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25 juillet 2014

Dans les rapides, Blondie et Kate Bush par Maylis de Kerangal + concours

Au Havre, à la fin des années 70, trois lycéennes sentent les ondes de la révolution punk parvenir jusqu’à elles. Elles pensent désormais que «chaque jour devrait débouler comme un disque de Blondie», qu’elles ont entendu par hasard dans la voiture d’un homme qui les avait prises en stop. Une déflagration. «Dans les rapides» raconte cette rencontre de Marie, la narratrice, de Lise et de Nina, avec une musique qui tranche avec celle des chanteurs à textes qu’écoutent leurs parents.

photomontage © vivelaroseetlelilas
 
C’est un texte dédié au rock que «Dans les rapides». Maylis de Kerangal intitule d’ailleurs tous les chapitres, excepté ceux qui font office de prologue et de postface, du titre d’une chanson de Blondie ou de Kate Bush.
En effet pour les trois amies le cataclysme n’est pas seulement la découverte d’un groupe devenu culte, c’est aussi la fascination exercée sur elles par Deborah Harry, une fille «calme, déterminée, sûre d’elle» au milieu des garçons. On est en pleine vague punk, mais déjà s’amorce un autre tournant : le surgissement spectaculaire des années 80 promises à l’enfantement des «executive women». Marie, Lise et Nina pourraient chanter avec Patricia Kaas : «Oui mais les filles Elles n'voulaient pas rester Là sur les canapés A les regarder passer Elles voulaient y aller Et moi je suis comme elles...», jusqu’à ce que Nina, d’un vinyle à un autre, écoute Kate Bush. Le groupe est soudé : Debbie est la meilleure.

J’espérais quelque chose de particulier de cette lecture. Ce texte qui débute avec la célébration d’une musicienne que j’adore allait sûrement me permettre d’apprécier davantage son auteure. En effet, il y a quatre ans, j’avais fini par abandonner «Naissance d’un pont», dans la douleur de manquer un livre plébiscité par la critique autorisée et récompensé par le prix Médicis.

Je garde de cette plongée «Dans les rapides» une sensation de barbouillage. Peut-être faut-il que Maylis de Kerangal se perde dans la lenteur afin d’y trouver son style.

Concours :  Folio m'offre la possibilité de vous faire gagner un exemplaire de l'ouvrage. Envoyez-moi un mail avec votre adresse postale à l'adresse du blog, vivelaroseetlelilas[@]gmail.com et je tirerai au sort un gagnant avant la fin du WE (dimanche 27 minuit). Concours réservé à la France métropolitaine. Edit du 28 juillet 2014 : c'est Valérie qui remporte l'ouvrage !

«Dans les rapides» de Maylis de Kerangal - Folio 2014

3 commentaires :

  1. Cette évocation du Havre des années soixante-dix, c’est pour moi l’occasion de dire mon admiration pour le livre éponyme de Pierre Le Gall (ed. Rolland - 1977), un autre Doisneau injustement méconnu.

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  2. Je tombe par hasard sur ce site et je tombe sur cette "analyse" du récit de Maylis de Kérangal. Je pourrais passer mon chemin (après tout), mais quand même ! Quand on ne sait pas lire, qu'on n'aime pas la littérature (parler de "barbouillage" à propos du style de cet auteur est un aveu terrifiant), et qu'on n'a strictement rien compris au projet de ce livre, il faudrait avoir le courage de se taire.
    Bernard (Metz)

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    1. Bernard de Metz est un intellectuel. S’il "tombe" sur un site et qu’il "tombe" sur une analyse, ce n’est pas parce qu’il manque de vocabulaire c’est qu’il a rendu son dico des synonymes à la bibli.
      Bernard de Metz est un philosophe. S’il appelle autrui à avoir le courage de se taire, ce n’est pas une raison pour qu’il se la boucle lui-même.
      Bernard de Metz est un théoricien. Il a "compris le projet" du roman. S’il ne nous l’explique pas, ce n’est pas parce que ça le dépasse, c’est parce que de la main droite il traduit Pirandello en hongrois et de la main gauche il traduit Marai en italien.
      Remercions-le sincèrement de son apport constructif et édifiant.

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