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20 mai 2014

Les liens du mariage : Are Diamonds a girl's best friend ?

15 avril 1939. Le mannequin Margaret Wood se maquille, assise devant une grande glace. Elle s’apprête à figurer dans une publicité. La superbe photo de Kurt Hutton qui a été choisie pour la couverture des «Liens du mariage» («The engagements») renvoie à la publicité, au marketing, au glamour.
 
photo © vivelaroseetlelilas

 Le troisième roman de J. Courtney Sullivan raconte, entre autres histoires, celle de la construction publicitaire du mythe du diamant. Incontournable. Eternel. A diamond is forever. Un slogan inventé par Frances Gerety. A tout seigneur, tout honneur, c’est avec l’histoire de Frances que s’ouvre le livre. Une fois encore, l’auteure américaine a choisi l’alternance de points de vue, le roman choral, pour évoquer l’institution du mariage depuis l’après-guerre. Ainsi le lecteur est plongé dans le monde de la publicité de Frances (très «Mad Men», faut-il le préciser ?), celui d’Evelyn, minée par le divorce de son fils dans les années 70, l’entourage de James, qui, à la fin des eighties, galère sec. Delphine, elle, s’éprend d’un soliste star, et la Parisienne quitte mari et 7ème arrondissement pour la solitude de l’expat au repos forcé. Quant à Kate, minée par les malheurs du monde, elle tente de trouver un équilibre après avoir quitté le centre de New-York suite à la naissance de son deuxième enfant.

Ces cinq histoires, j’en ai l’habitude désormais avec cette écrivaine, prennent le temps de se mettre en place. Le suspens ne vient qu’après les scènes d’exposition. Rapidement pourtant, j’ai été déroutée qu’elles ne s’entrecroisent pas plus vite : après «Les Débutantes» et «Maine», c’était légitime mais J.Courtney Sullivan ne se répète pas. Le lien entre les histoires purement fictionnelles (en dehors de l’histoire vraie de Frances Gerety) se fait bien plus tard… Même si je ne vous surprendrais pas en vous disant qu’il s’agit de diamant, je vous laisse découvrir le rapprochement alors à opérer entre tous ces destins.
Ce roman est un page turner extrêmement prenant comme les livres précédents et malgré les centaines de pages, il s’engloutit. Frances va-t-elle accéder au club auquel, célibataire, on lui refuse l’accès ? Evelyn peut-elle dissuader son fils de divorcer de l’épouse charmante qu’elle lui a fait rencontrer ? James risque-t-il de sombrer de désespoir dans l’alcoolisme ? Delphine a-t-elle bien fait de tout quitter pour un homme bien plus jeune qu’elle ? Comment Kate va-t-elle vivre le mariage de son cousin adoré, alors qu’elle rejette le mariage depuis toujours ?


Autant de questions qui vous empêchent rapidement de faire autre chose que poursuivre votre lecture.
Néanmoins, par rapport aux précédents livres de la romancière, auxquels il est difficile de ne pas penser, je regrette de ne pas sentir son point de vue plus clairement. J’aimerais penser qu’elle est plutôt du côté de Kate, terrifiée par ce que charrie d’immonde le commerce des pierres, mais la morale du dénouement fausse cette idée. Courtney devient plus optimiste. Tant que ça n’est pas béat, je la suis !

«Les Liens du mariage» de J.Courtney Sullivan - Rue fromentin 2014

4 commentaires :

  1. J'ai lu des avis assez déçus sur ce 3e roman... JeE ne sais qu'en penser...

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    1. Effectivement, par rapport à mon enthousiasme délirant pour les deux premiers livres je suis plus modérée.

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  2. Je dois lire les débutantes, celui-ci je l'ai commencé mais je l'ai prêté depuis à une grand fan de l'auteur, à suivre...

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