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27 février 2013

Que penser de Blancanieves ?


J’ai vu Blanche-Neige plusieurs fois en quelques mois, et vous aussi.
La méchante reine était la riante Julia Roberts, ou la blonde Charlize Theron. Et dans « Blancanieves », de Pablo Berger, la très brune Maribel Verdu.

Cette nouvelle réécriture du célébrissime conte me tendait donc les bras, et j’ai foncé : record de nominations de ce film aux prix Goya, éloges tous plus dithyrambiques les uns que les autres dans la presse.
Pourtant, plusieurs semaines après le visionnage du film je suis toujours un peu perplexe. Le conte, excessivement cruel et dur, ne se laisse pas facilement ni analyser, ni oublier, c'est certain.

Le synopsis du distributeur était le suivant : «Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains Toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…»
 
Effectivement. Enfant joyeuse, mais rapidement martyre, adolescente esclave de sa marâtre (dont le personnage doit sans doute quelque chose à celle de Preljocaj, cuirassée par Jean-Paul Gautier), voyant rarement et clandestinement son père lui-même maltraité, Blancanieves n'est heureuse dans le film que dans l'oubli et le refoulement, jusqu'à ce qu'elle retrouve la mémoire - et à nouveau la souffrance. Seule ses quelques mois d'errance avec les nains qui l'ont recueillie sont heureux (enfin, presque).
 

 
Le fait que le film soit en noir et blanc rend son graphisme et son image superbes et effectivement fascinants, on sent qu'un énorme travail a été fait, rarement objet cinématographique m'a semblé aussi beau esthétiquement. Les critiques avaient totalement raison !
Mais ne pas recommander « Blancanieves » aux âmes sensibles : loin de la prise de distance qu'opéraient les deux précédentes adaptations, celle-ci amplifie le conte, en le noircissant au possible (oui certes pour un film en N&B... bref ! ).
 
Par ailleurs, le film est muet. Ne jamais entendre la souffrance de Blanche-Neige est par moments absolument oppressant. Plus grande encore est parfois la tristesse ressentie durant récit, renforcée par la musique d'Alfonso de Villalonga est qui magnifique, oui, mais qui souligne, peut-être trop, le désespoir qui émane de cette réécriture.
Difficile.
 

8 commentaires :

  1. L'affiche rappelait tellement un Almodovar... Mais si on en croit ta critique, c'est un peu plus que cela.

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    1. C'est vrai, je m'étais fait la même réflexion ;)

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  2. J'hésitais à aller voir ce film car les critiques sont vraiment excellentes, mais au final je pense que je n'aurai pas le temps... Merci pour ton avis en tout cas!

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  3. great post!
    awesome pics!



    Angela Donava

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  4. Effectivement j'en avais lu une très bonne critique, la tienne fait plus sortir le côté sombre mais ne me décourage pas, m'intrigue un peu plus. Par contre tu m'encourage aussi à connaître les autres versions !

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    1. Ah ça, le Blanche Neige avec Lily Collins et Julia Roberts... avec le clin d’œil à Bollywood... et l'autre en mode héroïc fantasy... C'est très intéressant de comparer les réécritures !

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  5. Les Images ont l'air superbes effectivement! Va savoir si je peux le trouver à Londres ;)

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    1. ah ça ;-) dans quatre mois en location de toute façon, même si rien ne remplace le grand écran de la salle de ciné...

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