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1 avril 2014

Violette, un film lettré, féministe et passionnant !

Violette Leduc : intransigeante, amoureuse, passionnée. Triste, possessive, seule – et malheureuse. Malgré tout : opiniâtre. Parfois : jalouse. Pour toujours : une bâtarde, à qui sa mère n’a jamais tenu la main.
Simone de Beauvoir : brillante, indépendante, respectée, reconnue, fière. Parfois : hautaine, distante, méfiante. Pourtant : troublée par Violette, touchée par son talent et se faisant son mécène secret.
 
 
Diable, que ces deux femmes sont magnifiquement incarnées dans le film de Martin Provost… Après Séraphine de Senlis, c’est à Violette Leduc que le cinéaste consacre le deuxième volet que de ce qui devrait constituer un triptyque en l’honneur de femmes exceptionnelles, et peu reconnues. L’art brut de Séraphine, l’écriture érotique de Violette, on se demande à qui et à quelle œuvre sera consacré le dernier pan du projet de Martin Provost. La concurrence est rude : les femmes artistes mal-aimées sont légion…

« Simone de Beauvoir était un écrivain féministe, Violette livrait son expérience », résume René de Cecatty, auteur d'un ouvrage consacré à l'écrivaine et coscénariste du film.
Il est vrai que Violette pratique l’autofiction, elle n’écrit jamais que sur elle, elle-même et encore elle, sur sa mère, ses amours, son malheur de vivre, le marché noir qu’elle a pratiqué… Emmanuelle Devos campe ce personnage en s’enlaidissant un peu, blonde toute en formes se heurtant à la grande, froide, brune et hiératique Simone, rôle interprété à merveille par Sandrine Kiberlain. Les deux actrices jouent vraiment leurs personnages, le contraire eut été horripilant pour un tel bipioc – mais on les remercie quand même. Jacques Bonnaffé est saisissant aussi en Genet, double masculin de Violette...

© TS Productions / Photographe : Michael Crotto
 
Grâce à ce film, on a reparlé de Violette Leduc : à l'occasion de la sortie du long-métrage, Gallimard a réédité quatre de ses ouvrages : « La bâtarde », « Thérèse et Isabelle », « L'affamée » et « Ravages ». Après cette belle introduction cinématographique, écoutons Simone de Beauvoir et relisons Violette Leduc !

« Violette », un film de Martin Provost avec Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain, Catherine Hiegel, Jacques Bonnaffé, Olivier Gourmet - DVD Diaphana 2014

« Violette Leduc : éloge de la bâtarde » de René de Ceccatty  - Stock 1994, nvelle éd. 2013

9 commentaires :

  1. bonjour
    j'ai vu aussi le film en DVD le mois passé et chroniqué chez moi... oui c'est une figure passionnante que je connaissais très très mal...et le film, quoique classique dans sa forme est vraiment intéressant tant cette romancière l'est...emmanuelle devos est excellente et Kiberlain en de Beauvoir encore plus!! bonne journée à toi

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    1. ah je n'ai pas vu passer ta critique tu es tellement rapide ces temps ci ;) je vais aller voir ça
      effectivement Sandrine Kiberlain en Beauvoir est géniale, mais Devos porte quand même le film, alors je ne suis pas complètement d'accord avec toi ;) bonne journée également !

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  2. Les critiques de ce film avaient été mauvaises que ca m'avait fait passer toute envie de le voir... En te lisant j'ai l'impression que tu as vu un autre film que ses détracteurs...

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    1. Les critiques "traditionnelles" n'étaient pas si mauvaises, si je me souviens bien celle du Monde était même plus louangeuse ! Mais de toute façon ce n'est que mon avis, n'hésite pas à te faire une idée :)

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  3. Arte a diffusé le 12 mars un documentaire sur Violette Leduc. C'était intéressant. Tu l'as vu ?

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    1. Non, malheureusement, et je dois avoir raté le replay aussi ;(

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  4. Ce film a l'air très bien. Je note. Je ne connais pas bien Violette Leduc et ce sera le moyen de réparer cette erreur.

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  5. Bonjour Vive la rose et le lilas, le film ne m'a pas déplu même si j'ai trouvé Emmanuelle Devos trop jolie pour le rôle mais le film ne m'a pas forcément donné envie de découvrir l'oeuvre de Violette Leduc. Bonne journée.

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