barre horizontale




1 juin 2014

Cette chère Sylvia…gît dans le coma.

Cette chère Sylvia est plongée dans le coma. Suite à une chute malencontreuse, la voici allongée, passive, dans la chambre n°5. Plusieurs personnes se relaient à son chevet : d’abord, Ed, qui fut longtemps le mari de Sylvia, avec qui il a deux enfants. Jo, sa sœur aînée, vient également régulièrement tenter de la ramener à la réalité - avec des méthodes propres à faire s’arracher les cheveux de tout le corps médical de l’établissement. Viennent également Tia, femme de ménage de Sylvia qui se demande comment cette dernière va désormais payer ses bons et loyaux services. Alors que Cat, l’amante de Sylvia, son amie des dernières années s’impose également aux proches de la malade, Cassie, la fille délaissée de Sylvia finit par s’approcher du corps de sa mère.
Une autre femme veille également sur Sylvia : Winnie, l’infirmière dévouée, à la voix puissante, qui chante le dimanche pour un pasteur peu scrupuleux.

Tout ce petit monde passe dans la chambre n°5 et tente de régler ses comptes avec celle que, les jours passant, il faut bien nommer la presque défunte. Mais si elle se réveillait ? Et si elle entendait vraiment ?

J’ai beaucoup attendu avant de rédiger cet billet, et s’il est temps de le publier, mes doutes sur ses qualités sont toujours là. Peut-être parce qu’écrit par une humoriste, parce que présenté comme amusant par une quatrième de couverture accrocheuse, je m’attendais à du cocasse, à quelque chose de léger. Et que je n’ai pas vraiment adhéré à l’ambiance de plus en plus morbide du roman ...
   

Dawn French n’a sans doute pas voulu écrire quelque chose de particulièrement drôle, et c’est sans doute dommage que le livre soit sélectionné dans certaines rubriques quasi clownesques des magazines. Ce n’est pas que je refuse la surprise d'une lecture, mais en fait d’humour, le désespoir d’Ed, le mari trompé, la souffrance des enfants abandonnés, la survie de la femme de ménage et l’histoire familiale de Cat sont des sujets auxquels j’aurais préféré être (un peu) préparée.

Au delà, j’ai trouvé l’alternance des points de vue extrêmement inégale. Certains personnages sont extraordinaires, Winnie est absolument passionnante, vivante, lumineuse, un personnage merveilleux dont je me souviendrai. Cat est caricaturale au possible. Ed a fini par m’ennuyer prodigieusement. Les vols de Tia chez Sylvia font sourire, mais gloablement le lecteur a hâte qu’elle sorte de la chambre n°5 pour laisser place à la fantasque Jo ou à la maternelle Winnie !

4 commentaires :

  1. Intriguant ! Ta critique donne envie de le lire même si le sujet morbide du livre traité avec légèreté fait peur !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est vrai que c'est un roman tout à fait atypique ! A certains moments on est vraiment dans l'humour anglais, et puis après c'est le mélo. C'est lié à la diversité des personnages, mais c'est assez déroutant. Ce livre est une expérience !

      Supprimer
  2. Mince, j'arrive de la chronique de Je suis là, en me disant que je vais trouver mon bonheur, mais ta chronique me laisse dubitative ; je doute d'adhérer totalement !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est normal : j'attendais de ce livre quelque chose de drôle. Mais ses révélations tragiques me reviennent encore en mémoire un an après, et sa causticité était bien meilleure que les mièvreries de C. Avit. Par ailleurs ce roman-ci est tt de même inégal.

      Supprimer