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20 juin 2013

Joue-la comme le Major Pettigrew !

Pour le coup, cette critique littéraire est difficile à rédiger. En effet, si j’ai aimé « La dernière conquête du Major Pettigrew » je ne saurais conseiller ce roman sans réserves.

Avec la promesse d’un humour anglais rappelant Nancy Mitford et des influences évoquant Chesterton, j’étais a priori enthousiaste.

Le major Ernest Pettigrew, au début du livre, est un homme seul, malheureux, et surtout assez ennuyé. Veuf, faisant face au décès de son frère, dans un monde trop moderne qu’il n’estime plus guère, il se prépare à ce que les soirées en compagnie de Kipling se fassent de plus en plus longues –et nombreuses.
Pourtant, le début d’une amitié avec une commerçante du village de la profonde campagne anglaise qu’il habite change peu à peu son quotidien. Car l'épicière s'appelle Mme Ali, Yasmina pour les intimes...

Néanmoins, à plusieurs reprises, j’ai été tentée d’abandonner la lecture du pavé que représente cette dernière conquête, que l’on devine au premier regard jeté à la couverture comme étant non pas miliaire mais amoureuse.
Je pensais souvent, trop souvent, à ce conseil de Colette : « coupez, coupez ! ». 

«L'espèce humaine est partout la même, dès lors qu'il s'agit des relations de cœur, objecta son père. Une absence saisissante de maîtrise des pulsions associée à une totale myopie. » (p.277)
 
Le livre est long. Trop long, sans doute. Alors bien sûr, j’ai souvent souri, parfois ri, tant le flegme aristocratique du major et ses réflexions sur l’arrivisme de son propre fils m’amusaient. Mais il faut véritablement s’accrocher, car comme dans une comédie romantique, si le happy end ne fait guère de doute, il importe que les rebondissements happent quelque peu le lecteur. Et la narration de la préparation de la fête du club de golf du major-et celle de la fête elle-même, épicentre du livre-, ne sont pas des plus réussies...
Bien évidemment, ce récit permet la rencontre de deux mondes, celui des anciens colonisés, parmi lesquels on trouve aussi bien nouveaux riches que musulmans pratiquants, et celui des Anglais traditionnels et américains parvenus. Mais le suspense est rarement à son comble.

Et c’est pourquoi c’est un roman à lire à la plage, lorsque vous aurez du temps, et que vous ne déplorerez aucune longueur dans les descriptions ni dans la composition.

Car n’est pas Proust qui veut !


2 commentaires :

  1. C'est tentant de prime abord, même si on imagine la fin d'avance, mais si ça se traîne, j'hésite assez, même pour l'été (période de rattrapage en matière de lecture).

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    1. C'est bien pour cela que je le recommande avec précaution : 540 pages quand même...

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