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19 septembre 2013

La Transcendante : sur les traces de Hawthorne, une bibliothérapie fervente - Rentrée littéraire 2013 #3

Récemment inscrit sur la liste du Renaudot, le dernier roman de Patricia Reznikov est un livre audacieux. Car il fait écho, plus de 150 ans après l’écriture de «La lettre écarlate» de Nathaniel Hawthorne, à ce chef d’oeuvre de la littérature américaine. Pour celles et ceux qui auraient séché les cours de Lettres, ce roman raconte l’histoire d’Hester Prynne. Reconnue coupable d’adultère, elle échappe de peu à la sentence de mort, à laquelle est substituée une peine d’infamie : l’apposition de la lettre «A» sur la poitrine, afin que chacun sache de quel crime elle s’est rendue coupable.

«La Transcendante», c’est le roman d’initiation d’une femme, Pauline, qui croit avoir tout perdu. Dans l’incendie de son appartement, tout a brûlé. Presque tout, et, c’est certain, l’essentiel : sa bibliothèque… «Tous les auteurs que j’aimais, ceux qui m’avaient aidée à me construire, ceux qui m’avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée.» Néanmoins, le destin, ou le hasard, peu importe, a préservé un seul ouvrage : cette «Lettre écarlate» que Pauline souhaitait relire. Ne sachant comment réapprendre à vivre, Pauline part à Boston, sur les traces de Hawthorne.


graphisme © vivelaroseetlelilas
 
Au début du roman, Patricia Reznikov ne dévoile rien sur son héroïne. C’est alors que celle-ci se confronte de nouveau à l’altérité, à l’amitié, que le lecteur la découvre peu à peu.

Quel est le sens à donner à ce livre épargné par les flammes ? Pauline le cherche douloureusement, guidée par une bonne fée, Georgia, qu’elle rencontre très vite après avoir atterri de Paris, encore «hibou délogé de son trou». Georgia, une bonne fée, presque une mère pour Pauline, mais qui compose avec ses démons, elle aussi. Parfois, Pauline la retrouve grimée en homme, en élégante, et même, en petite-fille. Georgia est un très beau personnage, que j’ai trouvé extrêmement émouvant. Pauline est triste, égoïste dans sa douleur. Il est facile de se reconnaître dans son personnage, contemporain. Georgia est une pure créature de fiction, un être comme il n’en existe guère autour de nous. Elle prend Pauline par la main, au sens propre comme au figuré. Elle se dépasse pour elle. L’emmène sur les traces des Transcendantalistes, ce «mouvement qui voulait prolonger la ferveur des premiers puritains et l’ardeur libertaire de l’Indépendance». Comme le vieux professeur qu’elle est, elle convoque Emerson, elle invoque les pérégrinations de Thoreau. Pauline finit par pousser, à nouveau, la porte d’une librairie. L’espoir renaît.

Je n’en dévoilerai pas davantage sur cette intrigue. C’est à un voyage en Nouvelle-Angleterre qu’elle invite, pour marcher à notre tour dans les pas de Hawthorne, nos pas guidés par la Georgia que l’on découvrira - forcément.

Ce week-end, vous pourrez lire une interview de l'auteure !
 

1 commentaire :

  1. J'ai un souvenir très vif (hmmpf...) de la lecture de la Lettre écarlate, je songe même à en faire étudier un extrait à mes élèves. C'est avec une grande curiosité que je lirai, j'espère, cette filiation.

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