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12 juin 2014

Kari Rueslåtten, un Time to tell féérique

En mars dernier, se dessinait la deuxième interview de l’année avec une autre super nana, rien à voir avec la blogueuse Balibulle, une chanteuse cette fois. Bref, on continuait sur le blog avec un intérêt prononcé pour les femmes créatrices et créatives, et tout allait bien.
J’avais rendez-vous avec Kari Rueslåtten, mes petites questions étaient prêtes et là, patatras. Kari vient du métal, un milieu dans lequel, j’ai le regret de l’affirmer, l’engueulade est un mode de fonctionnement normal. Tout ce petit monde est ultra intransigeant, et les formations, séparations, reformations, coups de gueule des uns et des autres pourraient nourrir un journal people dédié - et d’ailleurs, les interviews des mags spécialisés y ressemblent assez. Bref. Grâce à Kari, ce que je constatais de loin je l’ai vécu en direct. Son agent a fait une crise de nerfs mémorable et a annulé toute la promo parisienne de l'artiste la veille au soir.
 

Kari n’est pas une artiste très connue en France, il la voulait quasi en couv de Libé - et ça n’a pas marché. Il a fait une très grosse colère et quelques heures avant, j’ai su que je ne verrais pas Kari. Je m’étends un peu parce que franchement, je lui en veux encore sacrément.
J’avais des étoiles polaires dans les yeux rien qu’à l’idée de rencontrer la Norvégienne en vrai.
Du coup, je voulais quand même parler de l’album - et puis j’étais en colère, et puis j’ai oublié. Mais je n’ai pas oublié de l’écouter. Et même si j’espère que l’artiste a remercié cet emmerdeur, j’ai décidé de vous dire qu’elle mérite la couv de n’importe quel canard musical - ou non.

Kari réalise avec «Time to tell» un petit bijou en provenance directe du Royaume de Féérie. Un cinquième album solo tout simplement parfait. Onze chansons amenées par la première d’entre elles, introduction particulièrement réussie d'une minute qui ouvre le grimoire de compositions d’une pop folk nordique incroyablement mélodique (sans être sirupeuse, évidemment).



Quelque part dans une lande imaginaire, l’auditeur se sent transporté là où on croit encore aux gnomes et aux gentilles sorcières. La voix de Kari se fait cristalline parfois, sur les chansons les plus mélancoliques («Paint the rainbow grey», «Shoreline») ; alors que certaines pistes, telles «Hide underneath bridges» et «Hold on» sont entraînantes et presque folkloriques. Et il y a évidemment «Rainy days ahead» ou «Wintersong» qui font partie de ces chansons-singles que vous n’oubliez plus (et que vous relancez) - même si leur originalité reste à démontrer.
 

Kari Rueslåtten, avec ce bien nommé «Time to tell», confirme ses qualités vocales à faire frissonner une brute. Si le doom est loin, cette pop-folk nordique est l’accompagnement rêvé pour la lecture de ballades ou la visites de contrées telles que l’Écosse ou l’Islande. Et la Norvège bien sûr.

«Time to tell» de Kari Rueslåtten - Cargo, Despotz Records 2014

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