barre horizontale




7 avril 2014

Hubert Ballay : une des plus belles histoires d’amour de Barbara

Dire que la couverture de ce livre, et son titre bien évidemment n’ont pas été pour beaucoup dans le choix de cette lecture serait mentir. Cette chanson de Barbara, cette photo d’elle attire logiquement tout passionné de la longue dame brune.

Si l’ouvrage d’ailleurs ne lui est pas entièrement consacré - après tout, il s’agit des mémoires d’Hubert Ballay, pas d’une énième biographie de la chanteuse de l’Écluse, les fans de Barbara y trouveront tout de même du grain à moudre. Parce qu’Hubert Ballay, c’est lui, l’homme au retour attendu, que Barbara met en garde : tout le temps perdu ne se rattrape plus…

Hubert Ballay, né en 1928, est un personnage. Je ne le connaissais qu'au prisme de son histoire d’amour avec la chanteuse, mais lui-même mérite qu'on s’arrête sur son parcours atypique.
 
Je dis un personnage parce qu’a peine pubère, Ballay était résistant, parce qu’à peine diplômé, déjà envoyé en Afrique de Niamey à Dakar, il fait le lien entre les hauts responsables africains (et parfois futurs chefs d’État - ou de guerre) et l’entourage de De Gaulle.
Il contribue à l’élaboration des législations de sécurité sociale en Afrique, essentiellement en Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs cet attachement pour ses missions en Afrique qui sera une des causes de rupture avec la chanteuse, viscéralement parisienne.

Hubert Ballay n’entre pourtant pas dans la seule case des diplomates, il ne restera pas sa vie entière au service de la Françafrique, terme dont il débat dans ses mémoires, mais dont on usera ici simplement pour donner une idée de son action. Il devient directeur général chez Barclay, écrit pour de nombreux artistes, regrette à jamais de n’avoir pas tenu plus fermement entre ses bras la future Jackie Kennedy, créé un dessin animé écolo avant l’heure, «Wattoo Wattoo».

C’est pourquoi le lecteur ne s’ennuie pas une seconde à la lecture de ces mémoires recueillis par Alain le Meur alors qu’Hubert Ballay savait ses heures comptées (et il ne s’est guère trompé, une fois de plus, puisque le livre est paru peu de temps après son décès).
Pourtant, parfois, la gentillesse de l'homme, ses engagements humanitaires dont il ne se vante guère disparaissent derrière Hubert Bonisseur de La Bath. Lui-même réalise avec humour à quel point il devait ressembler à OSS 117. Nous n’avons aucun mal à le croire, ce coureur de jupons affirmant des choses telles que : «les femmes dignes de ce nom sont ravies d’être ravies à elles-mêmes par un homme, d’être emportées, débordées, subjuguées par lui.» Il a d’ailleurs quantité de maîtresses.

Les mémoires sont un exercice particulier : on se jette en pâture à l’autre. Alors, l’un trouvera qu’Hubert Ballay était à sa place en 68 derrière Malraux, d’autres lecteurs en concevront une déception, car l’autobiographie est un genre qui laisse l’autre juger, rétrospectivement, comme bon lui semble...
Personnellement, je retiendrai de ce drôle d’homme, justement, un bonheur de vivre et une grande générosité. Et, sans doute, le farceur qu’il fut : lisez ce livre rien que pour le canular qu’il créa autour d’un adagio qu’il composa lui-même, une blague qui doit encore faire rire de vieux camarades.

«Dis, quand reviendras-tu ?» de Hubert Ballay & Alain Le Meur - Éditions de l’Archipel 2014

© Photo archives OSIBO

4 commentaires :

  1. Je n'avais jamais entendu parler de Hubert Ballay. Non seulement il a inspiré une des plus belles chansons françaises mais il a eu un destin incroyable.
    Merci pour la découverte! Cela devait être un livre passionnant!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est vrai, comme quelques fortes personnalités de la Résistance, il a eu ensuite une destinée romanesque !

      Supprimer
  2. Mais qui de Barbara ou Hubert Ballay est le plus passionnant ?! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait, c'est une bonne question ;) Si Hubert n'est pas très modeste sur ses conquêtes, il l'est plus sur d'autres réalisations. C'est intéressant !

      Supprimer