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17 juin 2014

Highland Fling : le premier roman de Nancy Mitford, so snob and ironic

Premier roman de Nancy Mitford, «Highland Fling» est depuis quelques jours disponible chez Christian Bourgois. Il fallait absolument que je le lise dans l’instant - ou presque. Car avec l’auteure de «Charivari» et d’ «À la poursuite de l’amour», je m’amuse toujours énormément : son persiflage mondain est absolument délicieux.
Il serait tellement plaisant que la romancière soit toujours vivante et croque les personnalités qui forment notre aristocratie. Néanmoins, «Highland Fling» se passe bien dans l’entre-deux-guerres, et Nancy Mitford commence, en fine caricaturiste, à croquer les caractères et les poses des personnalités de son petit monde. 

Walter et Sally sont fous amoureux l’un de l’autre, ils n’ont guère de revenus alors pour leurs fiançailles ils se font inviter au Ritz par Albert Gates, un ami tout juste sorti d’Oxford. Walter envisage même de travailler, puisqu’après tout, beaucoup de gens le font.

Albert s’ennuie fort lors de ce dîner, et dans la nuit suivante, sa vocation est certaine : il sera peintre. Le lendemain, Albert Gates part pour Paris (évidemment) : «L’idée lui était venue pendant la nuit qu’il voulait être un grand peintre abstrait.»

Mais nos personnages vont se retrouver : il faut rendre service à la famille de Sally et se charger d’une grande maisonnée pleine de gens ennuyeux qui viennent jusqu’en Écosse afin de chasser. Querelle de génération, querelle des Anciens et des Modernes, «les jeunes gens brillants» ainsi que les appellent les plus âgés s’ennuient ferme et tourmentent gentiment leurs aînés : il est question d’art, il est question de patriotisme, et parfois il est simplement question de jeux totalement idiots. Jane, la meilleure amie de Sally, tombe amoureuse d’Albert, qui pour sa part entreprend un catalogue raisonné des merveilles victoriennes que recèle la demeure.

Rien n’est vraiment important dans ce monde oisif, mais il importe que les convenances soient respectées (même si des dérogations peuvent être acceptables, notamment si comme Lady Fairfax on cumule les positions de mère d’un marquis anglais, d’une héritière américaine et d’un duc italien). Nancy Mitford dépeint cette société dont les dernières heures d’insouciance sont en train de se consumer : bientôt ce sera la Seconde Guerre Mondiale, et à nouveau le monde changera. Il faut lire «Tir aux pigeons»… Les prémisses sont cependant posées, puisque le débat politique est déjà acerbe : les jeunes gens sont plutôt pacifistes, alors que leurs contradicteurs ont subi la Grande Guerre.
 

Si «Highland Fling» ne peut être comparé aux récits les plus aboutis de Nancy Mitford, celui-ci n'en demeure pas moins un divertissement de choix, et se lit le sourire figé aux lèvres : sarcastique sans doute, caustique évidemment, mais aussi indulgent : le pire est à venir, et pour l’instant, on s’amuse, alors, champagne !

Et quoi de plus normal que ce soit Julian Fellowes, scénariste de «Downton Abbey» qui préface élégamment l’ouvrage ?

«Highland Fling» de Nancy Mitford - Christian Bourgois 2014

1 commentaire :

  1. Il faut que je découvre cet auteur, j'ai justement acheté Charivari...

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