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29 juillet 2013

Fragiles serments chez Molly Keane

Après la découverte de Caroline Blackwood, c’est une toute récente traduction de Molly Keane (1904-1996), «Fragiles Serments», qui nous ramène à l’Irlande et à ses aristocrates dans la première moitié du siècle dernier. Selon l’Universalis : «Élevée dans une grande demeure isolée de la campagne irlandaise, dans le comté de Kildane, entourée, comme il se doit, de gouvernantes qui suppléaient des parents absents, Molly Keane était destinée à devenir la digne représentante d'une espèce en voie de disparition : l'aristocratie terrienne encore fortunée.»
«Fragiles Serments» a été écrit durant ce que l’on a coutume d’appeler la première partie de la carrière de l’écrivaine, en 1935. En effet, après la mort de son mari Molly Keane n’écrivit plus pendant trente ans. Alors seulement après, elle publia quatre autres romans...

Encore une fois, la maison familiale est une toile de fond sur laquelle les personnages tentent d’imprimer leur marque. Lady Bird, qui ne vieillit pas, fait du jardin sa fierté. Son mari se retire régulièrement dans l'antre de son bureau/bibliothèque, son endroit préféré. Il y devise après dîner avec ses invités, au milieu d’un capharnaüm tenant autant du cabinet de curiosité que du grenier d’un antiquaire. Il a un faible pour les soirées passées avec Eliza, quasi-membre de la famille puisqu’elle se languit encore pour lui d’un amour de jeunesse sans retour -mais en silence, ce qui convient à une sincérité et une confiance mutuelle.
Sincérité ? Confiance ? Au moment où le fils prodigue revient dans la grande demeure irlandaise, chasse, pêche, nature et traditions n'empêcheront rien, sincérité et confiance ne tiendront pas.

John revient d’HP, pour des Irlandais pudiques une maison de repos, voire, un voyage à l’étranger. John n’a pas vraiment envie de faire semblant d’être parti à l’étranger, sa mère lui semble toujours aussi exaspérante - comme au lecteur - et il est un peu perdu devant sa soeur folle amoureuse et son petit frère à l'insouciance inchangée, quand lui revient de chez les fous…

J’ai apprécié ce roman, l’ambiance est tout à fait particulière, comme dans le livre de Caroline Blackwood, l’aristocratie irlandaise est dépeinte avec un certain humour anglais (peut-on le dire sans agacer les Irlandais ? alors parlons d’ironie) et l’on se demande où tout cela peut mener - avec ou sans drame ? larmes ?
Comme dans tous ces romans qui nous semblent british (façon «scones empoisonnés» n’est-ce pas), qu’ils soient anglais ou irlandais, personne n’en sortira de toute façon indemme. Pas même le petit Markie.

Si vous avez-lu ce livre ou d’autres romans de Molly Keane, qu’en avez-vous pensé ?

Fragiles serments de Molly Keane - Les éditions de la Table ronde, la petite vermillon 2013

«Lady Bird était sincèrement enchantée de voir son invitée, d’autant plus qu’elle jugeait son chapeau complètement raté, et aussi parce qu’elle trouvait à Eliza l’air vieux, fatigué et assez mal en point - comme se doit de paraître toute invitée ayant dix ans de moins que soi.» (p.15)

2 commentaires :

  1. J'ai plusieurs livres de Molly Keane dans ma PAL et cela fait longtemps que je veux me lancer.
    Ton billet confirme cette envie. Même si je pense que je commencerai par l'autre auteur que tu cites: Caroline Blackwood (je viens d'acheter Granny Webster)
    Très bonne journée.
    Claire

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    1. J'ai été parfois décontenancée par Granny Webster, j'attends ton avis avec impatience ! à bientôt sur nos blogs :)

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