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4 janvier 2014

Frida Kahlo et Monsieur à l'Orangerie : le contraste entre une peinture spectacle du monde et une peinture spectacle de soi

Pourtant, j’aime beaucoup son blog. Mais lorsque j’ai vu qu’à propos de l’exposition « Frida Kahlo / Diego Rivera, L'art en fusion », Lunettes Rouges titrait « Diego Rivera et Madame », j’ai eu un haut le cœur. Je suis allée visiter cette exposition lors des premiers jours d’accrochage à l’Orangerie, et bien plus que pour le muraliste, je crois bien pouvoir affirmer que les visiteurs étaient là essentiellement pour  « Madame ».
Ne lui en déplaise, « Kahlo ne peint pas qu'elle-même »… pour elle-même, ce qu’il semble dire.

Diego Rivera, Autorretrato con Chambergo
 
Oui, il y a bel et bien une Fridamania, qui n’existe que parce que l’artiste touche profondément un large public ! J’ai été choquée que cette critique oppose le geste de Rivera et de Kahlo. Rivera, un colosse, pouvait bien sûr être l’auteur de fresques murales. Comment Frida, brisée physiquement et moralement dans un accident de tramway dans lequel elle aurait dû périr aurait-elle pu faire de même ? Le handicap qu’a généré cet accident ne pouvait lui permettre, oui, qu’un geste « minutieux » et « précieux ».

Frida Kahlo, Autorretrato con changuito

Et alors ? C’est bien ce que montre l’exposition, le contraste entre une peinture spectacle du monde et une peinture spectacle de soi – et qui nous laisse les aimer chacune, ou en préférer l’une à l’autre. Je l’avoue, la peinture politique de Diego Rivera ne me plaisait pas avant de visiter l’exposition, je ne l’ai pas davantage appréciée à l'Orangerie. J’ai découvert par contre avec plaisir la peinture de ses années de bohème, sous influence européenne. Et, évidemment, contempler les toiles de Frida Kahlo, alors que cette exposition n’a bien failli jamais se faire, déprogrammée au moment de l’affaire Florence Cassez en 2011, était extraordinairement touchant.
 
Le propos de l'exposition est résumé ainsi par l'institution : «mieux entrevoir les univers artistiques si différents [des deux peintres], mais également si complémentaires par cet attachement commun et viscéral à leur terre mexicaine : cycle de la vie et de la mort, révolution et religion, réalisme et mysticisme, ouvriers et paysans». L'attirance des contraires...

J’ai déjà eu l’occasion de revenir sur la vie tumultueuse de l’artiste avec la biographie que lui a consacré Gérard de Cortanze, je vous invite à la relire avant la visite urgente des salles de l’exposition qui fermera ses portes le 13 janvier… et vous donne rendez-vous très vite pour un autre billet consacré à Frida, avec un concours !

4 commentaires :

  1. Merci pour ces informations éclairantes ! Je devrais aller voir cette exposition samedi prochain :)

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  2. Une exposition que j'ai adorée. Et clairement, j'y suis allée pour Madame. ;)

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