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15 octobre 2014

22/11/63 : Stephen King remonte au temps des Kennedy avec nostalgie

L’envie de lire un roman peut venir de bien des facteurs : une critique, la couverture, la recommandation d’un libraire ou d’un ami. Bien souvent, il s’agit tout de même de la promesse de l’intrigue qui suscite ce frémissement à l’origine du froissement des pages de titre, avant la découverte des premiers mots.
 
photographie © vivelaroseetlelilas

Avec ce livre de Stephen King, sobrement intitulé « 22/11/63 », date de l’assassinat du président Kennedy, je m’attendais à une uchronie autour de cet évènement. On ne peut pas vraiment dire que ce ne soit pas le cas. Effectivement, le récit est organisé autour de cet assassinat. Cependant, celui-ci ne tient en fait qu’une place mineure dans les rebondissements qui scandent un ouvrage particulièrement long et – inutile de maintenir le suspens en ce qui concerne cet élément – ennuyeux.

Jake Epping est professeur d'anglais. La trentaine passée, sa vie n’est pas particulièrement haletante : il vit seul et donne des cours du soir dans l’établissement du coin. Contrairement aux autres professeurs, son QG favori est un troquet à burgers tenu par son ami Al. Il faut bien une centaine de pages pour qu’Al dévoile à son client/ami son cancer fulgurant et la faille temporelle qui se trouve derrière son restaurant. Pendant tout ce temps, j’ai failli abandonner la lecture plusieurs fois. Au moment où Al explique à Jake que cette faille lui permet de ramener de la viande très bon marché du passé, j’ai pensé qu’on ne serait pas à un ou deux paradoxes spatio-temporels près et, effectivement, cette intuition a été ensuite corroborée par la suite des évènements.

Bref, Jake apprend ce secret culinaire passionnant, et aussi la véritable raison qui pousse Al à vouloir envoyer à son tour Jake dans le passé : il veut empêcher l'assassinat de Kennedy. Sa maladie ne peut lui laisser le temps de préparer cela, d’autant plus que, Jake va l’apprendre à ses dépens, le passé oppose une résistance au changement. Ainsi, lorsque Jake est à son tour envoyé en 58, il découvre que la résistance au changement est proportionnelle aux répercussions que l’on peut provoquer. Pour vérifier qu’il était bien possible d’influer sur l’Histoire, Al avait sauvé une jeune fille d’un handicap. Jake, lui, veut empêcher un père de tuer sa femme et ses enfants. Cela se révèle plus compliqué, les obstacles étant plus nombreux… Al a bien choisi Jake : relativement jeune, sans attaches réelles pour le monde de 2011, il est prêt pour le voyage. Le lecteur, un peu moins.

Contrairement à de nombreux critiques, je n’ai pas trouvé que la reconstitution de l’Amérique du rock’n roll et des robots ménagers, des «toilettes pour gens de couleur» et de la véritable saveur des aliments soit particulièrement réussie. Au bout de 1000 pages, je dirais plutôt qu’elle est poussive. Oui, à la fin des années 50, les voitures sont plus belles, les jupes des femmes adorables et le Texas est particulièrement violent. Le travail de documentation de l’auteur est absolument indéniable, mais il rend aussi le livre laborieux, voire, indigeste.

Les moments de véritable suspens sont rares et la fin assez prévisible. Aussi, je vous conseille ce livre si vous êtes avant tout fan de l’auteur - ou si une folie fifties vous submerge.

« 22/11/63 » de Stephen King – Le Livre de poche 2014

2 commentaires :

  1. Je te trouve bien dure du coup ! Pour ma part, c'était ma première rencontre avec King (rien d'une fan donc), et je me suis vraiment laissée porter par l'histoire... Ceci dit, si tu n'adhère pas au concept et que tu n'acceptes pas certains paradoxes, ça peut coincer en effet.

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    1. Franchement, il aurait fallu que cela soit moins long. Plus de 1000 pages, je n'en finissais plus ! Cela influe sur la perception aussi ;)

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