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25 août 2013

Fragonard, l'invention du bonheur ... qui se lit sans ce dernier.


Plus rien ne va entre Sophie Chauveau et moi. Il y a longtemps, enfin, quelques années, j’avais redécouvert la peinture italienne avec elle. La trilogie Lippi-Botticelli-Vinci m’avait éblouie. Elle racontait la vie des peintres, dans une langue sans prétention, et, nous attirant dans leur intimité, nous passionnait pour les commandes de ces artistes illustres. Enfin, moi, j’étais passionnée.

Puis est arrivée cette biographie pénible sur Diderot, « le génie débraillé ». Un livre qui n’en finit pas, qui ressemble à du recopiage d’innombrables sources. On dirait que l’auteure a maintenant trop de temps pour écrire : ses romans enflent. Idem pour « Fragonard, l’invention du bonheur », sorti récemment en poche chez Folio, 534 pages au compteur.

Quid des retrouvailles de Sophie Chauveau avec la peinture ? J’espérais être à nouveau portée par celle que je considérais encore il y a peu comme notre Tracy Chevalier à nous. Mais ce roman est lourd, à l’instar de la biographie de Diderot. Un luxe de détails pénible, un encyclopédisme barbant. Le pire est sans doute lorsque le récit aborde la fin du XVIIIème siècle-début du XIXème, la dernière partie du livre. En effet, c’est à un cours ennuyeux d’Histoire de France que se livre l’écrivaine. De la Révolution à l’Empire, les dates sont égrainées, guère d’ellipse ni de subtilité, quant à ses commentaires, on s’en passerait : elle se fait presque intrusive. On doute franchement que ce soit Fragonard qui pense, ce sont plutôt ses opinions qu'elle lui prête.
Quel dépit…

Enfin, parce qu'il faut bien rire, j'ai été très amusée par un détail : dans la biographie de Diderot, celui-ci meurt en mangeant un abricot. Dans cette biographie de Fragonard, devinez-quoi ? Fragonard meurt d'un sorbet à l'abricot. Le fruit préféré de l'auteure ?

Reste que je ne saurais dénier à Sophie Chauveau un talent particulier : le choix de ses héros. Lorsque l’on commence une biographie, on souhaite la terminer, on veut apprendre, on y tient. Alors on garde le livre en mains, quitte à sauter des pages et soupirer quand l’ennui devient trop grand.

Après deux déceptions, son prochain roman ne viendra pas grossir les étagères de ma bibliothèque.

2 commentaires :

  1. Je me souviens lorsque j'ai lu son Lippi, j'avais trouvé des critiques qui l'attaquaient sur son manque de rigueur historique. Du coup, en lisant, ton avis, je me dis qu'elle a peut-être voulu tenir compte de ces remarques et rectifier le tir. Mais apparemment, elle tombe dans le travers opposé qui est de faire un peu "encyclopédie". C'est dommage parce que le sujet Fragonard m'intéressait pas mal. Il me reste quand même le Botticelli dans ma PAL.
    En tout cas, merci pour ta belle critique constructive. :-)

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  2. Ah c'est très intéressant, car je n'ai pas lu de critiques, pour ma part, à ce moment-là. Tu as sans doute raison ! Le Botticelli est bien, mais mon préféré reste incontestablement le Lippi :) Bonne lecture à toi et merci pour ce commentaire complémentaire de ma critique.

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