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17 avril 2013

Le secret de Rita H. : la biographie délicate de Stéphanie des Horts

Difficile de parler de Rita Hayworth. Qui ne connaît «Gilda», quel cinéphile n’a pas dans sa vidéothèque «La dame de Shanghai» ? Rita Hayworth, donc, est connue. Un euphémisme pour le sex-symbol des années 40, icône des GI et célébrissime actrice... 
Sur l’épouse d’Orson Welles, celle dont la presse à scandale relatait les mariages, les divorces, les liaisons, les relations orageuses avec les studios, on connaît sans doute l’essentiel, et même, sans doute, tout.

Mais si l’on sait tout de l’actrice, que sait-t-on vraiment de la femme, née Margarita Carmen Cansino, en 1918 ?
Bien sûr, les aficionados de l’actrice connaissent son histoire, les détails de sa biographie et de ses chagrins, et ils peuvent aussi facilement décrypter le titre qu’a choisi Stéphanie des Horts pour sa biographie de la star : «Le secret de Rita H.».

Quant à moi, je savais assez peu de choses finalement sur Rita Hayworth avant de lire le livre, et ce secret, si j’ai bien pensé le découvrir entre les lignes des premiers chapitres, les péripéties des suivants ont absorbé mes soupçons et ce n’est qu’aux dernières pages que, le cœur gros, j’ai lu que malheureusement, j’avais entrevu juste. Le pire est toujours sûr…

Stéphanie des Horts a vraiment réussi son livre. Tout en donnant force détails sur la carrière cinématographique de l’actrice, elle parle de Rita. Rita H. Rita H., à la fois Margarita Cansino, et Rita Hayworth.
Surnommée «la déesse de l’amour», l’interprète de Gilda, la partenaire de Fred Astaire, l’extraordinaire danseuse dans «Salomé» de William Dieterle, c’est dans ce livre une femme qui, à la première personne, s’exprime.

Le secret de Rita H. de Stéphanie des Horts - Albin Michel 2013 (photo : © vivelaroseetlelilas)

C’est la femme qui parle. Ce n’est pas Gilda, c’est Rita, Margarita, enfant, jeune femme, vieillissante, qui raconte, qui se rappelle, qui oublie, qui rêve et pleure. Qui dit le faste princier de ses plus belles années, notamment avec le prince Ali Khan, évoque les souvenirs de tournages («Arènes Sanglantes», «L’amour vient en dansant», «L’Affaire de Trinidad» etc), éloigne les réminiscences de son adolescence misérable, passée à danser dès treize ans dans des cabarets glauques. Des souvenirs, qui, malgré les soins de ses filles, ravagent sa mémoire alors qu’elle sombre dans la maladie d’Alzheimer.

Stéphanie des Horts lui prête sa plume. Elle lui rend une dignité qui lui a, toute sa vie, été extorquée par les hommes. Souvent la comparaison avec Marilyn Monroe m’est venue à l’esprit, surtout quand, à la fin, cette interrogation surgit : « Pourquoi toutes les femmes qui sont devenues célèbres par la beauté de leur corps ont eu une triste fin ? ». 

« Même avec Jim, je n’arrive pas à me construire. Il me considère comme son entreprise, il me pousse pour me faire fructifier. Il est comme les autres, il possède sa star de cinéma et il en use. »


Ce roman nous fait, bien sûr, revivre ces années incroyables du glamour hollywoodien et la vie trépidante de la jet-set de l’époque. Ceci toutefois à travers les yeux d’une femme paradoxale, incarnation de la sensualité à l’écran, mais dont la touchante vulnérabilité à la ville n’a ému aucun homme.

4 commentaires :

  1. Ce roman/biographie a l'air très intéressant. Je note la référence.

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  2. Moi aussi, je vais acheter ce livre !

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  3. Et les hommes vont-ils pouvoir être émus par ce roman, si la femme ne pouvait les émouvoir..?

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    1. Elle n'a pas rencontrée, en tant que femme, des hommes susceptibles de la rendre vraiment heureuse. Mais il y a quand même une grande différence avec la posture du lecteur, homme ou femme, quel qu'il soit, qui est forcément ému par ce destin tragique !

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