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28 janvier 2013

Tir aux pigeons : l'aristocratie anglaise dans la Seconde Guerre Mondiale

«D'après Fred, lui et et l'homme de la rue ne faisaient qu'un, ce qui était étrange si on pensait que, hormis la grand-rue de Windsor et celle d'Oxford, il n'avait quasiment jamais été dans une rue.» (p.40)

Je vous faisais (éventuellement) découvrir Nancy Mitford à l’occasion de la sortie en poche de «Charivari» au printemps dernier.
Pourquoi en reparler déjà ? Les éditions Christian Bourgois viennent en fait tout juste de publier «Tir aux pigeons» («Pigeon Pie»).
Et si je ne me trompe pas, l’oeuvre était jusqu’alors inédite en français, seuls «Charivari» et «La poursuite de l’amour» étant régulièrement réédités !
Voici ce que nous promet la quatrième de couverture du roman :

«Londres, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lady Sophia Garfield rêve de devenir une belle espionne. Ne pouvant cependant passer son temps à démasquer des ennemis, Sophia exerce son sens patriotique dans les bureaux de l'hôpital Ste Anne... tout en conservant ses loisirs aristocratiques. Elle va ainsi régulièrement prendre le thé au Ritz, échafaude avec malice des plans pour séduire le fringant Rudolph Jocelyn et en éloigner sa rivale, la princesse Olga Gogothsky.»

 
Nancy Mitford en 1931. Photographie : PA Archive

L'intrigue est passionnante, et on se laisse tout à fait prendre au jeu de ce roman d'espionnage bien particulier !

L’humour noir, et so british de Nancy Mitford rend même la Seconde Guerre Mondiale risible, à certains moments. N’épargnant personne, ce livre de 1940 est un petit bijou satirique. L'auteure rappelle en exergue de l’ouvrage son écriture juste terminée pour Noël 39. Une façon bien à elle de se faire pardonner ce que certains pourraient trouver comme une approche un peu trop légère du conflit.
Pourtant, à la veille de la guerre la propre famille de l'auteure se déchire, comme beaucoup de foyers anglais. Sur six filles, Jessica, une soeur communiste qui s'est enfuie de chez elle, deux soutiens d'Hitler (Unity et Diana), Nancy, passionnée par la France, bref, un roman que la vie de ces soeurs Mitford !
De nombreuses biographies, comme «Ces extravagantes soeurs Mitford» d'Annick Le Floc'hmoan sont disponibles. Vous pouvez aussi lire ce dossier sur evene. Par ailleurs, n'hésitez pas à lire les livres de Stéphanie des Horts, qui sont tout à fait dans la même veine. Sur le blog, retrouvez «La Splendeur des Charteris» et «Le diable de Radcliffe Hall».

Un autre extrait, pour le plaisir, :
«Sophie dit qu’il devait y avoir quelque chose qui clochait quelque part. Si la duchesse de Devonshire, par exemple, était livrée à ses paysans pour qu’ils en fassent ce qu’ils voulaient, il ne faisait aucun doute qu’ils la mettraient dans leur meilleure chambre et lui serviraient une tasse de thé.» (p.58)

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