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17 juin 2014

Montez avec Jean-Paul Didierlaurent dans son 6h27 !

«Le liseur du 6h27» aurait dû s’appeler «Peaux vives». Un titre plus poétique, plus hermétique aussi, toutefois l’éditeur du premier roman de Jean-Paul Didierlaurent a convaincu ce dernier de choisir la simplicité. Une simplicité qui est en train de conquérir les cœurs et les ventes !
 
photomontage © vivelaroseetlelilas

 Guylain Vignolles est un personnage sympathique. Et il est très difficile d’écrire un roman qui ne soit pas niais, qui ne soit pas agaçant de bons sentiments en choisissant un héros à la Amélie Poulain. Pourtant après des années et des années de travail de novelliste, c’est bien avec un roman évitant toute mièvrerie que Jean-Paul Didierlaurent réussit toutefois à transmettre son message d'optimisme.
Au départ bien sûr rien n’était gagné : son pauvre héros est tout d’abord affublé d’un nom ridicule, puisque la contrepèterie qui vient immédiatement à la bouche de tout un chacun est Vilain Guignol. Ensuite, il se rend passivement à son travail, quasiment en autiste, un travail qu’il hait mais dont il est bien forcé de se rendre compte qu’il le maintient en vie. Enfin, ce travail même est abject : il s’agit de nourrir un monstre, et quel monstre ! Une machine à pilonner. La Zerstor 500. Un cauchemar qui, un jour, ne s’est pas contenté de papier et a broyé les jambes d’un camarade.
Tout cela n’est pas particulièrement gai a priori, et vous vous demandez donc d’où va venir l’optimisme. Ce dernier, et vous ne serez guère surpris, réside dans la lecture. Car chaque matin, Guylain n’est plus Guylain ou Guignol, il n’est plus lui-même ni un autre moqué, il est le liseur. Celui qui donne une dernière vie à des feuilles que la terrifiante machine à broyer les œuvres a recraché. Peu importe le genre pourvu qu’on ait l’ivresse : pendant son trajet de RER, le liseur rend au monde ces phrases qui devaient disparaître. Un rituel salvateur.

Il n’a échappé à aucun des lecteurs fétichistes que ce texte comblerait tous les amoureux des livres et de la lecture. Un conte dans lequel la rédemption, dans lequel la réalisation de soi passe par la lecture - et l’écriture aussi (seulement je ne veux pas tout vous dire) : du miel pour bibliophilies. Mais pas seulement, et j’insiste : je suis certaine que l’auteur a raison lorsqu’il dit que son 6h27 peut plaire à des gens qui n’ouvrent guère de roman de l’année. Sans doute la volonté de parler de gens «ordinaires», «invisibles» n’est pas étrangère à cette idée.

Je l'ai entendu en parler de mes propres oreilles car j’ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Paul Didierlaurent. Une rencontre simple, néanmoins conviviale, organisée à merveille par le tout nouveau tout beau Cultura de La Défense. Si les petites librairies traditionnelles savent faire dans le débat et la rencontre, certaines plus grosses n’ont visiblement aucun mal à faire de même, et j’ai été ravie de ce moment d’échange. David Abiker a posé ses questions à l’auteur et nous avons pu faire de même, Anne-Claire, Miss Bouquinaix, Uty, Marie, Claire, Lulumae, Emily et moi-même.

Évidemment, nous sommes reparties avec un indice important il me semble pour comprendre l’auteur : son livre de chevet, «L’étourdissement» de Joël Egloff. Dans ce roman, le héros travaille dans un abattoir…

«Le liseur du 6h27» de Jean-Paul Didierlaurent - Au Diable Vauvert 2014

Nota : cette rencontre a aussi permis à certaines d’entre nous non seulement de rencontrer des libraires passionnés mais également de nous rencontrer ou de nous revoir entre blogueuses. Merci Julie !

10 commentaires :

  1. Merci pour ton article, deux choses que je n'ai pas relevées sont pourtant essentielles pour comprendre l'auteur et son oeuvre: le titre, "Peaux vives" et son livre préféré. Très bons moments passés ensemble. Marie

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! Oui je crois qu'il va absolument falloir lire «L’étourdissement» !

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  2. Bonjour, je l'ai fini la semaine passée et j'ai trouvé ce roman très agréable. Je n'ai plus qu'à lire L'étourdissement maintenant! Bonne journée!

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    1. Oui, comme je le disais à Marie je pense qu'on peut l'inscrire dans nos tablettes ;)

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  3. Bonsoir ! Bel article pour un beau roman :) Je ne savais pas non plus pour «Peaux vives» et «L'étourdissement», merci pour l'info !

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    1. Eh oui il est vrai que pouvoir rencontrer les auteurs permet d'en savoir réellement bien davantage ! Merci pour ton com et ta fidélité !

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  4. Je viens "seulement "de lire ce roman que j'ai beaucoup apprécié, à tel point que j'ai acheté 2 autres exemplaires pour les offrir . Je ne connaissais pas cet auteur et ai très envie de lire d'autres choses de lui.
    Merci pour la découverte!

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    1. Génial ! Je participe à la dissémination de cet écrit :)

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  5. Quelle chance d'avoir pu rencontrer l'auteur ^^ je comprends que tu gardes un bon souvenir de ce livre ! Cela dit, tu as raison, c'est un livre qui pourrait plaire même aux lecteurs plus occasionnels ^^

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    1. Oui c'est vrai, j'étais crevée ce jour là mais cette rencontre dédicace a sauvé ma journée :)

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