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3 janvier 2014

Lilette, la misère est-elle vraiment moins pénible au soleil ?

Alors qu’un terrible cyclone s’éloigne de la Réunion, une association d’idée certes facile me conduit à une lecture récente : « Lilette », de Claude Durand.
Dans ce livre, un jour, sur un îlot des Caraïbes, le volcan autrefois au cœur de rites initiatiques déborde et ne laisse qu’une seule et unique survivante, Lilette.
Son histoire nous est narrée par un journaliste curieux …

Le nom de l’écrivain, Claude Durand, ne me disait rien. Pourtant, il a longtemps été éditeur chez Fayard (mais on ne peut pas tout savoir, n’est-ce pas).
 
Même s’il est difficile d’écrire après la critique admirative d’Erik Orsenna au moment de la parution de « Lilette » aux éditions de Fallois, je vais tenter de vous dire avec mes mots à moi les mots de Claude Durand. Car ce sont surtout ses mots qui m’ont troublée : ce fut presque une stupéfaction de découvrir son écriture précieuse.
 
Claude Durand écrit des phrases telles que celle-ci : « On sait que les cyclones qui balaient année après année les parages, ravagent et arasent tantôt une partie de l’archipel, tantôt une autre, traversant en diagonale tout l’Océan, charriant des nuées de sable du désert, s’élargissent et forcissent d’autant plus qu’est long leur parcours de toupies géantes barattant le ciel, la terre et les eaux. »

Lilette est un étrange personnage de femme. Orpheline, travaillant très dur et très jeune, elle semble pourtant vivre à côté de son existence - un jour, cependant, elle entreprendra un certain voyage...
 
D’un caractère stoïque, elle vaque à ses occupations laissant son petit monde tropical légèrement changer : la corruption, la spéculation qui heurtent progressivement l’îlot ne l’atteignent pas.
La vie de Lilette est si simple qu’il paraît incongru de s’y attarder. Pourtant ses gestes, accomplis si précisément par une main qui compte six doigts nous engourdissent ; comme le style de Claude Durand, ce qui est à la fois agréable et agaçant.
« Lilette » nous force à prendre le temps de la lecture, le temps de l’imaginer trimer.

Viendrez-vous prendre un verre à l’Huître perlière ? Lilette vous contera alors comment elle a tragiquement appris à lire…

2 commentaires :

  1. Je n'ai absolument pas réussi à entrer dans ce livre : ni le thème, ni le style n'ont su me séduire mais je suis heureuse de voir qu'il plait !

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    1. Il ne m'a pas énormément plu, mais il m'a intéressée et touchée, c'est déjà cela ;)

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