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24 avril 2013

Le sexe sous la IIIème République au menu du Prix Martin, comédie de Labiche

«Le prix Martin» est l’une des dernières pièces de Labiche. Méconnue, elle est pourtant opportunément jouée actuellement à l’Odéon, mise en scène par Peter Stein. 
Pourquoi opportunément ? Parce qu’il n’est question, sous des dehors surannés, que de genre, de sexe, d’amour et d’avec qui on fait le fait, sujet qui agite douloureusement notre sphère publique, plus que jamais... 
 
C’est tout l’objet de la pièce que ce sexe dont ne veut plus Loïsa avec Martin mais toujours davantage avec son amant, Agénor Montgommier, qui lui-même en est lassé. Ce sexe des jeunes mariés Bartavelle, dont le désir exposé et revendiqué est à la fois moqué et volontairement ignoré : ça va passer, semblent-ils tous dire.
Et … que dire de cette amitié entre l’amant de la femme de Martin  - Agénor donc - et ce dernier ? On s'en pose, de ces questions...

 
Pour Flaubert, cette pièce était du Molière. Jouée par l’excellent sociétaire du Français Laurent Stocker dans le rôle de l’amant et le grand Jacques Weber dans celui de Martin, dans un décor sobre, cette amitié à la limite du déshonneur est tout à la fois raisonnable et complètement déraisonnable,  grandiose et touchante.
Et puis et puis, un salut bas à Rosa Bursztein qui dans le rôle de Bathilde Bartavelle foule déjà avec grâce et spontanéité les planches d’une institution qui sait rester jeune malgré son âge vénérable.

Jacques Weber, Rosa Bursztein et Julien Campani - extrait du programme

Je vous dirai rien de l’explication du titre, car vous perdriez toute la drôlerie de la chose. Allez donc vous amuser à l’Odéon, ou lisez la pièce : je raconte mal les plaisanteries !

«Le prix Martin» de Labiche - jusqu’au 5 mai 2013
Odéon Théâtre de l’Europe
Place de l’Odéon
75006 PARIS

1 commentaire :

  1. Du Molière méconnu, un "Agénor Montgommier", la grâce de Rosa Bursztein... Bel et bon !

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