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24 mai 2013

Les filles de l’ouragan : deux femmes, un secret de famille inavouable, des amours tragiques, un roman superbe !


Contrairement à bien d’autres lecteurs, je n’aurais pas découvert l’écriture de Joyce Maynard avec « Et devant moi, le monde », texte autobiographique évoquant son histoire d’amour passionnée avec Salinger, alors qu’elle n’était qu’une jeune étudiante.

En fait, j’avais presque oublié la principale raison de la célébrité de l’auteure, « la Françoise Sagan américaine », lorsque j’ai acheté « Les filles de l’ouragan » (en anglais dans le texte « The Good Daughters »), et ce à cause de ce titre qui m’a aimantée comme sa quatrième de couverture…
« New Hampshire, 1950. Nées le même jour, dans le même bourg, dans des familles que tout oppose, Ruth, beauté exaltée, a l'âme d'une artiste ; l'androgyne Dana, l'esprit terrien. Si dissemblables, et pourtant. Chacune lutte pour exister dans un monde auquel elle ne se sent pas appartenir, et leurs destins sans cesse se frôlent. Jusqu'au jour où un secret inouï bouleverse leur vie. »

Je me suis tout de suite laissée emporter par l’histoire. Depuis le début de l’année, peu de romans se sont autant imposés à moi que celui-ci, dont l’intrigue est pourtant éculée. Les bébés de deux familles, les Plank et les Dickerson, auraient été échangés à la maternité peu après leur naissance et cet échange est suggéré rapidement. Mais ce que l’on croit comprendre dès le début du livre est loin de la vérité, et ce n’est que dans les derniers chapitres du roman, que, comme les deux femmes, nous comprenons enfin ce secret de la nuit de l’ouragan…
Ruth Plank est tenue à distance par sa mère, femme dévouée aux travaux de la ferme familiale et très pieuse. Artiste tourmentée, follement éprise du frère de sa sœur d’anniversaire, Ray, garçon hypersensible, elle réussit à faire des études d’art grâce au soutien de son père. Chez les Dickerson, chez Dana donc, le père a sans cesse des idées géniales pour gagner rapidement l’argent qui leur manque, idées qui s’avèrent vite être des désastres, mais nécessitent  d’incessants déménagements et ses absences aussi répétées qu’inutiles. La mère, Valérie, peint. Ses enfants ne sont pas sa priorité. Très belle, insouciante, elle fait une « mauvaise mère » tout en restant attachante malgré son immaturité. Dana se construit contre le modèle maternel, délaissant les barbies pour les plantes et faisant preuve d'un grand pragmatisme.
 
J’ai été très émue par le dénouement du livre : l’auteure choisit de faire raconter, alternativement, Ruth et Dana. Lorsqu’un troisième personnage prend enfin la parole, tout bascule et donne un autre sens à leurs vies, largement derrière elles. L’histoire d’amour que vit Ruth est terrible mais je ne veux pas vous en dire davantage, quant à celle que vit Dana avec une universitaire, elle est poignante…
 
La principale question est donc : tiendrai-je jusqu’à la parution en poche des deux livres de Joyce Maynard récemment sortis en grand format aux Éditions Philippe Rey, « Baby Love » et « Une adolescence américaine » ?


« Je tombais toujours amoureuse, c’était la vérité, mais personne ne tombait amoureux de moi. J’étais née dans un corps de fille, avec des désirs de garçon, et parce qu’on était en 1964, et que personne ne parlait de ces choses, je croyais être le seul être sur terre à avoir ce problème. »

8 commentaires :

  1. Moi non plus je n'ai jamais lu cette auteure mais je note volontiers ce titre qui va rejoindre mon immense LAL. Merci pour la découverte !

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    1. De rien, l'histoire m'a vraiment enthousiasmée ;)

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  2. Je n'ai jamais lu non plus Joyce Maynard. Je ne connaissais même pas son histoire avec Salinger!
    Je note ce titre et j'espère croiser un jour sa route car ce que tu en dis, fait très envie!

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    1. Comme je le disais, je suis très heureuse de faire partager mon enthousiasme et mon émotion...

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  3. voilà !sur ma PAL !encore un !

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  4. Il a l'air très très bien, ou alors tu es vraiment très forte pour donner envie. Ou les deux ;-) j'ai "Et devant moi le monde" dans ma PAL, que je lirai pour le défi "Anniversaires d'écrivains", mais du coup, tu me donnes aussi envie de lire celui-là...

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    1. Merci c'est gentil ;) Après le post de ma critique j'ai lu des "avis" très étranges, très négatifs, mais je crois qu'ils sont passés à côté du livre. J'espère en tout cas que tu publieras une chronique car je serai curieuse de savoir s'il t'a plu ! Les critiques des journaux américains ont été très positives, de ce que j'en ai lu.

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