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9 août 2013

La comtesse de Ricotta : découvrez la Sardaigne de Milena Agus

La ricotta est, comme vous ne l’ignorez pas, un fromage à pâte fraîche, qui est largement produit en Italie.
Que l’on puisse être comtesse d’une appellation d’origine contrôlée n’est pas impossible, mais là, malgré la fatigue, j’avais flairé (bien que la ricotta ne sente pas grand chose - étant essentiellement constituée de lait et de crème fraîche) que cela puait le surnom à plein nez.

Digressions plus ou moins réussies mises à part : cela faisait quelques temps que le nom de Milena Agus ne m’était plus étranger. Mais il s’était en quelque sorte imposé, avec le succès de «Mal de pierres», et je me méfie de ce qui se vend trop bien - chacun ses tics et tocs.
Il fallait une rencontre impromptue entre un livre de l’auteure et moi pour que je la découvre, sans tumulte autour - par exemple à la faveur de cette pile de la version poche de son dernier livre traduit en français, «La comtesse de Ricotta», alors qu'il me fallait quelque chose pour le train - vite.

Je vous cite le début de la quatrième de couverture, pour changer : « Le palazzo familial se délabre, la plupart des appartements ont été vendus et les trois soeurs se partagent ceux qui restent. Seule l'aînée, Noemi, rêve de reconquérir le faste perdu et de restaurer la demeure sur les hauteurs de Cagliari.»
 
Comme chez Michela Murgia, la Sardaigne m'est apparue comme un endroit à la poésie quotidienne et tranquille, simple et toutefois secrète.
Dans ce petit livre, il y a une maison familiale qui tient un rôle prépondérant (décidément, l'été est une période propice aux lectures envahies par des demeures familiales au rôle éminent !), trois sœurs dissemblables mais unies, de la vaisselle comme fil rouge et l’idée que, d’un seul coup, peut naître «un étrange, un absurde espoir de bonheur». 

L’écriture, faussement naïve, rappelle sans cesse le conte. Il y a même les promesses d’une petite gitane qui prédit la fin des malheurs des aristocrates déchues… Mais l’histoire se termine sans que l’on en sache vraiment quelque chose.

Finalement, je comprends facilement le succès de Milena Agus : une écriture enlevée, pas de descriptions superflues, des dialogues simples, une morale de bonne humeur, à savoir : il faut tenter d’y croire. Le fromage serait sans doute un peu lourd sans cette douce mélancolie qui traverse le livre.

Un peu déçue par la brièveté du roman (119 pages), je vais tenter un autre titre. Que me conseillez-vous si vous avez lu les précédents titres de l’auteure ?

Un peu de ricotta ? OK j'arrête.

«La comtesse de Ricotta», de Milena Agus - Liana Levi piccolo 2013

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