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26 août 2014

Week-ends : l'amitié est-elle soluble dans la crise conjugale ?

C’est finalement assez souvent que je choisis de parler ici de films qui n’ont pas eu de grand écho médiatique.
Sortis au même moment que des blockbusters ou bien restés peu de temps à l’affiche, tout simplement passés inaperçus, certains de ces longs-métrages méritent pourtant un visionnage de rattrapage.

Ainsi de cette comédie douce-amère, «Week-ends», qui n’a pas atteint 88 000 entrées mais qui valait pourtant le déplacement, et qui sera disponible le 2 septembre en DVD.
 
Il y a longtemps, Christine et Jean, Sylvette et Ulrich, inséparables, ont acheté deux maisons de vacances. L’une en face de l’autre, en Normandie.

Les week-ends, depuis plus de vingt ans, ils s’y retrouvent. Mais alors que leurs enfants atteignent l’adolescence, on ne risque plus de confondre les deux couples : Jean (Jacques Gamblin) s’est détaché de Christine (Karin Viard),  de plus en plus irascible.
Sylvette et Ulrich, eux, maintiennent la barque à flot, il y a bien des concessions et des quarts de Lexomil, mais rien d’important ne trouble vraiment le moment de l’apéro normand.

Un WE comme un autre, Christine craque plus que d’habitude, on le comprend tout de suite. Elle est à cran. Jean, le taiseux, lâche, part, fuit, refusant de s’expliquer, refusant de parler. Évidemment, à partir de là, tout ce qui était si simple devient bien compliqué. Sylvette et Ulrich doivent-ils prendre parti ? Doivent-ils choisir ? Sont-ils censés être d'accord ? Christine peut-elle s’opposer à ce que Jean présente sa nouvelle compagne à leurs amis de toujours ? Sont-ce toujours ses amis ?
 
Sur le sujet de l’amitié qui prend selon moi le dessus sur les problématiques de la vie de couple, «Week-ends» est un petit bijou. Le scénario, habilement, évite l’hystérie, misant un humour noir parfois grinçant. Le talent des acteurs (l'alchimie du bon casting aussi) amplifie les gestes les plus anodins dans les relations fraternelles, ceux qui deviennent si compliqués lorsque le paradigme de base, Jean-Christine-Sylvette-Ulrich, est rompu.
 
Pascale (Aurélia Petit) et Françoise (Gisèle Casadesus) © Céline Nieszawer

La présence de Noémie Lvovsky m’a évidemment fait songer aux «Sentiments». Dans le film de l'actrice-réalisatrice, bien entendu, la situation est différente : la proximité des deux résidences induit une proximité physique qui se transforme en proximité charnelle avec l’adultère. Malgré tout, il y a aussi dans «Week-ends» une certaine tension, une sorte de surveillance et de jugement réciproques des deux couples l'un envers l'autre, comme au début des «Sentiments», et aussi ce presque huis-clos : la majorité des scènes sont captées dans les deux maisons.

«Week-ends» se termine drôlement. De façon réaliste aussi : un faux happy-end, qui en questionne l’idée-même.

«Week-ends» d’Anne Villacèque avec Karin Viard, Noémie Lvovsky, Jacques Gamblin, Ulrich Tukur, Aurélia Petit et Gisèle Casadesus - DVD Blaq out 2014

4 commentaires :

  1. Je suis de ton avis. Je l'ai vu au ciné : un film qui mérite qu'on s'y attarde, avec une vraie réflexion sur l'amitié.
    Trop forte tu es.

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  2. Avec de tels acteurs à l'écran je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté ... 88000 entrées ... A croire qu'au niveau de la com ils ont fait exprès !

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    1. Au niveau de la com, j'ai en effet l'impression qu'elle dut être inexistante... D'ailleurs je n'avais vu ni affiche, ni bande-annonce !

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