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28 juin 2013

Le Petit Larousse 2014 : résultat du concours !


Et voilà, le jour du résultat est arrivé. Parmi le plus grand nombre de participations jamais enregistrées pour un concours organisé sur ce blog, j’ai donc opéré un tirage au sort grâce à un petit classeur Excel , et c’est…  Jean-Baptiste qui gagne l’exemplaire du Petit Larousse illustré 2014.
Nous allons le contacter par mail et il recevra donc bientôt un bel exemplaire de cette édition dont je vous ai répété qu’elle contenait moult nouveautés.
 
Merci à tous pour votre forte participation et votre intérêt pour l'article, qui n'est pas encore dans les "roses et lilas préférés des lecteurs" mais ne saurait tarder à rejoindre cette catégorie !

Pour les autres, consolez-vous : un autre concours est actuellement en cours sur le blog pour remporter un exemplaire du bel album « TrashCancan », publié aux Éditions du Chêne par Caroline Guillot, dont vous pouvez retrouver l’interview .
 
Et encore un concours de terminé !

Le Petit Larousse illustré 2014 photo © vivelaroseetlelilas

27 juin 2013

Trash Cancan : interview de l'auteure, Caroline Guillot + concours

Caroline Guillot par elle-même
Après la chronique de l'ouvrage, voici l'interview de son auteure !

1- Lectrice de la première heure de « Trash Cancan », j’ai cette impression que tu y as pris toujours plus de goût, délaissant presque parfois « Des poules et des pois ». Est-ce que tu t’es effectivement prise davantage au jeu, le temps passant ?

Créé après mon premier blog «Des poules et des pois», «Trash Cancan» a effectivement pris de plus en plus de place. Comme je voulais qu’il reste vivant pendant l’écriture du livre, mon premier blog en a souffert. Maintenant que le travail est terminé, j’avoue avoir du mal à reprendre «Des poules et des pois». On ne se détache pas si facilement d’une année de recherches historiques intenses. C’est devenu une vraie drogue !


2- Du blog au papier, la question du format s’est-elle révélée primordiale ? La conception des pages change-t-elle beaucoup  de celle des posts ?

Le passage du blog au livre a été assez ardu. La rédaction et la mise en page d’une version papier imposent des règles strictes que le Chêne m’a aidée à comprendre et à appliquer. J’ai d’ailleurs aujourd’hui une manière d’écrire différente pour chaque support. Très rigoureuse pour le livre, je me permets plus de légèreté dans le blog, qui peut être retouché à tout moment. Le livre n’offre pas cette chance.


3- L’histoire est une passion française. On a beaucoup débattu, et cela continue, des qualités du bestseller « Métronome », écrit par le royaliste Lorànt Deutsch. Sur ton blog, certains ont parfois cherché la petite bête, d’autres réclamaient une rigueur toujours plus scientifique voire universitaire, alors que ta visée est clairement pédagogique et drôle, une vulgarisation de qualité. L’histoire, terrain miné ?

Non je ne le pense pas ! Avec le temps, «Trash Cancan» a réuni des lecteurs passionnés qui échangent avec humour mais exigent du sérieux dans les contenus. Vulgariser l’Histoire ne veut pas dire prendre les choses à la légère, bien au contraire ! J’aurais le sentiment de mal faire mon job si, pour avoir de meilleures tournures, je généralisais vaguement mon contenu et ne livrais à mes lecteurs que des anecdotes confuses ou douteuses. L’Histoire n’a pas besoin d’être améliorée ou amoindrie, elle est délicieuse comme elle est !


4- As-tu une formation d’historienne, justement, ou bien t’es-tu documentée ? Ton appartement ne s’est-il pas trop rempli d’archives poussiéreuses ou de reliques sanguinolentes ?

Je ne suis pas historienne mais possède, à ma plus grande joie, de très nombreux ouvrages historiques. Mon atelier déborde de livres et il y a toujours un opuscule d’anecdotes croustillantes dans mon sac à main.

 

5- Question Moyen-âge et gore, les romans de Jean Teulé ne sont pas avares de détails qui coupent l’appétit. Connais-tu l’auteur, apprécies-tu ses livres ? Y a-t-il, en dehors des travaux historiques, des romans ou des films qui t’ont inspirée, pour faire rire et pour inventer ces drôles de jeux qui animent le livre ?

Je connais très bien les ouvrages de Jean Teulé. J’ai surtout apprécié «Le Montespan», et «Je, François Villon» (dont l’adaptation BD par Critone est sublime). Les détails crus n’y manquent pas, qui rendent ses ouvrages très vivants. À part «Les sept vies de l’épervier» de Juillard et Cothias, qui est superbe dans la justesse des décors et des costumes, j’avoue ne pas suivre de près les BD et les films historiques, ayant peur de commettre des anachronismes.
Les seuls ouvrages dont je m’inspire, et uniquement pour leur ton humoristique, sont ceux des Monthy Python et de Gotlieb. Il faut instruire en s’amusant, comme disait Jules Verne... expliquer les choses avec le rire, il n’y a rien de mieux, non ?


6- Avec quels personnages historiques t’es-tu le plus amusée ?

Ils m’ont tous amusée et j’ai eu beaucoup de mal à en sélectionner 41 pour le livre. J’ai finalement choisi ceux qui ont le plus piqué ma curiosité ou m'ont émerveillée. Que ce soit la sanguinaire Frédégonde, qui tente de tuer sa fille, ou Berthe de Bourgogne, devant qui le peuple se débine parce qu’elle a été excommuniée, ou Charles 6 qui ne se lave que sous la menace de ses valets déguisés en diable, ou encore les Bourbons, qui sont dans la majorité de gros pervers influencés par un féroce appétit de chair, ils sont tous fascinants !


7- Un autre ouvrage est-il possible, sur un registre comique - ou pas ? Te verrais-tu consacrer un livre entier à un personnage, comme l’ont fait Catel et Bocquet avec «Olympe de Gouges», par exemple ?

L’Histoire est une corne d’abondance qui déborde d’aventures à raconter. J’espère que ce livre sera le premier d’une longue série. Écrire sur un seul personnage ? Pourquoi pas ? Mais ce serait probablement dans un format différent de celui de «Trash Cancan». Je suis d’ailleurs entrain de retracer, en aquarelle et en couleur, quelques coulisses friponnes de Versailles. Mais rassurez-vous le ton ne change pas, lui !


8- L’équation « scénario + dessin » seule, c’est l’esclavage ou la liberté ?

La liberté ! Même si c’est un énorme travail qui demande beaucoup de temps, je trouve beaucoup plus jouissif de traiter un sujet dans sa totalité.


9- A t’offrir, des roses ou des lilas ?

Du beau lilas blanc.
 
Laissez un commentaire avec votre adresse mail, vous remporterez peut-être un exemplaire de l'ouvrage ! Jeu valable pendant deux semaines, jusqu'au jeudi 11 juillet !
Les commentaires ne seront pas publiés.

25 juin 2013

Trash Cancan : après le blog, l'histoire croustille sous la dent aux éditions du Chêne


«Trash Cancan», c'est un nom qui vous parle peut-être. Vous aimez l’Histoire ?
Vous êtes plutôt humour noir ? Les intrigues, guerres et supplices de la royauté française sont une distraction bienvenue après une journée de travail ennuyeuse à souhait ?


Alors alors c'est certain, un jour ou l'autre, vous avez parcouru «Trash Cancan», un des deux blogs de Caroline Guillot - ou bien je vous le fais découvrir et vous pouvez vous y ruer dès à présent.

L'illustratrice, en plus de «Des poules et des pois», blog girly moins mièvre que ceux de ses consœurs du top de la blogosphère féminine - si l’on excepte le ton cru d’une Margaux Motin, bien sûr-, était déjà fort amusant. Mais avec son projet «Trash Cancan», il est vite devenu évident que Caroline avait trouvé sa vocation.
En rappelant à notre bon souvenir les reines sanguinaires, nos Elisabeth Bathory à nous et les rois tyranniques, les Ivan le Terrible de nos contrées , elle a décoiffé sérieusement le net en proposant quelque chose d'inédit : on se cultive, on rit (jaune), on devient vite accro -autant à ce qu’elle raconte qu’à son trait de crayon, très reconnaissable.
C’est grâce à une communauté d’aficionados reconnaissants,  à laquelle j’appartiens, que le blog doit son Golden Blog Award : le sésame vers l’édition d’un bel album tout à fait fourni, aux éditions du Chêne.
41 personnages hauts en couleur, en méfaits et névroses en tout genre, nos souverains, des Mérovingiens aux Bourbons. Saviez-vous qu’il n’est absolument pas prouvé que Berthe avait réellement de grands pieds, quant à Dagobert, la chanson populaire masque la cruauté de ce roi. La petite histoire de la royauté faisant la Grande Histoire de France avec ses guerres, ses annexions, ses successions sordides,...
Nombre d'anecdotes parsèment également le livre, tout en noir, blanc, et rouge sang bien sûr.
Et puis il y a ces pages où Caroline Guillot propose au lecteur «du rab» ou de «jouer», retrouver quelle femme n’a, en vérité, pas compté dans la vie de Charlemagne par exemple. Évitez toutefois de faire participer vos jeunes enfants, rien de très candide dans tout ça !

Bref, j’ai retrouvé l’esprit du blog dans un bel objet, qui s’apparente aux antimanuels que l’on a vu fleurir - la ligne claire en plus !


Retrouvez l’interview de Caroline jeudi : vous pourrez alors tenter de gagner un exemplaire de l’ouvrage.

Pour une vision iconoclaste de l’enseignement de l’Histoire, et ce qui me permet de rendre hommage à Tom Sharpe, romancier britannique décédé tout récemment, signalons la réédition chez 10/18 de «Comment enseigner l’histoire à un ado dégénré en repoussant les assauts d’une nymphomane alcoolique» !

24 juin 2013

A Very Englishman : sexe, drogue et... histoires de famille

Dans «A Very Englishman», il y a tout ce qu’un bon biopic peut donner, et même davantage. Car le talent du réalisateur est de réaliser ce tour de force de faire un film sur l’industrie du sexe qui se regarde comme un film arty.

Paul Raymond était un inconnu pour moi. Je connaissais le fondateur de «Playboy», Hugh Hefner, mais pas son équivalent britannique, qui a créé la revue «Men Only», journal pour adultes, après avoir monté avec sa femme de nombreuses revues, qui elles ne se feuilletaient pas mais se déroulaient avec danseuses .

Au début du film, Paul Raymond apprend la mort de sa fille, Deborah. Le procédé n’est guère original mais il permet au spectateur qui ne connaîtrait pas l’histoire du magnat de Soho de se concentrer sur le déroulé du scénario sans penser sans cesse à son dénouement.

Je suis assez hilare depuis que je sais que le film a été classé «interdit aux moins de 12 ans», mais encore plus sur la cause de ce classement. Si vous vous doutez qu’il y a, forcément, des scènes de nu, des scènes de sexe, des scènes porno, celles-ci servent d’abord à montrer l’évolution du métier de pornographe de Paul Raymond. Au début de son ascension, ses cabarets suggèrent le désir. Lorsqu’il est devenu l’homme le plus riche d’Angleterre, il n’est plus question que d’ouvrir d’avantage les chairs aux photographes.
Pourtant, ce ne sont pas ces scènes qui ont conduit à l'interdiction, mais la relation terrible entretenue par Debbie et son père : la pauvre petite fille riche vit par et pour ce dernier, qui lui rend bien son affection envahissante.
Des destins comme celui-ci, il en existe tant d’autres. C’est de ceux-là dont Stéphanie des Horts s’est d’ailleurs inspirée pour «LeDiable de Radcliffe Hall».


Tasmin Egerton est Fiona, star de "Men Only" et maîtresse de Paul. © Pretty Pictures

La commission de classement ne s’est pas émue du triolisme, pas plus des partouzes, ni de l’alcoolisme généralisé du monde de la nuit, non elle s’est inquiétée de ce que le père de la petite veille à ce que s’envoie sa fille soit de la «bonne blanche». Je résume : le CNC considère que le film «montre un père et sa fille dans un processus de déchéance causé par la drogue».
La commission de classement découvre que les relations père célèbre/fille paumée sont complexes, tendent parfois à un inceste fantasmé et à la nécessité d’une lourde psychanalyse. Et par conséquent, interdit le film aux moins de 12 ans, parce que c’est cela qu’il est inquiétant de montrer, puisque que chacun sait qu’un pourcentage impressionnant de ces pré-ados ont déjà regardé du porno sur internet.
Heureusement, le film ne montre pas que cette triste histoire est bien plus douloureuse encore : après l’overdose/suicide de Debbie, Paul Raymond devient quasiment ermite. Cela aurait-il entraîné une interdiction aux moins de 16 ans ?

Allez donc voir, pour mes lecteurs âgés de plus de 12 ans, «A Very Englishman».
C’est un bon film, on rit, on s’émeut, c’est bien interprété, Steve Coogan est vraiment impressionnant en Paul Raymond, Imogen Poots crève l’écran en fille trop gâtée, quant à Anna Friel et Tasmin Egerton, elles évoquent à elles seules les années 70 avec leurs faux airs de Farrah Fawcett...


20 juin 2013

Joue-la comme le Major Pettigrew !

Pour le coup, cette critique littéraire est difficile à rédiger. En effet, si j’ai aimé « La dernière conquête du Major Pettigrew » je ne saurais conseiller ce roman sans réserves.

Avec la promesse d’un humour anglais rappelant Nancy Mitford et des influences évoquant Chesterton, j’étais a priori enthousiaste.

Le major Ernest Pettigrew, au début du livre, est un homme seul, malheureux, et surtout assez ennuyé. Veuf, faisant face au décès de son frère, dans un monde trop moderne qu’il n’estime plus guère, il se prépare à ce que les soirées en compagnie de Kipling se fassent de plus en plus longues –et nombreuses.
Pourtant, le début d’une amitié avec une commerçante du village de la profonde campagne anglaise qu’il habite change peu à peu son quotidien. Car l'épicière s'appelle Mme Ali, Yasmina pour les intimes...

Néanmoins, à plusieurs reprises, j’ai été tentée d’abandonner la lecture du pavé que représente cette dernière conquête, que l’on devine au premier regard jeté à la couverture comme étant non pas miliaire mais amoureuse.
Je pensais souvent, trop souvent, à ce conseil de Colette : « coupez, coupez ! ». 

«L'espèce humaine est partout la même, dès lors qu'il s'agit des relations de cœur, objecta son père. Une absence saisissante de maîtrise des pulsions associée à une totale myopie. » (p.277)
 
Le livre est long. Trop long, sans doute. Alors bien sûr, j’ai souvent souri, parfois ri, tant le flegme aristocratique du major et ses réflexions sur l’arrivisme de son propre fils m’amusaient. Mais il faut véritablement s’accrocher, car comme dans une comédie romantique, si le happy end ne fait guère de doute, il importe que les rebondissements happent quelque peu le lecteur. Et la narration de la préparation de la fête du club de golf du major-et celle de la fête elle-même, épicentre du livre-, ne sont pas des plus réussies...
Bien évidemment, ce récit permet la rencontre de deux mondes, celui des anciens colonisés, parmi lesquels on trouve aussi bien nouveaux riches que musulmans pratiquants, et celui des Anglais traditionnels et américains parvenus. Mais le suspense est rarement à son comble.

Et c’est pourquoi c’est un roman à lire à la plage, lorsque vous aurez du temps, et que vous ne déplorerez aucune longueur dans les descriptions ni dans la composition.

Car n’est pas Proust qui veut !