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22 mars 2013

Michela Murgia : La guerre des saints

Née à Crabas où se déroule l’intrigue de ce second roman, Michela Murgia est une écrivaine comme j’aime les découvrir.  
Son roman «Accabadora» m’a plu, transportée, et ne me quitte plus depuis que je l’ai lu. Certains livres vous restent chevillés quelque part dans le coeur, au corps, dans le crâne, c’est selon, mais ils vous restent.
Alors je me suis précipitée sur «La guerre des saints», qui m’a énormément plu aussi, même si sa brièveté, forcément, m’a un peu frustrée.

Publié aux éditions du Seuil en janvier dernier, il faut dire que ce texte était à l’origine une simple recension d’une double procession lors d'une fête paroissiale parue dans le Corriere della Sera. «Le Monde des livres» a rapporté qu’Enaudi, l'éditeur turinois de Michela Murgia l’a convaincue d’en faire un livre, «L'Incontro» (la réunion en français).

«À cet instant, Maurizio avait cessé de se demander ce que l’emploi de ce «nous» signifiait à Crabas. Ce n’était pas un pronom comme ailleurs, mais la citoyenneté d’une patrie tacite où le temps partagé se déclinait à la première personne du pluriel». (p.27)


Comme dans «Accabadora», nous sommes en Sardaigne. À Crabas, je l’ai dit. C’est un village où ni les choses ni les gens ne changent, et où les petits garçons jouent aux mêmes jeux dans les années 80 que ceux auxquels sans doute leurs parents, leurs grands-parents et aussi leurs aïeux ont joué. L’époque importe, bien sûr : c’est pour des raisons économiques qu’un jour, les parents de Maurizio laissent à ses grands-parents l’enfant qui ne passait jusqu’alors que les étés dans le village de la famille. Le père va chercher du travail «sur le continent» (déchirement…). Mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est de savoir quel est le jeu, et qui mène la partie. Maurizio, Franco et Giulio ont leurs règles, leurs codes. Les adultes en ont d’autres. L’éventualité, puis la réalité de la fondation d’une deuxième paroisse dans le village, et c’est un nouveau jeu qui commence…
La façon intemporelle de raconter de Michela Murgia fait songer à une autre jeune romancière, qui elle aussi délaisse toute fioriture, Claire Keegan.

«Désormais, dans les bars du centre, même les vieillards se cataloguaient mutuellement en déclinant leurs appartenances paroissiales, bien qu’ils eussent tous préférés mourir noyés plutôt que d’être surpris en train de pénétrer dans l’une des deux églises». (p.72)


Jeu social, jeu politique, jeux de pouvoir : Michela Murgia signe un livre optimiste, puisque ce sont les enfants qui sifflent la fin de la récréation.

6 commentaires :

  1. J'ai adoré Les trois lumières de Claire Keegan alors je crois que je vais me laisser tenter par cet auteur

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  2. Bien joué, tu m'as donné envie de le découvrir :)


    Http://Fashioneiric.blogspot.com

    Coline ♡

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    1. Super ! N'hésite pas à revenir me dire ce que tu en as pensé !

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  3. Je ne connais pas du tout mais tu m'as donné à moi aussi l'envie de découvrir ces livres! Bon week-end :)

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  4. joli article, joli roman !

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