barre horizontale




15 juin 2013

Philippe Droguet au MAC de Lyon : pourquoi venir pour Firman et repartir en pensant à des coquilles d'escargots

C'est vrai.  J'étais venue pour Daniel Firman. Pour voir un éléphant, quoi. Rien de plus normal lorsque l'on va voir du Daniel Firman (autre option, vouloir être ébloui par un néon).Sauf que oui, à part cet éléphant, que propose Daniel Firman dans cette exposition du Musée d'art contemporain de Lyon ?

Daniel Firman - Nasutamanus 2012
 
Eh bien, des œuvres un peu trop faciles pour que j'ai l'admiration idoine. Un appareil électroménager qui tourne sur lui-même, alors qu'il devrait simplement battre tambour. Bon. Des néons qui emballent d'autres appareils (on en a déjà parlé). Certes. Pas grand-chose autour. Non plus. Il y a bien cette installation si surprenante, trois guitares qui sont grattées comme par magie, au dessus de leur ampli respectif.

«La matière grise» est la première exposition monographique de Daniel Firman dans une institution muséale. Consécration indéniable pour le Lyonnais, prophète en son pays, mais pas d'enchantement pour le spectateur.

L'enchantement, lui, est à rechercher chez Philippe Droguet. Un mal pour un bien, j'ai découvert un artiste extraordinaire avec l'exposition «Blow Up» . Ce plasticien détourne avec poésie, provoque avec allusions à Boltanski (si j'ai bien compris), et surtout, étonne. Il y a chez lui des références qui ne peuvent que me toucher au surréalisme, à l'absurde, au fantastique, un imaginaire débordant et un bestiaire impressionnant. Preuve en est cette «Marine», réalisée avec un crâne de renard sur branche, des cure-dents et du plâtre.

Philippe Droguet - Marine 2003-2005
 
Vous avez bien lu. De près, de loin, à moyenne distance, cette bestiole vous hypnotise. Vous vous retrouvez fasciné, aussi, devant ces coquilles d'escargot dont on ne sait pas la provenance, océanique ou extraterrestre, si ce sont des pierres précieuses ou vénéneuses (les deux ?). C'est ce qui se passe avec nombre de ses créations. L'apparence vous saisit, la tentation vous submerge (attention, ne touchez pas l’œuvre pour en éprouver la réalité...), la compréhension du mécanisme vous démange. Mais il reste toujours de l'inconnu, de l'indicible.


Bref, allez au MAC de Lyon. Vous y verrez un éléphant, ce qui est toujours bon à prendre, car ça trompe toujours énormément, surtout ceux de Firman, et vous serez captivés par Droguet.

Revenez donner des nouvelles ensuite !


Philippe Droguet - Fléaux 2001-2004


Jusqu'au 21 juillet 2013

Musée d'art contemporain de Lyon
Cité Internationale
81 quai Charles de Gaulle
69006 Lyon

4 commentaires :

  1. Je ne connaissais pas Droguet, merci de la découverte !!

    RépondreSupprimer
  2. Ah tiens, je connaissais cet éléphant mais planté verticalement au sol sur sa trompe. Qui illustre d'ailleurs bon nombre de publications consacrées à la sculpture contemporaine. Déclinaison de l’œuvre initiale pour cet horizontal Nasutamanus? La Marine de Droguet m'est par contre une nouveauté et je suis emportée, moi aussi !

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour Philippe : Une amie de MACON qui possède toujours 2 de tes oeuvres. As-tu toujours le canapé en cuir de la rue de Lyon ? Amitiés : Annick

    RépondreSupprimer