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25 janvier 2013

L'exposition de Robert Coutelas aux Beaux-Arts de Chartres illustre la déliquescence du musée !

Mes nuits de Robert Coutelas - 1971/1979 - Panneau de 18 cartes (de 15 à 16 x 8 à 8,9)


L’exposition «Le monde de Robert Coutelas 1930 - 1985» est présentée au Musée des Beaux-Arts de Chartres. Robert Coutelas est un artiste singulier. Refusant les concessions, malheureux et suicidaire, il a construit une œuvre à l’écart du monde. Il peint la nuit à partir de la fin des années 60 des cartes à jouer. Ces cartes représentent son travail le plus connu, elles ont voyagé jusqu’au Japon et auraient été remarquées par Malraux. Pour cet artiste presque caricatural du Montparnasse des années 60, peintre mineur, dépressif, l’essentiel est de ne rien concéder au marché de l’art, une obsession qui l’affame. Il peint sur de petits objets, sur le dos d’affiches que des amis lui apportent. Art naïf, art tragique. Huiles, terres cuites, tarots, petites sculptures tous les supports sont représentés dans cette exposition monographique.

Mais comment dire si l’on aime l’ensemble ? Que peut-on apprécier vraiment dans cette exposition ? L’accrochage est à pleurer. Le papier peint se décolle alors que la manifestation, commencée seulement depuis le 25 novembre, est censée durer presque un an ?!

Les conditions véritablement indignes de l’exposition font douter de la volonté de montrer quoi que ce soit. La pauvreté de l’installation atteint le grotesque. Y a-t-il quelqu’un qui soit détenteur du droit moral de l’artiste, ici ? Comment la Fondation qui possède les œuvres en question peut-elle laisser faire ça ? Plutôt le ridicule que l’oubli absolu ?
Malgré elle, cette exposition illustre la déliquescence du Musée des Beaux-Arts de Chartres. Un Musée dans lequel les cartels sont parfois aussi grands que les œuvres, d’affreux papiers A4 posés à côté de petits formats de Chardin, œuvres coincées près de dispositifs d’aération, chefs-d’œuvre sans écrins. Ah si, pardon, un bureau plaqué d’ébène, à décor de marqueterie de laiton et d’étain, lui, est concerné par un dispositif de médiation correct : une plaquette de papier glacé est disponible pour chaque visiteur,... éditée par la Banque mécène qui a payé la restauration du meuble. Tout est à pleurer.
Des rumeurs circulent : le Musée des Beaux-Arts de Chartres vivrait ses dernières heures, avant de devenir un hôtel. De grand luxe, puisque c’est l’ancien palais épiscopal, placé contre la cathédrale,…

À pleurer, je le répète.

Jusqu'au 30 octobre 2013

«Le monde de Robert Coutelas 1930 - 1985»
Musée des Beaux-arts
29, cloître Notre-Dame
28000 Chartres

3 commentaires :

  1. Lors du conseil municipal de Chartres le 6 septembre 2012, le maire a indiqué que la fermeture du musée dans le palais Épiscopal "était envisagée pour y mettre la Cosmetic Valley". Pour mémoire le Conseil Général est propriétaire du Palais, la Ville est locataire avec bail emphytéotique, et le bail du Musée prend fin en juillet prochain…

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  2. En complément de ce qui a été dit, il faut savoir que le musée en cause (situé à 20 mètres de la cathédrale) n’est ouvert que deux jours et demi par semaine, même en pleine période touristique. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage !

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