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26 janvier 2014

Londres par hasard, itinéraire de Tara Jupp, alias Cherry Merrywel

Attention, post à déconseiller aux garçons. J’annonce la couleur immédiatement, que l’on ne me tombe pas dessus à bras raccourcis. D’ailleurs, les filles qui ne goûtent guère la guimauve peuvent également arrêter ici même la lecture de cette note. Il faut dire que moi même me suis laissée empêtrer dans cette histoire d’Eva Rice, et qu’il a bien fallu une bonne après-midi d’hiver pour je termine enfin cet énorme pavé malheureusement assez dispensable.

Alors pourquoi cette opiniâtreté de fort mauvais aloi ? Tout simplement, «L’amour comme par hasard», malgré un titre français absolument niais, était génial. L’auteure y racontait une amitié de filles déjà, certes, mais on ne se débattait pas dans la chicklitt la plus pataude.
Ici, on retrouve certains des personnages de «L’amour comme par hasard», mais la narratrice, Tara Jupp, est un tel prototype d’oie blanche déniaisée par le Londres des années 60 que l’on s’interroge : Eva Rice a-t-elle voulu tant profiter du succès de son best-seller précédent qu’elle en a bâclé sans vergogne cette «Misinterpretation of Tara Jupp» ?

Croisant la route des Rolling Stones, hébergée dans une demeure victorienne conservée intacte dans son jus de papiers peints Morris, séduite par un photographe de mode, Tara Jupp devient en quelques semaines une star, Cherry Merrywel, par la grâce de sa voix incroyable -et des talents de son manager.
L’auteure ne recule devient rien et le conte de fées est déroulé comme il se doit, platement. Bien évidemment, en moins de temps qu’il ne faut pour le raconter, cette fille à papa de pasteur couche avec le premier beau gosse venu. Pendant tout le début du livre, Tara est obsédée par tous les principes moraux assénés par son père, mais il suffit d’un trajet à Londres pour que sa stricte éducation disparaisse comme par magie et qu’elle n’éprouve qu’une vague culpabilité à l’idée de boire comme un trou comme de coucher sans être mariée.

 
Le pire n’est pas de nager en pleine caricature du Swinging London, c’est que le livre est beaucoup trop long et que l’on s’ennuie ferme.
Alors bien sûr, Eva Rice sait ménager des effets d’annonce et le minimum de suspense qui fait que les pages se tournent facilement. Mais si vous devez lire un livre d’elle, limitez-vous à «L’amour comme par hasard»... à conseiller également aux garçons.

1 commentaire :

  1. J'ai été moins dure que toi, car j'adore tellement l'Angleterre et l'époque qu'elle évoque, que mon seul regret est d'y avoir croisé les Stones et non les Beatles ! Sinon, effectivement, le premier reste bien meilleur, peut-être à cause de l'aspect "nouveauté"...

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