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30 mars 2014

Ode au père : Yassaman Montazami se rappelle...

Dans un petit livre autobiographique qui se lit d’une traite, Yassaman Montazami évoque un père merveilleux, un intellectuel drôle et brillant - même si terriblement improductif.
 
« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. "Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas", affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait œuvrer à l’abolition du salariat et être salarié – c’était incompatible. »
 
Behrouz signifie «le meilleur des jours» en persan. Iranien marxiste, il travaille à une thèse qu’il ne terminera jamais et s’inquiète de la dévotion suscitée par l’ayatollah Khomeiny, consterné devant les femmes se nouant un foulard sur les cheveux avant d’entrer s’agenouiller devant le guide. «Remarquez, disait-il avec ironie, c’est bien : comme ça vous aurez de l'entraînement lorsqu’il aura pris le pouvoir.


 Son appartement parisien devient rapidement un refuge pour les exilés de la révolution… Yassaman Montazami se souvient avec bonheur, délicatesse et une infinie tendresse de ce père tant aimé dont elle a senti venir les derniers instants. J'ai ri des frasques de cet original et me suis émue de le voir trouver l'amour tardivement, après son retour à Téhéran.

Les chapitres, très courts, rythment un récit enlevé et comique malgré la douleur de la perte.
Un petit livre superbe, à conseiller à tous ceux qui étaient passés à côté de la première sortie de l'ouvrage lors de la rentrée littéraire de septembre 2012.

«Le meilleur des jours» de Yassaman Montazami - Points 2014

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