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5 juin 2013

La petite cloche au son grêle : délicate madeleine de Paul Vacca

La petite cloche au son grêle, c’est cette clochette qui tinte lorsque le narrateur pousse la porte du café que tiennent ses parents à Montigny. Sensible, intelligent, le garçon est aussi rêveur, élevé par un père, Aldo, un peu bourru mais gentil et tendre et par une mère, Paola, qui lui apprend le nom des fleurs.

La petite cloche au son grêle, c’est un son qui symbolise une époque, la pureté de l’enfance et le bonheur dans un village du Nord, où la famille vit.

La petite cloche au son grêle, c’est la madeleine de l’enfant qui découvre Proust, par un hasard qui fait bien les choses. Un exemplaire de « La recherche » est abandonné par une belle femme mystérieuse dans la forêt, on se croirait à Combray… 

« Je ne sais pas encore à quel point ce livre va changer notre vie. Son auteur, Marcel Proust, est un parfait inconnu pour moi. Quant à son titre, Du côté de chez Swann, je trouve qu'il sonne plutôt pas mal... »

Récit sentimental, hommage à l’œuvre de Marcel Proust autant que délicat roman d’apprentissage, évocation sensitive des émois et douleurs préadolescentes, « La petite cloche au son grêle », de Paul Vacca m’a émue aux larmes. L’auteur sait, en quelques 160 pages, faire vibrer le cœur du lecteur à l’unisson du sien. Les allusions à « la Recherche » sont nombreuses, le « Contre Sainte-Beuve » lui-même se glisse entre les lignes, quand il s'agit pour Aldo et Paola de discuter non de l’œuvre, mais de l'homme...

Le récit semble parfois intemporel, mais le quotidien français est là, en toile de fond : une usine menacée, des élus impuissants... « Depuis le plan social de Métalflex et la mort de Patrick, il ne faut plus te parler de la mairie et de la politique en général. Pour toi, ils ont tous démissionné. »

Cela faisait trop longtemps qu'enfermés dans une actualité littéraire exhibitionniste, on n'avait pas parlé du plaisir de lire. Que l'on ne n'avait pas simplement parlé du pouvoir de la littérature, hors le scandale.
Que l’on n’avait pas rappelé comme elle peut souder une famille et, parfois, dans des moments de grâce collective, une communauté.
On découvre grâce à cette parution au Livre de poche, si cela n’était pas déjà fait aux éditions Philippe Rey, un auteur touchant.

À très vite, Monsieur Vacca.

Page Facebook du livre ici.


à noter, un enthousiasme communicatif des lecteurs du livre : « La petite cloche au son grêle » a été sélectionnée par de nombreux prix et festivals :
  - le Festival du Premier Roman de Laval 2009
  - le Festival du Premier Roman de Chambéry 2009
  - le Prix des Lycéens et Apprentis de Bourgogne 2008-2009
  - l’Opération Premiers Romans Bibliothèques de Paris / Salon du Livre 2009
  - le Prix Biblioblog 2009
  - le Prix Complètement Livres ! 2009 - Alcatel Lucent / ARTE
et donc, tout récemment, le prix des lecteurs du Livre de poche 2013

6 commentaires :

  1. On reprendra bien une tasse de thé, alors ! En tournant les pages de cet ouvrage qui semble promettre fraîcheur et authentique émotion. En ces temps d'autofictions toutes plus obscènes les unes que les autres : le barbarisme "autofiction" étant à lui seul une obscénité lexicale :-)

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    1. L'on est effectivement loin de "Belle et bête" ;-).

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  2. Quel vibrant hommage ! Voilà donc trouvée ma lecture des premiers rayons de soleil.

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    1. J'espère qu'elle vous plaira. Revenez me dire !

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  3. Je ne connaissais pas du tout cet ouvrage.
    Mais ton billet me fait très envie! Je note la référence!

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  4. Oh j'avais manqué cette chronique mais tu donnes très envie! Dommage que je ne puisse pas jouer à mon propre concours ;)

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