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4 juillet 2013

Les Beaux Jours : le désoeuvrement d'une grande bourgeoise

Avec incrédulité et pas mal d’agacement, j’ai assisté à la projection des « Beaux Jours », dont seule la présence charismatique de Fanny Ardant a justifié que je reste visée au fauteuil de la salle de cinéma.

Tirée du roman «Une jeune fille aux cheveux blancs» de Fanny Chesnel, l’histoire est celle d’une toute jeune retraitée, Caroline, qui a claqué la porte de son cabinet dentaire : forte tête, on le comprend vite.
Une de ses filles, du genre qui veut bien faire (l’andouille !), a acheté à sa mère un bon cadeau pour des ateliers aux « Beaux Jours », établissement qui propose des activités au troisième âge... La jeune femme dont on se moque gentiment, celle dont on sous-entend qu’elle ne comprend rien à la vie, la vraie, celle qui vaut d’être vécue, parce que le film nous montre, comme « Copacabana » avec Isabelle Huppert (film de Marc Fitoussi, 2010)  que le nouveau 20 ans n’est pas 30, n’est plus non plus 40 ou 50, mais carrément 60. C’est cela oui…

Car pour que sa mère trompe son ennui avec un -plus tout- jeune homme (Laurent Lafitte), il a fallu que son job de dentiste lui permette de rester belle, bien conservée. La Phèdre d’aujourd’hui, la cougar comme on dit, n’est pas une femme épuisée par son travail, le manque d’argent et les difficultés familiales. Ou alors, je demande des contre-exemples ! Malheureusement, qui m'en fournira ?
« Les Beaux Jours » a été littéralement encensé par la critique, je n’ai lu à son propos que des superlatifs exorbitants. Certainement, je n’ai pas saisi la complexité de cette intrigue cousue de fil blanc, tout comme je n’ai sans doute pas compris ce qui était censé être subtil dans « Le temps de l’aventure ». Seule jeune femme dans la salle, j’ai par contre bien intégré qui était la cible marketing du long-métrage : celles qui se rêvent à la place de Caroline, mais qui ne le seront jamais. Je ne comprends pas qu’elles n’aient pas fui loin de ce mirage. Personnellement, je me suis demandé ce que je fabriquais là...
 
Malheureusement, je ne peux pas vous parler de l’adaptation littéraire en elle-même car je n’ai pas ouvert le roman de Fanny Chesnel.
Néanmoins, pour le synopsis, il suffit de prendre un shaker, d'y jeter les chansons de Barbara « Le bel âge » et de Dalida « Il venait d'avoir 18 ans », d’ajouter « Chéri » de Colette, et … tout ça n’est guère original, n’est-ce pas ?

La morale est sauve. Patrick Chesnais, Fanny Ardant - © Le Pacte

7 commentaires :

  1. "La Phèdre d’aujourd’hui, la cougar comme on dit, n’est pas une femme épuisée par son travail, le manque d’argent et les difficultés familiales."

    Bien vu ;)
    On capte ça dès la bande annonce, d'où mon refus total d'aller voir ce film...
    Bises,

    Léa

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    1. Tu as été perspicace et moi aveuglée par la présence d'une comédienne que j'adore...

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  2. Comme tu le sais, je n'ai pas aimé non plus, tout comme je me suis ennuyée devant "Le temps de l'aventure"...

    En revanche, je me permets de le redire ici: le roman de Fanny Chesnel est mille fois mieux que l'adaptation, plus riche et le personnage de Caroline m'a beaucoup fait rire! ;)

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    1. C'est pour cela que j'ai bien précisé que je n'avais pas lu le roman et que pour parler de l'histoire, j'ai utilisé le terme synopsis... Je voulais me garder de toute appréciation en cascade. J'espère avoir l'occasion de me plonger dans le livre sur ton conseil, mais pour l'instant ma PAL est trop haute ;)

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  3. Je l'aime d'amour moi aussi et pourtant...
    Et puis la promo autour : un film soi-disant "anti-cougar".
    Non mais c'est quoi cet acharnement sur les cougars ? Déjà le mot me répugne.
    Encore une preuve qu'on ne pardonne rien aux vieux de nos jours...

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    1. Oui tout à fait tu as absolument raison, c'est justement pour cela que j'ai employé à dessein ce mot, qu'elle réfute, notamment dans son interview dans Elle.. Finalement tout cela est assez hypocrite.

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  4. J'ai moyennement apprécié ce film (alors que j'avais beaucoup aimé "Le temps de l'aventure"). La grande bourgeoise...c'est vrai, bien sûr, mais ça existe !!
    Par contre, je ne suis pas vraiment d'accord sur le terme de "cougar" qui pour moi désigne plus un "mode de fonctionnement", alors que dans ce film, c'est il me semble la relation est plutôt opportuniste...
    J'ai bien aimé le personnage et la prestation de Pierre Chesnais. Fanny Ardant, pour qui je suis allée voir le film, m'a parfois un peu agacée. C'est un film qui se laissera vite oublié.

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