barre horizontale




26 septembre 2013

Colours In The Dark : Tarja porte toujours haut le romantisme noir

Tarja. Replaçons le décor d’origine. Fin des années 90.
Après un premier album qui alerte l’oreille des spécialistes métal, «Oceanborn» dissipe l’hésitation : Nightwish, groupe de métal symphonique, est bien la figure de proue d’un courant qui n’aura de cesse de diviser, entre détracteurs du métal-sympho-forcément-à-chanteuse-superbe et amateurs de vocalises sur métal plus ou moins «néo» (plus ou moins affranchi des années 70, fondatrices à en devenir envahissantes).
 
Le clivage s’installait : jusqu’ici, les chanteuses de métal ou de hard-rock faisaient comme les mecs, de Doro à Lita Ford : bières et blagues de cul assénées d’une voix cassée par des excès revendiqués, futals de cuir usés.
 
Avec Tarja et puis, très rapidement, Sharon den Adel (Within Temptation), Simone Simons (Epica), Liv Kristin (Leaves’ Eyes), c’est l’affirmation de la féminité de chanteuses lyriques stars, maquillées, décolletées, photoshoppées. La belle dans un monde de bêtes ? La bataille continue entre métalleux, comme sur les sites spécialisés dans les études de genre.

Revenons à Nightwish. Après la parution de «Once», en 2004, une tournée triomphale, l’éviction grossière et ingrate de la chanteuse Tarja Turunen par le reste du groupe crée une rupture entre les fans. Il y a ceux qui continuent d’écouter Nightwish - et ceux qui choisissent Tarja. J’ai choisi Tarja.

Chose que je n’ai guère regretté : «My Winter Storm» comme «What Lies Beneath» sont des albums somptueux et après tout, c’est elle qui a chanté pour l’anniversaire de l’indépendance de la Finlande.

Maintenant que le décor d’origine, comme l’actuel, est à peu près dressé, il faut dire que depuis quelques semaines est sorti le troisième album de la chanteuse, «Colours In The Dark». J’avais quelques inquiétudes, parce que son titre comme les annonces prédisant des «éléments nouveaux» dans le style de la chanteuse m’inquiétaient presque. En effet, si Tarja passe pour réactualiser régulièrement ledit style, cela n’est repérable que pour les passionnés, alors si de véritables évolutions... bref. Inquiétude cependant rapidement évacuée : l’album s’ouvre par un titre calqué sur le Boléro de Ravel. On est donc en terrain connu, et, bien heureusement, rien de nouveau sous le soleil (noir). La majorité des titres, comme celui-ci, sont efficaces, avec des refrains entraînants... jusqu’au spleen.

Même lorsque les titres sont presque pop, cela reste dark («500 letters», et évidemment le très énergique «Never enough»). On ne peut pas en dire autant de certains groupes de la mouvance goth-sympho - dont on taira, par amabilité, les noms. Les ballades sont également de grande qualité, évoquant des duos passés inoubliables, comme sur «Walking with the angels» avec la blonde Doro. À propos de duos, dans un pied de nez magnifique à Nightwish, Tarja chante avec Sharon den Adel de Within Temptation -rivaux éternels- sur le single éponympe de l’EP du groupe “Paradise (What About Us?)» qui sortira demain.
 
Tarja & Sharon
 
Certainement peu objective à propos d’une artiste que j’admire depuis si longtemps, je comprends assez mal les critiques à propos de morceaux comme «Mystique voyage», chanson mélancolique qu’il faut prendre le temps d’apprécier et dont le psychédélisme n’est pas si marqué qu’on veut bien le dire - que les contempteurs se replongent dans les volutes de véritables morceaux de ce genre, et reparlons-en.

Par ailleurs, ce qui ne gâche rien, comme sur ses deux précédents albums solos, Tarja bénéficie d’une production impeccable, léchée, derrière laquelle on devine son perfectionnisme exacerbé.
Enfin, pour les pénibles, Tarja poste désormais des photos d’elle sans make-up sur Facebook. Et alors que sévit la mode de la licorne et du papier irisé, on salue l’abandon de la saturation en bleu et violet de toute image la représentant.



Dates de tournée en France :  
4 novembre - Paris / Bataclan
3 février 2014 - Toulouse / Bikini
4 février 2014 - Marseille / Espace Julien
6 février 2014 - Lyon / Transbordeur

«Paradise (What About Us?)» - Within Temptation, BMG Rights 2013

1 commentaire :

  1. Bientôt 10 ans que je n'avais plus écoutée Tarja, tu viens d'y remédier ;)

    RépondreSupprimer