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6 mars 2013

Week-End Royal : Apologie de l'homme politique en manipulateur polygame

Apologie de l'homme politique en manipulateur polygame, oui, vous avez bien lu  : mais quelle ori-gi-na-li-té !!!

Le film de Roger Michell, «Week-end royal», avait tout du film rétro qui sentait bon le récit de la grande Histoire par la petite. Mais c'est une déception sans nom, un piège tendu au spectateur que désormais, mes chers lecteurs avertis, vous pourrez éviter.

Synopsis : «Juin 1939, le Président Franklin D. Roosevelt attend la visite du roi George VI et de son épouse Elizabeth, invités à passer le week-end dans sa propriété à la campagne. C’est la première visite d’un monarque britannique aux Etats-Unis. La Grande-Bretagne se prépare à entrer en guerre contre l’Allemagne et espère obtenir l’aide américaine. Les bizarreries et l’étrange mode de vie du président étonnent les souverains. En ce week-end royal, pris entre les feux de sa femme, sa mère et sa secrétaire, les affaires internationales ne sont pas vraiment la priorité de Roosevelt davantage intéressé par sa relation avec sa cousine Daisy.» Relation adultère qui est loin d'être la seule que mène le Président.
Le portrait de Franklin D. Roosevelt en homme de pouvoir fantasmant la royauté, usant de vils procédés pour soumettre le roi Georges VI par des travestissements mesquins de cordialité donne envie de citer la façon dont Régis Debray qualifie ce type de diplomatie : « quand le rapport de force se noie dans la décontraction, prénom, tutoiement et tapes dans le dos ».

Quant à ce portrait ridicule et insultant fait d’Eléonore Roosevelt, cantonnée au rôle de femme marginalisée, moquée et résignée, juste capable de rappeler son existence par quelques petites provocations qui n’en portent que le nom… Comment le cinéaste a-t-il osé, alors qu’on sait le rôle de cette féministe dans les relations internationales, les droits des minorités ?
Non seulement on s’ennuie, mais en plus, le film accumule les mensonges historiques.
 
© Diaphana Distribution

 Et pour terminer, bien sûr, une morale de l’acceptation pour Daisy, vous vous souvenez, la narratrice, la cousine adultère… Elle accepte, elle se soumet, admet le harem et la nécessité du whisky pour le supporter. Il y aura bien quelques câlins des autres maîtresses pour la tendresse, comme dans tout harem, n’est-ce pas ?

Bref, à quoi donc sert ce film insipide ? Mais quel objectif diantre le réalisateur poursuivait-il en tournant cette chose anecdotique et évitable ?

À côté de  «Week-end royal», «Coup de foudre à Notting Hill», un autre film de Roger Michell passe donc pour un pamphlet féministe.
© Diaphana Distribution
 
«Week-end royal», de Roger Michell ; avec Bill Murray, Laura Linney, Samuel West, Olivia Colman - actuellement en salles

8 commentaires :

  1. Ah , dure critique. Personnellement la bande annonce m'avait déjà refroidie !

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    1. Tu avais été plus perspicace que moi alors ;-)

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  2. Bon les images me donnaient drôlement envie. Et puis j'ai lu ta critique et vu la bande annonce. Il n'y a aucune ressemblance physique avec les personnages d'époque. A part Eleanor. Bon à la limite tu as pu admirer les costumes.
    En fait on dirait plus une comédie qu'un film historique.

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    1. Tout à fait, à part Éléonore ! Moi aussi les images m'ont tentée... C'est à ça que sert le marketing ;)

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Eh bien voilà qui a le mérite d'être clair. J'ai entendu il y a peu des historiens débattre de ce film, leurs avis n'étaient pas tous aussi tranchés, certains ont même apprécié. C'est une émission qui j'écoute parfois, et même toujours le 1er vendredi de chaque mois quand il est question de fictions historiques. Je te colle le lien, si tu as quand même envie d'en écouter un peu plus sur ce film.
    http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-table-ronde-fiction-du-010313-2013-03-01

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    1. Merci bcp pour ce lien qui complète utilement le billet, et je vais prévoir de podcaster l'émission alors :)

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  5. J'aime les critiques bien tranchées : je suis servie ! Merci.

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