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6 avril 2013

Ultracore : Anselm Reyle au Magasin à Grenoble

On en est tout étonné, mais c'est la première exposition monographique d'importance qu'une institution française consacre à l'artiste allemand Anselm Reyle, né en 1970 (à ne pas confondre, natürlich, avec le célèbre peintre Anselm Kiefer, né en 1945).
 


Désormais bien connu dans le monde de l'art contemporain, soutenu par la Gagosian Gallery, Anselm Reyle poursuit son chemin coloré et parsemé d'objets trouvés, adepte, -certes comme tant d'autres- du recyclage, du détournement, de la fantaisie brillante aussi, désormais tellement associée à Jeff Koons mais qu’il s’est également appropriée. Un kitsch joyeux qui lui a valu, il y a deux ans, une collaboration avec Dior.
 
Ce sont des installations, qui, comme disent les critiques d'art, fonctionnent bien : le spectateur tourne autour de ces assemblages, de ces collections à demi fondues de vaisselle, se pose des questions sur les méthodes employées par l'artiste, sur ses sources d'approvisionnement... Les couleurs sont d'autant plus vives que le Magasin a, comme à chaque exposition, adapté ses espaces et les murs repeints en noir présentent les oeuvres comme dans un écrin.


Anselm Reyle © Michael Mann
  
J’ai vu cette exposition lorsqu’elle venait d’ouvrir ses portes fin février et que l'espace dit de la "rue" du Magasin était toute juste sec des fantaisies, presque des enfantillages qui en recouvrent les murs : jets aléatoires de bombes de peinture noire et rose, de "dessins" au pistolet. Méthode opératoire jubilatoire et fantasque dévoilée dans une vidéo en fin d'exposition, qui fait se dire que décidément, l'artiste Anselm Reyle est un grand enfant.

 
Anselm Reyle - Sans titre
 
J'ai choisi de vous montrer cette oeuvre ci-dessus car elle est très représentative d'une partie du travail de l'artiste, très démocratique. Il a beaucoup utilisé cette évocation des kits de peinture de loisirs créatifs, avec des motifs de chiens, de chevaux... J'ai une faiblesse pour ce tableau car il m'évoque la belle leçon que donne le personnage de Julia Roberts dans le film "Le sourire de Mona Lisa". Katherine est enseignante dans un college féminin et tente d'initier les jeunes femmes à l'art moderne. Ainsi, dans l'après-guerre, elle leur dévoile le travail de Pollock. Et elle leur propose, à un moment du film, à toutes, d'utiliser un même kit de peinture. Chacune rend un travail unique...


Le Sourire de Mona Lisa

à voir jusqu'au 5 mai 2013
Le Magasin - CNAC
155 cours Berriat
38000 GRENOBLE

5 commentaires :

  1. Bien vu la référence au film !!

    J'adore les oeuvres de cet artiste que je ne connaissais pas !

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  2. Je suis grenobloise et vois régulièrement les expositions du "Magasin".
    Celle d'Anselme Reyle est particulièrement attractive par son aspect ludique qui attise notre curiosité.
    On ressort de cette exposition plus léger qu'à l'entrée.
    Merci pour ce bel article.

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  3. ça pique les oeuilles ! (oui, aujourd'hui, j'ai opté pour un commentaire concis, élégant et constructif)
    Allez un petit effort : le (Takashi) Murakami de l'Europe?

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