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13 janvier 2014

L'Astragale, le retour d'Albertine

«L’Astragale». Le roman d’Albertine Sarrazin, récemment réédité et préfacé par Patti Smith chez Pauvert trouve une magnifique adaptation BD grâce à Anne-Caroline Pandolfo pour le scénario et Terkel Risbjerg pour le (superbe) graphisme.

L’astragale est ce petit os du pied qu’Albertine se brise en s’évadant de la prison où elle purge une peine pour braquage. Nous sommes en 1957, Albertine a 19 ans. Elle racontera cela dans un livre paru en 1965 et qui prendra pour titre cet os qui l’empêche de fuir complètement. Recueillie par Julien, en cavale comme elle, elle est cachée dans des endroits plus moins glauques…
 
Albertine : un prénom d'emprunt choisi par Jean-Jacques Pauvert, qui évoque l'éternelle jeune femme (elle meurt à 29 ans) dans la préface au roman graphique. Comme l’Albertine de Marcel Proust, Albertine Sarrazin parle argot et aime les filles.
 
Mais pas que, puisque Albertine tombe éperdument amoureuse de Julien, qui la protège mais est aussi un quasi-souteneur, et Albertine de faire le trottoir, plus ou moins pour lui.

Le dessin de Terkel Risbjerg est plutôt rude, âpre comme le destin d’Anne-Albertine : charbonneux, épais. Il se fait plus tendre pour les deux amants, mais la noirceur reste omniprésente.

Après «Mine», précédente création du couple, j’ai beaucoup apprécié cette nouvelle collaboration à quatre mains. Lecture à réserver cependant à un moment de large optimisme : si les années 50 disparaissent derrière le récit, c’est sans doute pour mieux souligner son intemporalité...



«L’Astragale» d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg d’après Albertine Sarrazin - Éditions Sarbacane 2013

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