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21 octobre 2014

Je voulais te dire : passion pendant la Grande Guerre

L’année du centenaire du déclenchement de la Grande guerre aura permis à nombre de romans d’être promus best-sellers. «My dear, I wanted to tell you», «Je voulais te dire», de Louisa Young, mérite amplement d’en être devenu un. Le roman de l’historienne est en effet un bon livre. Après la célébration des classiques écrits dans les tranchées ou après l’expérience de celles-ci, les écrivains contemporains s’essaient au genre du roman historique et font revivre des personnages topiques de cette époque, synonyme de boucherie - mais aussi de véritable changement de siècle.

Fond : Cartes postales reproduites in Les plus belles cartes postales d'amour - Flammarion 2006
 
 «Je voulais te dire» est ainsi comparable au trépidant «Dernier été à Mayfair» de Thérésa Revay, même si la perspective sur le conflit est différente. Les deux romancières regardent celui-ci d’un point de vue britannique, cependant Louisa Young préfère à la fresque historique utilisée par la Française le charme de l’histoire d’amour tragique.

Le père de Riley lui a souvent dit qu’il méritait mieux, et lorsque le jeune garçon croise la route d’un peintre respecté, qui lui permet à la fois de poursuivre une scolarité correcte et de tomber irrémédiablement amoureux de Nadine, également élève du Maître, c’est sans regret qu’il quitte sa condition de prolétaire. Malgré cela, avant 14, il n’est pas question pour des quasi-ennemis de classe de convoler. Riley renonce à Nadine, et s’engage - et puis c’est la découverte de l’horreur innommable, tué/être tué, noyer les voix «des Boches qui chantaient «Stille Nacht» ; c’était magnifique». Riley avait signé «pour toute la guerre» et non pour un an : il comptait bien revenir en Angleterre avant la fin du conflit.

Riley Purefoy gagne rapidement l’estime de son commandement, devient lieutenant, puis capitaine. Il apprend à se réciter la litanie des morts, ceux tombés (mais pour quoi ?), afin que sa mémoire ne les oublie pas, qu’ils ne soient pas tombés pour rien. Mais un jour de 1917, c’est à son tour d’être grièvement blessé. Si grièvement que Riley est rapatrié pour une éventuelle guérison, et une toute aussi éventuelle reconstruction faciale…

En Angleterre, il est soigné par Rose. Rose se trouve être de la famille de Peter, le commandant de l’unité du capitaine Riley… Rose qui entretiendra, dans des circonstances que le lecteur découvrira, une correspondance avec Nadine, les deux infirmières devenant amies par cette relation épistolaire.

«Je voulais te dire» aborde de façon bien plus crue que d’autres fictions les dommages de la Première Guerre mondiale. Les blessures sont détaillées, les traumatismes surgissent dans tous les rangs de la Grande muette. L’auteure accorde une grande place à la chirurgie, puisque c’est de son amélioration que dépend la capacité de milliers de soldats à parler, manger, vivre à nouveau.

Cette histoire d’amour fusionnel unissant Riley et Nadine par delà… le bien et le mal?… («J’ai tué»/ «Je les ai laissés mourir») est très belle. C’est l’espoir d’un monde nouveau, quand l’ancien gît dans des décombres, d’Ypres à Verdun.

«Je voulais te dire» de Louisa Young - Le Livre de poche 2014

4 commentaires :

  1. Je le lis le mois prochain pour le challenge Première guerre mondiale de Claire et j'ai hâte maintenant après la lecture de ton avis !

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    1. Merci beaucoup, j'espère qu'il te plaira alors :)

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  2. J'ai beaucoup aimé aussi ! Je te conseille Ravage ! Ta photo est très jolie !

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    1. Oui je compte bien le lire ! Je t'avoue que j'ai fait la critique sans savoir qu'il y avait une suite, mais depuis que je le sais j'en suis ravie ;) Merci pour ton compliment <3

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