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27 février 2013

Que penser de Blancanieves ?


J’ai vu Blanche-Neige plusieurs fois en quelques mois, et vous aussi.
La méchante reine était la riante Julia Roberts, ou la blonde Charlize Theron. Et dans « Blancanieves », de Pablo Berger, la très brune Maribel Verdu.

Cette nouvelle réécriture du célébrissime conte me tendait donc les bras, et j’ai foncé : record de nominations de ce film aux prix Goya, éloges tous plus dithyrambiques les uns que les autres dans la presse.
Pourtant, plusieurs semaines après le visionnage du film je suis toujours un peu perplexe. Le conte, excessivement cruel et dur, ne se laisse pas facilement ni analyser, ni oublier, c'est certain.

Le synopsis du distributeur était le suivant : «Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains Toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…»
 
Effectivement. Enfant joyeuse, mais rapidement martyre, adolescente esclave de sa marâtre (dont le personnage doit sans doute quelque chose à celle de Preljocaj, cuirassée par Jean-Paul Gautier), voyant rarement et clandestinement son père lui-même maltraité, Blancanieves n'est heureuse dans le film que dans l'oubli et le refoulement, jusqu'à ce qu'elle retrouve la mémoire - et à nouveau la souffrance. Seule ses quelques mois d'errance avec les nains qui l'ont recueillie sont heureux (enfin, presque).
 

 
Le fait que le film soit en noir et blanc rend son graphisme et son image superbes et effectivement fascinants, on sent qu'un énorme travail a été fait, rarement objet cinématographique m'a semblé aussi beau esthétiquement. Les critiques avaient totalement raison !
Mais ne pas recommander « Blancanieves » aux âmes sensibles : loin de la prise de distance qu'opéraient les deux précédentes adaptations, celle-ci amplifie le conte, en le noircissant au possible (oui certes pour un film en N&B... bref ! ).
 
Par ailleurs, le film est muet. Ne jamais entendre la souffrance de Blanche-Neige est par moments absolument oppressant. Plus grande encore est parfois la tristesse ressentie durant récit, renforcée par la musique d'Alfonso de Villalonga est qui magnifique, oui, mais qui souligne, peut-être trop, le désespoir qui émane de cette réécriture.
Difficile.
 

25 février 2013

Hugh McVey, "Pauvre Blanc" et héros malgré lui de l'industrialisation américaine

Autant le dire d’emblée : avant de lire «Pauvre Blanc», je ne connaissais pas du tout son auteur.  Les lecteurs assidus de Faulkner le connaissent peut-être davantage car comme lui, Sherwood Anderson (1876-1941) est  un écrivain qui s’est intéressé aux petites gens, et le premier a dit du second qu’il était «un géant parmi les pygmées».

Anderson est ainsi un écrivain américain important, mais cette importance a été reléguée
, longtemps, à l’influence qu’il a eu sur la génération suivante d’écrivains, la «lost generation» (Hemingway, Fitzgerald).

Son œuvre s’inscrit dans la fin du XIXème siècle américain, une fin de siècle qui voit le progrès changer les gens, les paysages, toute l’Amérique. L’auteur se fait le chroniqueur de ces changements. Dans «Pauvre Blanc», qui paraît au Livre de poche en ce début d’année, Anderson raconte la mue d’une petite ville du MidWest - Bidwell - en cité industrielle.
 Comment, en quelques années, on construit usines et logements, et comment l’argent devient la jauge du mérite. Comment on passe des contes racontés le soir sur le pas des portes aux harangues des syndicalistes.

Le personnage principal, Hugh McVey, autour duquel s’articule cette fresque sociale est un «Pauvre Blanc», fils d’un propre à rien qui l’a laissé grandir comme une herbe folle sur les rives du Mississippi. Bien que tardivement il soit recueilli et éduqué, pour l’ancien vagabond mutique et décalé c’est trop tard pour apprendre vraiment à vivre parmi les hommes. Hugh devient un inventeur riche et respecté, mais il reste à jamais prisonnier de cette enfance malheureuse.

On est donc loin d’un récit sublimant l'édification de la puissance américaine comme «D’or et d’argent» de Kathleen Winsor. «Si épopée il y a, elle est ici de l’ordre du tragi-comique et du grotesque.» (Anne Ullmo)

«Dès le début, il servit le nouveau maître avec tout son dévouement, et il s’en trouva bientôt d’autres pour se joindre à lui. Les Morgan, les Frick, les Gould, les Carnegie, les Vanderbilt, serviteurs du nouveau roi, princes de la nouvelle foi, tous des marchands, nouvelle race de seigneurs, défièrent la loi de caste de l’ancien monde qui voulait que le marchand vienne après l’entrepreneur et ajoutèrent au désarroi des hommes en se donnant des airs de créateurs».

La situation de Bidwell, Ohio.
 
Merci à Clément P., agrégé d'Anglais, pour sa relecture.

22 février 2013

Réécrire Magazine : l'interview !

Réécrire, «magazine sur la culture visuelle et les arts interdisciplinaires» est un bel objet web. Son graphisme est soigné, son contenu léché, pointu.
On y trouve pas mal de graphisme, de photographie, forcément, mais aussi des artistes officiant dans des domaines improbables : par exemple, savez-vous ce que fait un tatoueur de murs ? Hein ? Eh bien, c’est réussi, et original. Comme tout ce dont  «Réécrire» se fait l’écho… Découvert grâce aux joies de la sérendipité, j'ai voulu en savoir plus ce «Réécrire», en grande curieuse que je suis.

Voici donc pour vous, ici même, une interview d' Olivia Zeitline, qui préside à la destinée de ce magazine virtuel.


© Chloé Desvenain alias Fakepaper

ONE Olivia, cette description du magazine te convient-elle ? Y a-t-il quelque chose à ajouter, retrancher, déformer ?
 Réécrire est un très jeune magazine Web, il nexiste réellement que depuis le mois de janvier 2013. Actuellement je sélectionne et jexplique les travaux de plasticiens mais la version définitive (qui sortira en mars) fera des liens entre arts visuels et culture, sexe, musique, danse, mysticité, pratiques numériques Toujours autant dimages mais beaucoup plus de textes ! Pression !
L'identité graphique est de ma super copine et talentueuse graphiste Chloé Desvenain alias Fakepaper. Le logo est issu dune typographie qui illustre la réécriture. 
© Chloé Desvenain alias Fakepaper

Avant, jorganisais principalement des événements visuels dans des lieux tels que le Barbershop, le Café A (un ancien couvent des Récollets), la Bellevilloise ou la café caché du 104. Au départ, en 2010, jai commencé par organiser des expositions collectives principalement avec des graphistes et des illustrateurs puis jai voulu donner un aspect interactif aux événements soit par des performances, des projections ou des installations in situ. Cest comme ça que jai rencontré le collectif A&M, les tatoueurs de murs ! Ils ont dessiné en direct pendant 2 jours lors dun événement Réécrire au Café A une grande fresque modulaire composée de 64 panneaux A3. Ca a été un des plus beaux événements. Le public pouvait repartir avec des morceaux de la fresque. Puis ils ont réalisé des grands animaux en 3D sur les murs du café caché ! Je garde des ces expériences l'envie d'aller chercher de jeunes artistes pour les faire découvrir au public. Je suis une chasseuse !

TWO Le magazine, l’agence de production d’évènements artistiques, c’est un grave conflit d’intérêt dans le cortex. Gardes-tu ta subjectivité dans l’organisationnel, ton objectivité dans la critique ? Ou inversement ? 
En fait, pour être plus précise, Réécrire c'est un projet artistique de magazine relayé par des événements et je suis en train de créer en parallèle une société qui propose des contenus culturels aux marques et entreprises et une mise en relation avec des plasticiens. Je n'ai pas encore de nom pour cette agence mais ça ne sera pas Réécrire car je veux garder une totale indépendance de sélection dans ce projet personnel. Par contre, c'est sûr qu'il y a des liens entre ces deux activités car c'est grâce à Réécrire que je rencontre les artistes.

Olivia tient une sculpture en papier de Dai Dai Tran.

THREE Comment rencontre-t-on un directeur artistique qui travaille avec un dresseur de chat multicolore ?
Par hasard, dans le cadre d'un projet de scénographie que j'avais imagine sur le « Sample » (sample/ pratiques visuelles et sonores). Avec Thomas de Burnin music qui m'aidait sur la programmation musicale on avait rendez vous avec Blackjoy un mardi matin dans un café de Strasbourg St Denis. Il a pensé à Arthur King et l'a appelé. Le projet n'a pas été retenu mais j'ai pu faire son interview.
FOUR Comment te rencontre-t-on, toi ? Y a-t-il une marmite du graphisme dans laquelle tu es tombée petite ? Et d’abord, t’as quel âge ? Tu ressembles à Nicki Minaj ?
Haha non je ne suis pas tombée dans la marmite du graphisme petite, j'adorais dessiner mais je me suis retrouvée en Droit et j'ai même eu mon diplôme d'avocat. Je n'aimais pas ce métier, à la sortie de l'école j'ai arrêté et je voulais monter mon projet culturel. J'ai commence grâce à Philippe le patron du Barbershop qui m'a permis de monter environ une vingtaine d'expo dans leur lieu et à François Goupil tout juste sorti de Pennighen qui m'a appris plein de choses. Bon et sinon ma mère est peintre, une de mes sœurs est illustratrice et l'autre est costumière.
FIVE Comment vivait-t-on dans un monde sans «Colette», sans «Paulette», sans geekettes, avant ?
Je crois que les filles ont toujours du mal à se réaliser véritablement et à s'en penser capables. Du coup, celles qui s’émancipent et font ce quelles aiment font rêver les autres.
 
© Chloé Desvenain alias Fakepaper

SIX Le magazine va faire peau neuve en mars. Va-t-il se faire tatouer, ou recouvrir d’une pelisse de chat multicolore ? Peux-tu nous donner une idée de Réécrire 2.0 ?
§ Le graphisme va rester le même par contre on va sortir une nouvelle arborescence qui permet une lecture plus facile.
§ De nouvelles collaborations avec des illustrateurs et dessinateurs qui donneront lieu à une édition de tee-shirts.
§ Une newsletter mensuelle avec un guide des expos à Paris.
SEVEN Dis quelque chose de gentil aux lecteurs de Vivelaroseetlelilas. Moi je les maltraite déjà trop.
Aimez vous les uns les autres dans la paix du Christ… :-)

Merci encore à toi Olivia pour avoir si gentiment accepté de répondre aux questions spéciales que j'avais concocté, et vivement mars, je rêve des t-shirts.

20 février 2013

Des fleurs en hiver : une proposition du Musée Delacroix

C'est une exposition qui n'a pas été annoncée avec tombours et trompettes, une exposition où il y a du monde mais pour laquelle vous n'aurez pas besoin de faire la queue deux heures. Heureusement, car cela tuerait la magie de ce lieu. Dans la maison-musée Eugène Delacroix, il y a donc, et ce jusqu'au 18 mars, une exposition de fleurs, pour fêter un jardin. Très poétique n'est-ce pas !
 
C'est que le jardin du peintre vient d'être restauré, c'est-à-dire qu'on a redonné une apparence bucolique à ce petit espace qui n'avait plus bonne mine. Il n'y avait pas beaucoup d'indications pour le refaire comme au temps de Delacroix, et c'était même complètement impossible, car depuis les constructions alentours ont évolué (et grandi...) : certaines des plantes et arbres ne pourraient plus survivre aujourd'hui comme naguère. Mais en tout cas, le jardin est bien plus beau qu'avant les travaux ! Et quoi de mieux, malgré l'hiver, que de disposer ces tableaux, ces natures mortes de Delacroix, parsemer ainsi son appartement de toiles, d'esquisses de fleurs, de feuillages, d'études botaniques ?

Delacroix, Corbeille de fleurs
Palais de Lille

Pour fêter ce renouveau printanier, le Musée propose aussi à la contemplation des oeuvres d'art contemporain. Deux artistes ont été appelés, Jean-Michel Othoniel et Johan Creten ; leurs œuvres disposées pour dialoguer sans forcer la comparaison (on sent que les commissaires ont voulu éviter les comparaisons avec la démarche d'établissements comme le Château de Versailles...).
 
Pour ma part le travail d'Othoniel (vous savez, c'est le créateur du Kiosque des noctambules au métro Palais-Royal) m'a laissée un peu sceptique, alors que j'apprécie assez son imagination d'habitude. Par contre, j'ai adoré les céramiques de Johan Creten. Poétiques, dérangeantes, immaculées ou colorées, elles produisent un grand effet sur quiconque les approche...

6, rue de Furstenberg
75006 Paris

Retrouvez une autre exposition du Musée Delacroix ici.

Nota du 18 mars 2013, suite à la conférence qui s'est tenue à l'Auditorium du Louvre : selon Dominique de Font-Réaulx directrice du Musée Eugène Delacroix, on ne doit pas parler de restauration du jardin, mais d'une évocation du goût de Delacroix. Le jardin est simplement rénové. Je crois qu'en parlant de redonner une apparence bucolique à l'espace, je ne m'étais pas trop trompée, même si j'ai utilisé ce mot de restauration.

18 février 2013

Interview de l'actrice Rosa Bursztein, bientôt à l'Odéon !

J’ai décidé de prolonger les thématiques principales de mes billets par des interviews.
Et voici donc, aujourd’hui, pour le spectacle vivant, une jeune actrice : Rosa Bursztein. Vous pouviez récemment la retrouver aux Soirées Plaisantes, et très bientôt elle foulera les planches de l’Odéon (la très grande classe, donc).


Léger flashback : en 2011, le tout Paris bruissait de l’adaptation des «Liaisons Dangereuses» au Théâtre de l’Atelier. Dans cette salle incontournable de la capitale, la mise en scène de John Malkovich distribuait les rôles du roman épistolaire de Choderlos de Laclos à de jeunes comédiens. La ravissante Rosa Bursztein jouait le rôle de la naïve Cécile de Volanges… Depuis, le spectacle n’en finit plus de tourner.
Comment vit-elle ce succès, et, surtout, en a-t-elle assez de jouer Cécile ?


1-Rosa, peux-tu résumer ton parcours pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?


Avec plaisir ! J'ai commencé le théâtre à 8 ans au Cours Simon (dans la classe pour enfants !), puis j'ai suivi les Ateliers Adolescents à Florent en 3ème et Seconde. En Seconde, j'ai aussi intégré l'agence Act1 et j'étais également inscrite à l'option Théâtre du Lycée Montaigne. A 16 ans, j'ai intégré une première L horaires aménagés Théâtre au Lycée Racine. J'ai quitté cet établissement en terminale pour passer mon Bac par le CNED. En première j'étais au conservatoire municipal du centre, en Terminale au conservatoire municipal du Xème.
Le bac en poche, j'ai suivi deux formations en parallèle pendant trois ans : une licence cinéma à Paris III et des Cours de Théâtre à l'école du Studio d'Asnières puis à la classe libre du Cours Florent.
Entre-temps j'ai fait quelques tournages dont une série. J'ai intégré l'agence UBBA en 2010.


2-Forcément : peux-tu dire quelques mots de ce spectacle de John Malkovich ? Comment a-tu trouvé sa direction d’acteurs, étais-tu émue de le rencontrer, est-ce devenu quelqu’un de proche pour sa troupe ?


Bien sûr j'étais très émue de faire la connaissance de John Malkovich, c'est un homme d'une grande douceur. Il offre aux acteurs une grande liberté, il a beaucoup d'humour et de malice. Par exemple, il aime être surpris. Il a une approche très ludique de la scène, quasi enfantine. Son leitmotiv, c’est le plaisir avant tout. Pour lui, il y a deux types de théâtre: le mort et le vivant. C’est le second qui est le bon, bien sûr. Et pour que le théâtre soit vivant, les acteurs doivent dans cesse se renouveler, se surprendre, proposer...
Quant à ma relation personnelle avec lui, nous nous entendons très bien et échangeons régulièrement des mails. Il sait mon admiration et ma gratitude.

 

3-Qu’est-ce que ça fait, un tel triomphe critique ?

 
Évidemment ça fait très plaisir ! Il y a le succès critique c’est sûr, mais surtout la reconnaissance du public qui a permis à la pièce de se jouer pendant cinq mois ! 150 représentations quand même !
Le milieu des comédiens est très dur, il y a évidemment eu beaucoup de compétition et de jalousies : 600 jeunes acteurs ont auditionné pour les rôles. Le tout Paris en parlait, il y avait donc beaucoup d'attente et de scepticisme aussi (sur l'utilisation des portables par exemple). Mais le succès a bien eu lieu ! Succès d'autant plus louable qu'il est très rare dans le théâtre privé parisien qu'une pièce soit populaire sans "tête d'affiche". Le courage et l'audace de John Malkovich a été de nous choisir, nous, jeunes acteurs inconnus et de nous faire jouer ces rôles mythiques.


4-Question Paris Match : Cela fait deux ans que tu joues Cécile de Volanges, une lassitude ?


J'ai répété pour le rôle de Cécile de Volanges pendant deux mois, de novembre à janvier 2011. J'ai joué Cécile pendant 5 mois et l'aventure s'est terminée en Juin dernier. Donc ça ne fait pas du tout deux ans de Cécile de Volanges et, donc, aucune lassitude ! (ndlr : Bon, j'ai l'air bête, moi.)
En fait, j'ai eu une proposition professionnelle en juin dernier,… John Malkovich a été très compréhensif et je suis remplacée pour la tournée qui a lieu en ce moment en Province.


5-Une question sans rapport direct ! J’ai noté que tu avais fait pas mal de doublages, cela m’intrigue, la préparation au rôle était-elle succincte, ou bien un travail de fond est-il nécessaire ?
 

En fait, je n'ai pas encore doublé de gros rôles, j'ai surtout doublé des petits rôles pour lesquels il n'y a aucune "préparation". Pour être plus explicite, le travail de doublage ou post-synchronisation est assez difficile à décrire. En résumé, c'est de la technique : parler au bon moment, la voix placée, à la bonne vitesse, pouvoir proposer des variantes... C'est un très bon exercice de jeu !


6-Les soirées plaisantes, qu’est-ce que c’est ?


Les Soirées Plaisantes, c'est un RDV régulier, un cocktail décapant avec le public et une équipe de choc : nous - de jeunes acteurs - jouons des sketchs, des improvisations, des chansons comiques dans un cadre festif et sympathique.
La première édition a beaucoup plu et nous sommes entrain d'écrire de nouveaux textes pour la deuxième qui aura lieu prochainement à La Brèche d'Aubervilliers ainsi qu'au Théâtre Le Bout dans le 9ème.
C'est un travail plutôt collectif, car nous proposons nos numéros mais sommes encadrés par les créateurs et leaders de ces Soirées Plaisantes: Guarani Feitosa, Johann Cuny alias Irwin Königsberg et Môustafa Benaïbout. Trois acteurs très talentueux, qui ont également crée les "metroshowmen": des sketchs dans le métro !


7-Parle-nous de cette Bathilde que tu vas bientôt incarner ! J’ai vu les photos sur Facebook, je suis intriguée !


Je jouerai Bathilde Bartavelle, personnage très attachant dans la pièce de Labiche : «Le Prix Martin».
La mise en scène est signée Peter Stein, le célèbre créateur de la Schaubühne de Berlin. Les autres personnages seront incarnés par Jacques Weber, Laurent Stocker (de la Comédie Française) et Christine Citti - entres autres ! Nous jouerons au Théâtre de l'Odéon - Théâtre de l'Europe du 22 mars au 5 mai 2013. Nous répétons en ce moment aux Ateliers Berthier.
 

8-As-tu des actrices «vénérées», admirées, révérées, que tu tiens pour tes modèles absolues ?


J'aime énormément d'actrices ! Pour en citer quelques unes : Meryl Streep, Cate Blanchet, Vivian Leigh, Marilyn Monroe, Julianne Moore, Audrey Hepburn, Nicole Kidman, Naomi Watts, Isabelle Adjani, Tina Fey, Glenn Close, Annie Girardot, Mindy Kalling, Julie Andrews, Kristen Wiig, Simone Signoret...


9-Lars von Trier ou Michael Haneke ?


Question très facile ! Je ne suis pas du tout sensible à l'univers d'Hanneke (je n'ai aimé aucun de ses films), par contre je suis une FAN de Lars Von Trier dont je vénère tous les films! Tous plus époustouflants les uns que les autres !

10-Chocolat noir, ou au lait ? Nan, je plaisante.


Ah ah je réponds quand même!
Hélas pour moi : chocolat au lait !! (aux éclats de caramel !)

Un grand merci à Rosa pour cette interview ! Une générosité qui vous permettra sans doute, comme à moi, d'appréhender davantage le travail d'une jeune actrice... à qui l'on souhaite tout le meilleur, ce qui est en train de se produire. 

Pour la voir jouer, prenez rapidement vos places pour la pièce de Labiche, les réservations ouvrent d’ici quelques jours, le 28 février.

14 février 2013

Un beau clip mélancolique : "The Raven That Refused To Sing"

Le 25 février sortira le nouvel album de Steven Wilson : "The Raven That Refused To Sing (And Other Stories)".
 
 
Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore Steven Wilson, il s'agit d'un artiste de rock progressif, parfois atmosphérique, souvent expérimental, essentiellement connu pour être le leader du groupe Porcupine Tree.
Justement, la chanson titre de l'album est tout à fait dans cette veine très atmo.
Le clip de celle-ci est principalement l’œuvre de Jessica Cope qui a travaillé sur le dernier Tim Burton, "Frankenweenie", et pour ce qui est du texte, Steven Wilson a déclaré en interview que pour ce nouvel album, il avait eu Poe en tête, et ses contes macabres (je cite).
 
 
Autant dire que ce n'est pas la joie - de toute façon, avec un tel titre vous ne vous y attendiez certainement pas -, mais mélodie et poésie conviennent tout à fait à cet hiver qui s'éternise.

Bonne écoute !  





"The Raven That Refused To Sing (And Other Stories)" de Steven Wilson - Kscope 2013

11 février 2013

Zonzon Pépette, Fille de Londres et d'André Baillon

À plusieurs reprises, j’ai tenté d’écrire cette note. Difficile de trouver les mots après avoir laissé la verve, le verbe d’André Baillon (1875-1932), anti-conformiste de l’entre-deux-guerres.
Alors je laissais reposer, reprenais le texte de «Zonzon» et… c’était pire. En en parlant, on m’a répondu : «on ne sort pas indemne d’un livre comme ça, non ?».

C'est tout à fait exact. Publié en 1923, «Zonzon Pépette, fille de Londres», raconte la vie misérable d’une prostituée dans les bas-fonds londoniens. Tout ce que décrit l’historien Dominique Kalifa dans «Les Bas-fonds. Histoire d'un imaginaire» constitue le lot quotidien de Zonzon : misère, vice, crime. Il y a tout ça, puisque c’est une fille de rien, une prostituée également voleuse, voire, bien pis - l'influence de Dostoïevski est omniprésente...
Zonzon s’habille et se déshabille vite : «Un coup de pouce au chignon, un coup de poing à la jupe, les mains au tablier où sont les poches, puis en route.» Elle arpente le trottoir, toujours «protégée» de loin par un souteneur qu’elle se choisit plus ou moins, dans une bande d’affreux jojos pour lesquels l’auteur semble avoir, pourtant, une infinie tendresse. Comme pour Zonzon. Ces hommes à qui il n’est jamais rien arrivé de bon ni d’agréable peuvent aussi être touchés par la grâce, ainsi l’un d’entre eux est frappé par l'innocence d’une jeune fille alors que, dans un moment d’égarement, il se surprenait dans le calme d’une église : «Qu’elle avait levé les yeux : qu’on voyait là-dedans du bleu, qu’il vint là-dessus le brillant d’une larme. Qu’il avait pensé à des choses… Qu’il avait dit : Bon Dieu serait-y vrai que t’es pas un salaud puisqu’on rencontre de tes anges ?».  André Baillon disait de ses personnages : « de pauvres bougres avec leur cœur ».
 
Aussi incroyable que ça puisse paraître tant ce roman réaliste est sombre, dans cette bande du Cercle ils sont parfois tellement libres qu’on croirait presque qu’ils sont heureux. Mais non ce n’est pas possible, car ils ne savent pas faire, alors après quelques jours d’hébétude, ils se foutent à nouveau sur la gueule. C’est parce qu’il y avait les dessins de Roxane Lecomte, je crois, que je suis arrivée jusqu’au bout de la nuit de Zonzon, de sa chienne de vie. La dame au chapal (pseudonyme de R. Lecomte) semble vouloir nous aider à voir la lumière de/dans tout ce noir, en ouvrant la perspective d'un décor est finalement surtout suggéré par la langue, par l’argot. Les très nombreuses illustrations - une par chapitre - insufflent une respiration fort bienvenue.

Si vous voulez tenter votre chance avec Zonzon, il ne vous en coûtera pas bien cher : 0,99 l’ebook grâce à Publie.net (que vous pouvez lire en ligne si vous n’avez pas de liseuse/tablette).





♦ Zonzon Pépette de André Baillon, illustrations Roxane Lecomte - Publi.net 2012
 
♣ Les Bas-fonds. Histoire d'un imaginaire de Dominique Kalifa - Seuil 2013
 
♠ À signaler également, la parution échelonnée des oeuvres complètes d'André Baillon par les éditions Cambourakis, le deuxième volume Baillon 2 vient de paraître (janv.13) et contient Zonzon.
 

 
  Illustrations reproduites avec l'aimable autorisation de l'auteure - Merci !

8 février 2013

Biographie de La Casati, acte II : la BD

Luisa von Amann, Marquise de Casati, LA Casati, muse, mécène, d'une excentricité redoutable.
Peinte par Boldini, aimée par d'Annunzio, des yeux extraordinaires photographiés par Man Ray.
 
Une vie qui en contint cent, des palais vénitiens à la misère londonienne. Une femme qui fit de son être une œuvre d'art, de sa vie un perpétuel happening avant l'invention du terme, afin qu'elle fut, à jamais, inoubliable.
 
Souvenez-vous, je vous avais parlé de la biographie que lui a consacré Camille de Peretti. Vanna Vinci s'en est emparée, et, se débarrassant des intervalles d'autofiction plombante de l'auteure, nous propose une adaptation superbe de la vie de la célèbre marquise. Une très belle bande-dessinée, éditée par Dargaud, qui donne la parole à ses amants, ses parents, et tous ces artistes qu'elle a croisés, aimantés, cette satanée «muse égoïste". 

«La Casati, la muse égoïste» de Vanna Vinci - Dargaud 2013 ( ← Vous pouvez lire les premières planches en cliquant sur ce lien.)