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3 novembre 2014

Bienvenue au Tristesse Club de Vincent Mariette !

Qu’attendre de ce film homonyme d’une chanson de Houellebecq dont le titre improbable fait autant allusion aux « Émotifs Anonymes » qu’au « Bonjour Tristesse » de Sagan ? Quels fruits récolter de cette petite production aussi discrète qu'ingénieuse ? De l’humour noir, une atmosphère à la François Ozon, voire, certains l’ont évoqué, Wes Anderson, et certaines surprises…

 Le scénario commence de façon fort banale : deux frères, Léon et Bruno (Laurent Lafitte et Vincent Macaigne), qui ne se voient guère, sont appelés à assister aux funérailles de leur père, avec lequel ils étaient brouillés.
 
Au funérarium, une jeune femme, Chloé (Ludivine Sagnier) se présente comme leur sœur. Bientôt elle révèle qu’en fait, le père ne serait pas mort. Elle, qui était en contact régulier avec leur géniteur commun, s’inquiétait de cette disparition soudaine.

Sachant la haine des fils pour leur volage papa, elle a préféré leur annoncer un décès afin de s’assurer de leur venue. D’abord outrés par ce mensonge, les deux frangins - aussi dissemblables qu’attachants - décident de mauvaise grâce de lui prêter main forte.
Le film de Vincent Mariette baigne dans une atmosphère étrange : l’histoire familiale déstructurée se recompose sous les yeux du spectateur, dans un paysage savoyard désertique embourbé dans un été sans fin. Le père haï habitait un vieil hôtel, juché au-dessus d’un lac (les habitués reconnaîtront Aiguebelette), figé dans sa décoration des années 70. Des cabanes de pêcheurs sont désertées, seuls quelques ados barrés semblent peupler les lieux – si l’on excepte la bande de chiens errants !

Léon (Laurent Lafitte), Bruno (Vincent Macaigne) et Chloé (Ludivine Sagnier)
 
Un décor de thriller donc, pour une comédie grinçante sur les liens familiaux, autour de la figure d’un Don Juan en perte de vitesse et d'un père indigne, de deux frères confrontés à leurs souvenirs d’enfance alors qu’ils traversent tous deux des crises existentielles, outsiders dépassés par la figure paternelle mégalo…

Ce premier long-métrage du réalisateur augure de prochains très bons films, à l’image de celui-ci, décalé et surprenant, entre dépression et rédemption. Sorti le 4 juin dernier en salles, il est désormais disponible en DVD chez Blaq Out.

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