arletty.

- Lucie a remarqué la justesse d'Ernest Hemingway dans «Paris est une fête» : «Paris valait toujours la peine, et vous receviez toujours quelque chose en retour de ce que vous lui donniez.»

- le chéri de Julie lui a indiqué que «Paris Is magic», et ça n’est pas faux,

- tandis que selon la grand-mère de Tibo "Si Paris était en beurre, on en ferait des tartines!", ce que l’on ne contredira évidemment pas et Marie ne l’a pas fait.

- Pauline, elle, a été rock et lapidaire avec un «Tour Eiffel Guitare du ciel», une expression du poète Vicente Huidobro.

- une citation in english, please : " Every city has a sex and an age which have nothing to do with demography. Rome is feminine. So is Odessa. London is a teenager, an urchin, and this hasn’t changed since the time of Dickens. Paris, I believe, is a man in his twenties in love with an older woman.» from John Berger !

-et une superbe citation de Queneau («Les Derniers Jours») pour finir : «Il aimait Paris, plus exactement les rues de Paris. […]  Il n’aimait pas la ville, mais sa topographie. Il ne connaissait que le squelette et non la chair. Et cependant le crépuscule lui paraissait toujours une heure émouvante, lorsque glapissent les crieurs de journaux, lorsque les terrasses des cafés émergent, étincelantes, d’un brouillard tout truffé de mugissements mécaniques […].»

J’ai essayé de respecter l’esprit de vos messages car OUI JE SAIS vous allez rire, mais je ne peux pas modifier les messages, donc je ne PEUX PAS publier les commentaires, tous pleins de vos adresses et vos vrais noms.
Dans une autre vie, je serai meilleure en numérique.

Merci encore à vous toutes pour votre participation !!! … 
J’espère organiser un autre concours bientôt !

17 décembre 2012

Olivia Rosenthal : l’émotion cinématographique survolée

«Ils ne sont pour rien dans mes larmes» est sorti aux Éditions Verticales en mars dernier.
Pour un blog d’actualité culturelle, je suis donc limite hors délais, mais enfin, on me pardonnera.
Ce petit recueil de nouvelles, quatorze en tout, propose autant de regards sur des films bien connus. «Rouge», «Les quatre cent coups», «Le dernier tango à Paris» … À chaque fois, un narrateur évoque le film et son parcours personnel, explique ce qui le conduit à accorder une grande importance au film choisi, à l'apprécier, à s’y complaire éventuellement.
Ce livre est issu d’une enquête de l’auteure sur « les films de votre vie » menée grâce au département de Seine-Saint-Denis : Olivia Rosenthal y a interrogé des femmes, huit, et des hommes, quatre, qui lui ont confié leurs impressions sur des films fondamentaux pour eux. De ces récits de vie elle a construit ces petits textes.

J’ai été pour ma part assez déçue : avec tous ces matériaux, j’ai trouvé cela bien mince que les 110 petites pages qui composent l’ouvrage. On a à peine de le temps de se plonger dans un duo «film/histoire connexe du narrateur» que l’on en découvre un autre…

En conclusion, un petit livre dispensable qui m’a semblé inabouti.

Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

À l'inverse, vous pouvez lire ici une critique extrêmement louangeuse de l'ouvrage.

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal - Éditions Verticales (Phase deux) 2012

15 décembre 2012

Le jeu de l'amour et du hasard au Français

Mise en scène Galin Stoev - CF 2012
"Le jeu de l'amour et du hasard" est repris en ce moment au Théâtre éphémère de la Comédie Française. Car la salle vénérable de la toute aussi vénérable institution est encore en travaux pour quelque temps, et propose les spectacles prévus pour la salle Richelieu en cours de mise en normes dans un incroyable théâtre temporaire presque aussi beau et confortable qu'un véritable théâtre…
 
Revenons à Marivaux et à son "jeu de l'amour et du hasard", absolu régal de truculence admirablement mis en scène par Galin Stoev !
La pièce raconte la première rencontre de deux jeunes gens qui, promis l’un à l’autre par leurs familles respectives, imaginent le même stratagème pour observer leur futur…
 
Il s’agit d’échanger leurs habits et surtout leurs rôles sociaux avec leur valet ou femme de chambre. Bien sûr il est question d’authenticité des sentiments, de rang social, de masques et de faux-semblants.
Et même si l’amour triomphe, il n’en reste pas moins qu’il valide une stratification sociale figée, juste subvertie l'instant d’un divertissement maîtrisé, celui du maître de maison et de son fils.

Le temps d’un carnaval, où les pauvres sont rois et les rois veulent être aimés comme des pauvres.

Jusqu'au 03 janvier 2013

Le jeu de l'amour et du hasard, de Marivaux - mise en scène Galin Stoev
actuellement à la Comédie Française
Théâtre Éphémère
Place Colette
75001 PARIS

13 décembre 2012

Patrimoine culturel immatériel de l’humanité : la liste 2012 des nouveautés


Je suis assez hilare en reprenant ce titre du portail bien connu «service-public.fr».

La liste 2012 des nouveautés du patrimoine culturel immatériel, cela ne fait pas tellement sérieux.

Et pourtant, rien de plus pondéré : comme chaque année, d’importants dossiers ont été déposés afin d’obtenir cette inscription, décidée par le Comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. 27 «nouveautés» ont donc été inscrites cette année. Pour notre Douce France, cher pays de notre enfance, la très traditionnelle «fest-noz», décrit comme un rassemblement festif basé sur la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne, a été retenue.

Costume nuptial de Tlemcen
© Belkaïd, 2011
Dans le journal Courrier International n° 1154, paru aujourd'hui, on peut lire une traduction d'un extrait du journal algérien El Watan qui s’amuse également gentiment de ces consécrations de traditions. A en effet été inscrit le costume traditionnel de mariage dénommé «chebba», robe de mariée de Tlemcen.
Selon le journal, le costume pèse «le poids d’une maison», et «le jury de l’UNESCO a sûrement été bienveillant en sélectionnant la robe tlemcénienne. Mais on voit bien que ce n’est pas lui qui la porte».
Par ailleurs, parmi les nouveautés, on peut découvrir par exemple le savoir-faire traditionnel du violon à Crémone en Italie, ou la stratégie de formation des futures générations de marionnettistes du Fujian en Chine.

J’ai envie de dire : bon voyage !




Pour aller plus loin, ous pouvez aussi lire :
-le communiqué de de service-public qui présente les nouveautés européennes 

12 décembre 2012

Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là ...

Drame romantique par excellence, «Ruy Blas» de Victor Hugo est actuellement donné au TNP de Villeurbanne. Il s’agit d’une reprise, puisque la mise en scène de Christian Schiaretti a été créée pour l’inauguration du nouveau grand théâtre l’année dernière.

Dans les années 1690, à la cour de Charles II, à Madrid. Don Salluste, grand d’Espagne, fait passer Ruy Blas, son valet, pour son cousin afin d’ourdir commodément une vengeance personnelle. Ruy Blas, favorisé par la reine, devient un personnage politique de premier plan. Il est surtout passionnément amoureux de sa souveraine… L’histoire est fort connue, notamment grâce au pastiche de Gérard Oury, «La folie des grandeurs».

TNP © photo : Christian Ganet 2011
Que dire de cette interprétation lyonnaise ? Les décors sont intéressants, notamment les azulejos géants en toile de fond (signés Rudy Sabounghi), et l’utilisation du plateau : pourtant large et sobre, il est occupé pleinement par les acteurs qui ne ménagent pas leurs déplacements...
Le jeu qui leur est imposé m’a cependant laissée très dubitative. Un tel texte ne souffre d’aucune appromixation, et il y a des butées sur certains mots. Mais ce n’est pas tant la faute des acteurs que sans doute les variations de ton qui leur ont été proposées. En effet, très certainement animé d’une volonté de démocratisation théâtrâle, la mise en scène alterne une récitation classique du texte avec des passages de prise de distance avec celui-ci, le faisant apparaître du même coup daté ou exagéré. Par exemple, une tirade est à son commencement déclamée de façon traditionnelle, avec emphase, et  débitée pour sa fin à toute allure avec un sourire entendu. Un critique du Figaro résume : est saisie «la moindre opportunité de faire rire. Le comique l'emporte souvent, si bien que Don Salluste perd en noirceur ; et le drame, son aspect crépusculaire. Jérôme Kircher, le vrai Don César, buveur et philosophe, «fort en charivari» tient ainsi davantage du bouffon que du seigneur déchu. La salle s'esclaffe dès qu'il apparaît.»

Bien sûr, toute modernisation de la mise en scène n’est pas à rejeter en elle-même. Mais j’ai eu le sentiment désagréable que celle-ci confondait démocratisation et démagogie. Dommage.
 
«Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là
Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ;
Qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile ;
Qui pour vous donnera son âme, s'il le faut ;
Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut.»
Ruy Blas, Victor Hugo

Jusqu'au 22/12/12
 
TNP
8 place Lazare Goujon
69100 VILLEURBANNE

10 décembre 2012

Concours Comète x Vive la rose et le lilas !

Pour fêter l’hiver (si si), j’organise mon premier concours sur le blog.

Vous avez de la chance, car ça se fait avec une petite marque de bijoux qui monte qui monte : Comète.

Vous pouvez découvrir le site internet de la marque ici ; Chloé, la créatrice, a donné quelques sympathiques interviews, vous pouvez les retrouver ou encore si ça vous intéresse.

 Voici le bracelet que je vous propose de gagner : 



J’ai choisi celui-ci parce que plutôt parisienne, je me sens actuellement un peu exilée à Lyon et son côté symbolique m’a plu !
La règle du jeu : j’aimerais découvrir un proverbe ou une expression impliquant Paris que je ne connaisse pas («Paris ne s’est pas fait en un jour» ou «Avec des si, on mettrait Paris  en bouteille» sont exclus !).
J’avoue que nous choisirons toutes les deux, ensemble, de façon complètement subjective !

On vous laisse une semaine, jusqu’à lundi prochain 18h !

Attention : pour que votre participation soit bien prise en compte, indiquez votre adresse mail dans le corps même de votre réponse ! ÉVIDEMMENT elle n'apparaîtra pas lors de la validation des commentaires à la fin du concours...

Comète x Vive la rose et le lilas

6 décembre 2012

Ambre : l'adaption d'Otto Preminger disponible en DVD

Seconde moitié du XVIIème siècle. Règne de Charles II.
Dans la campagne anglaise, Ambre rêve de coiffures et de belles tenues quand on veut la marier à un agriculteur local. Alors qu'un groupe de lords passe par là, elle y voit la chance de sa vie et se fait enlever par l’un d’entre eux, Bruce Carlton.

Voilà le début du film d'Otto Preminger, inspiré du mythique roman de Kathleen Winsor, véritable fresque historique brossée grâce au personnage éminemment central d'Ambre, une femme avide de pouvoir et de revanche. Classée comme œuvre érotique à sa sortie dans l'après Seconde Guerre, elle raconte l'histoire de cette femme incroyablement libre.
 
Mais au royaume du favoritisme institutionnalisé, les réputations se font et se défont.
Splendeurs et misères des courtisanes... Ambre est abandonnée par Bruce Carlton, fait de la prison avant de devenir la maîtresse du roi, un contrat à durée déterminée aux termes dangereux.
 
Le film n'a pas toujours bien vieilli, certes ; mais cela reste, comme l'indique la collection, du grand spectacle.
Et puis le visionnage peut donner envie de se plonger dans la somme de Kathleen Winsor... En effet la dernière demi-heure du film est très expéditive. La fin est même presque abrupte, si l'on compare avec le roman, mais je ne voudrais en dire davantage au risque de dévoiler des éléments clés de l'intrigue !

Ambre, un film d'Otto Preminger, avec Linda Darnell, Cornel Wilde, Richard Greene - DVD Sidonis 2012
Ambre, Kathleen Winsor, disponible en deux tomes aux éditions Points 2009

2 décembre 2012

La bibliothèque par Vuitton : l'écriture est un voyage à Saint Germain des Prés

Un mouvement de chaises musicales se déroule actuellement à Saint Germain des Prés, renouvelant quelque peu la physionomie de la place.

La mythique librairie La Hune, bien connue pour ses horaires (très) élargis, a quitté le boulevard Saint Germain pour la rue de l'abbaye. À sa place, Vuitton a ouvert un espace original et éphémère, qui ressemble à s'y méprendre à une bibliothèque : on y rentre tranquillement, afin de feuilleter une sélection de livres dans un endroit confortable, on peut découvrir des ouvrages d'artistes et jeter un oeil à des photos joliment encadrées. Surtout, et cela déconcerte, c'est gratuit. Bien évidemment, d'ici le 13 décembre, la boutique Vuitton de la place Saint Germain des Prés ouvre un autre espace, où seront proposés stylos de collection, encriers en cristal, papeterie fine, étuis en cuir, coffrets exclusifs, encres aux teintes inédites...
Comme souvent le luxe va à rebours des grandes tendances et à l'heure du numérique, forcément l'exaltation du beau papier sent bon l'éternité des valeurs et l'ouverture de l'espace éphémère une belle introduction à la mesure de Vuitton pour son cabinet d'écriture.

Ceci étant j'ai trouvé très intéressant ce lieu qui du coup valorise la bibliothèque dans un monde qui la délaisse quelque peu. En en proposant cette version luxueuse, ce petit écrin de livres et de rencontres (car il y a aussi des débats, animés pour l'instant par Laure Adler), Vuitton glamourise la bibliothèque, et ce n'est pas si mal !

Voyez en photos...



Librairie La Hune
18 rue de l'Abbaye

L'écriture est un voyage
170 bd Saint Germain 
Le cabinet d'écriture Louis Vuitton (ouv le 13.12.2012)
6 place Saint-Germain des Prés
75006 PARIS

Note : Évidemment, cet article n'est pas sponsorisé. Je préviens ainsi toute remarque agaçante sur mon impartialité.