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15 avril 2014

Paris 14-18 : la saisissante guerre au quotidien vue par Charles Lansiaux

J’aurais pu évoquer ici le grand spectacle de «Cartier : le style et l’histoire», qui présentait des pièces sublimes mais qui m’a agacée en proposant un appareil non pas critique mais publicitaire, l’exposition «1925, quand l'Art déco séduit le monde», mais non, ces expositions ont bénéficié d’une très large presse et elles ne m’ont pas convaincue. Toutefois, une visite récente méritait vraiment un billet : «Paris 14-18 : la guerre au quotidien», car au chapitre du centenaire de la Grande Guerre, cette exposition originale vaut vraiment la visite.


«Paris 14-18 : la guerre au quotidien» présente au visiteur de la Galerie des Bibliothèques les photographies de Charles Lansiaux. Lorsque la Grande guerre commence, Charles Lansiaux, photographe, a soixante ans. Il n’est pas mobilisable, on l’imagine un peu désoeuvré, en fin de carrière, sans sa vie de famille habituelle, dans une ville désertée par ses habitants puis réinvestie, on l’imagine se promener dans Paris et saisir la brutalité de l’instant en immortalisant les symboles du conflit, les gens, les choses, l’abondance de l’été 14 et le rationnement des étés suivants.
Car ce sont bien des photographies de tous les jours que montre l’exposition. Quelque chose de profondément étrange étreint le visiteur lorsqu’on regarde les tirages : d’abord, Paris a si peu changé par endroits, cela pourrait être hier, demain. Cette familiarité que l’on ressent est déconcertante. Ensuite, ce sont à la fois des témoignages de «l’arrière», et à la fois de la guerre même, comme ces devantures de magasins barrées d’immenses inscriptions affirmant la nationalité des propriétaires, et surtout, s’ils ne sont pas Français, qu’ils ont bien un ou plusieurs fils au front.

C. Lansiaux/BHVP/Roger-Viollet
 
L’exposition réussit une synthèse passionnante entre un accrochage thématique et une progression chronologique, ainsi j’ai eu le sentiment que le regard du photographe changeait, j’ai cru sentir qu’il perdait son humour - ou que ce dernier devenait noir, désespéré. Il faut dire aussi que Charles Lansiaux a légendé ses photographies, et ses commentaires sont aussi précieux pour la compréhension de l’image que pour celle de son ressenti.

Pour les Parisiens, n’hésitez pas, pour les autres, le catalogue est disponible : «Paris 14-18 : la guerre au quotidien, Photographies de Charles Lansiaux» est édité par Paris Bibliothèques et diffusé par Actes Sud.

«Paris 14-18 : la guerre au quotidien» - jusqu’au 15 juin 2014
Galerie des Bibliothèques
22 rue Malher
75004 PARIS

8 commentaires :

  1. Merci pour ce partage, Paris fait un peu loin pour moi, mais c'est une expo que j'aurai aimer voir. Le passé me fascine. Cette période est souvent associé aux tranchés et à la boue mais peu à son quotidien. et ce dois vraiment être intéressant de le sous l'œil de ce photographe.

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    1. Du coup n'hésite pas à feuilleter le catalogue en librairie ou à l'acquérir, voire le consulter en bibliothèque.. moult options si le voyage à Paris n'est pas possible :)

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  2. Tout à fait ce qui m'intéresse en ce moment. Mais Paris, ça fait cher...

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    1. Comme je le répondais à bleuegrenadine, il y a toujours le catalogue, certes un peu cher également, mais au moins il se garde :-D

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  3. héhé ben moi Paris ça fait pas cher, bisque bisque rage! Nous irons, c'est décidé, et même depuis l'article publié dans le magazine des bibliothèques de la Ville (mais j'ai loupé la conférence qui allait bien avec).

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  4. J'avais beaucoup aimé cette expo et mine de rien, elle nous en apprend beaucoup sur le quotidien avec le rôle des femmes ou les protections des monuments un peu ridicule, les problèmes de rationnement etc... Très intéressant ! Et puis, effectivement, on retrouve les rues de paris, familières...

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    1. Oui tout à fait, l'affiche sur le ramassage des marrons du Service de la Main d’œuvre scolaire est très intéressante par exemple !

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