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17 octobre 2013

De bonnes raisons d’aller voir Braque au Grand Palais – et d’autres de s’abstenir.

Disons le franchement, encore une fois j’ai failli ne rien écrire après la visite d'une exposition. Travail toujours ingrat, tâche forcément mieux assumée par un journaliste spécialisé, et travail assez agaçant puisque ne suscitant chez mes lecteurs que de rarissimes commentaires. Cette fois, je me jure de vous faire réagir. Allons-y gaiment.

  
De bonnes raisons d’y aller :

- La dernière expo Braque, vous n’étiez pas né ou absent de Paris (1973-1974 à l’Orangerie), la prochaine, vous serez donc sûrement mort.

- Vous étiez persuadé que les oiseaux stylisés, c’était forcément Matisse. Cette exposition vient, rien que par la force de son affiche, améliorer votre connaissance de l’histoire de l’art.
 
- Du coup, forcément, vous allez en apprendre, sur le fauvisme, le cubisme, l’abstraction, bref, Braque, c’est de la peinture, de la sculpture, des collages, grandes révisions de l’histoire de l’art au XXème en perspective, extraordinairement rentable cette exposition.

-  Braque, né en 1882 et mort en 1963 se réalise pleinement en travaillant avec Picasso. Pourtant, lorsqu'il revient blessé du front de la Grande guerre, leur amitié se brise. Où on comprend aussi comme un courant artistique, cela tient beaucoup à la camaraderie... Pendant la Seconde Guerre Mondiale, travaillant dans l'atelier construit par Paul Nelson, il s'essaie à la sculpture. Cet épisode de sa vie m'a fait penser au film de Fernando Trueba, «L’artiste et son modèle».
 
Georges Braque, L’oiseau noir et l’oiseau blanc,1960 © Adagp

De bonnes raisons de s’abstenir :

- Une expo où le Tout Paris se presse, cela implique d’entendre les gens répondre au téléphone pour préparer le brunch du lendemain pendant que vous tentez de vous approcher des œuvres. Personne n'a rien à dire sur ces dernières, car la promiscuité empêche de dire la poésie de celles-ci.

- Car oui, non seulement vous faites la queue, votre billet coupe-file en main (comme tout un chacun), mais en plus, il y a trop de monde (sauf si vous y êtes allés le lendemain de la nuit blanche, ça ne compte pas).
 
- Le prix du ticket coûte le prix d’une petite monographie d’introduction à l’artiste, par exemple « Le petit Dictionnaire Braque du cubisme en 50 objets », par Dominique Dupuis-Labbé, que vous pouvez lire chez vous, sans enfant brailleur ni vieille personne empiétant sur votre espace vital. Ça fait réfléchir.

Image de mes sources réalisée à partir de l'application mobile "La fabrique cubiste avec Georges Braque" sur Iphone
 
Je vous laisse, maintenant, à votre arbitrage ! Et ceux qui ont vu l'exposition, j'attends vos avis, bien sûr.

Jusqu'au 6 janvier 2014.

Georges Braque
Grand Palais, Galeries Nationales
3 Avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

16 commentaires :

  1. Voir la photo d'une oeuvre d'art n'est une expérience comparable à la visite d'une expo ! J'avais vu Braque-Laurens, un dialogue (en 2006 à Lyon) et ça valait vraiment la peine !!!

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    1. Ah, je savais qu'il y aurait des réactions ! ^^ Je suis tout à fait d'accord avec toi - sur le principe. Mais pour certaines œuvres, encore faut-il arriver à les saisir, en une fois, et pas coupées, à chaque instant, par un bras, une tête, et j'en passe. Peut-être qu'à Lyon les conditions de visite étaient meilleures, aussi, je ne sais pas ?

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  2. J'ai eu la chance de voir l'expo très peu de temps après son ouverture, et l'affluence était plus que raisonnable (en dehors d'un groupe de seniors enclins aux réflexions peu subtiles faites à tue-tête). Dans ces conditions, cette expo est très agréable. Mais je suis d'accord avec toi : le Grand Palais est devenu un endroit à la mode où se pressent quantité de gens mal éduqués et finalement peu intéressés par les oeuvres. A quand un brouilleur empêchant les communications avec les téléphones portables ?

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  3. J'aime bien ton article! Je te rejoins sur un point : pourquoi les gens viennent voir (ou être vus?) à des expos avec leur téléphone portable dont ils ne peuvent visiblement pas se détacher, des enfants en bas âge qui ne peuvent pas comprendre (et qui n'ont pas envie de comprendre l'expo), Du coup, j'évite assez souvent les grosses expos (celles dont on voit les affiches publicitaires dans les couloirs du métro).

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    1. Eh oui...! Malgré tout ces grosses expos ont leurs avantages (budget scéno notamment...) et c'est pour ça que j'ai voulu faire un pour/contre !

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  4. Allez maintenant tu nous fais un papier sur "La Tour 13" (où d'ailleurs autant de monde se presse mais pour une capacité d'environs 60 personnes, soit des heures d'attente), et on finit par dire qu'il vaut mieux acheter "Paris : De la rue à la galerie" (en vente dans toutes les bonnes librairies).

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    1. Ah non, tu viens de le faire, donc cela m'enlève un peu de travail, ça ne se refuse pas ^^ (dire que j'ai failli projeter de m'y rendre...).

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    2. Non, mais si tu as le temps et de la patience en stock (ce dont je ne doute pas ^^), c'est plutôt un bon moment.

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  5. Finalement on a l'air de plus s'amuser avec l'application "La fabrique cubiste avec Georges Braque" (cf ton post) qu'à l'expo ! Vive DIY Braque !

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    1. C'est vrai que l'appli est super bien faite, marrante, et gratuite ! Dans le genre DIY Braque, mais incongru, le nail art Braque (sisi) : http://www.bourjois.fr/looks/looks-bourjois/les-indispensables-nail-art-inspiration-cubisme.html

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  6. Et bien moi, senior e débutante, provinciale et n'ayant pas forcément de commentaires géniaux à faire sur chaque oeuvre, j'ai beaucoup apprécié et appris sur George Braque. Certes, il y avait un peu trop de monde, les poussettes sont encombrantes et oui, les téléphones devraient être éteints !
    Mais les expositions doivent-elles être réservées à une élite sachant déjà "presque" tout sur l'artiste ? N'a-t-on pas le droit - surtout si on est ignare - d'essayer de s'instruire ?
    Je vous trouve bien sévère... Cordialement.

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    1. Je crains, comme j'ai par ailleurs déjà eu l'occasion de le dire, que les "débutants" n'ont guère à gagner à partager leur contemplation avec des malotrus.
      Je suis, comme le suggère Mrs Pepys, favorable aux brouilleurs ;o)

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  7. Il y a aussi une autre approche des expos, c'est de les faire avec des conférenciers, ça change tout. C'est plus cher, bien sur, mais et alors ? Un livre, une place de cinéma, une visite, ... Tout a un prix et celui d'un conférencier est largement justifié. Dans un groupe avec conférencier, il n'y a que des personnes réllement intéressées, pas d'appels sur mobiles et peu d'enfants dissipés. Les conférenciers d'aujourd'hui ont des points de vue inédits et de l'humour, je ne ferai plus de visite autrement. :-)

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    1. Oui, c'est vrai, vous avez raison, c'est une toute autre approche. Mais elle implique aussi de se laisser guider par le conférencier, qui parfois, je l'ai regretté, choisit et c'est normal les œuvres liées à la problématique de son intervention - et le regard n'est pas complètement libre, si je puis le résumer ainsi. Néanmoins vous avez raison, je devrais tout de même revoir l'équilibre de mes visites - avec et sans ;)

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