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6 novembre 2014

La passion Dodin-Bouffant : une bd au goût relevé !

Dans ma besace chargée de trésors ramenés du Festival Quai des Bulles, il y avait cette BD incroyablement savoureuse qu’est «La passion de Dodin-Bouffant», adaptation d’un roman de Marcel Roult («La vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet») publié en 1924. Mathieu Burniat nous y fait saliver devant des pages entièrement dédiées à la célébration de la gastronomie française sous le Second Empire.
 
photographie © vivelaroseetlelilas

Dans un petit coin bien typique du Jura, une incarnation de l’art français du bien manger promène ses sourcils broussailleux sur son entourage d’un regard paternaliste : Dodin-Bouffant, qui raffole des ortolans.
Il est accompagné de compères, bien sûr, car la bonne chère, ça se partage. Lorsque le notaire Beaubois, le médecin Rabaz, et Magot, marchand de bestiaux ne passent pas le temps au Café de Saxe, il sont admis à la table de Dodin-Bouffant, qui est le plus fier et se prend donc pour lui.
Pourtant, un jour, brisant cet équilibre culinaire parfait, l’inconcevable se produit : Eugénie, la belle Eugénie, déesse de la cuisine de Dodin-Bouffant meurt brutalement à 56 ans.

Après une période de deuil, qui passe par l’ingurgitation de mets absolument indignes du palais de notre gourmet au Café de Saxe, il s’agit de trouver une remplaçante à l’irremplaçable Eugénie Chatagne. Les prétendantes au poste se succèdent, et aucune ne peut résister aux questions pointues ni à la pression de Dodin-Bouffant. Pourtant, un jour, un villageois apporte à l’irascible gros homme des pommes de terre rôties dans leur robe, garnies d’une farce élaborée au départ d’une queue de bœuf, rissolée dans sa graisse, cuite ensuite dans un bouillon de légumes et arrosée d’un verre de vin jaune… et je ne vous dis pas tout.

La cuisinière, Adèle, est tout naturellement appelée à servir sous la houlette de Dodin. Oui, mais voilà, la jalousie d’un prince s’en mêle…
 
S’il y a bien un album dessiné avec une truculence jubilatoire, qui fait saliver à toute heure la journée, au trait de crayon irrésistible, c’est certainement celui-ci.
À s’offrir, à contempler, à prêter à sa mère, son oncle gourmand…
 
«La passion Dodin-Bouffant» de Mathieu Burniat - Dargaud 2014

Une précision cependant : quant aux ortolans, qui ne jouent pas une place négligeable dans ce superbe opus, leur chasse et donc leur consommation sont aujourd’hui interdites - certains comportements décrits dans cette BD ne sont pas à reproduire chez vous.

4 commentaires :

  1. Ça sent l'automne et la soupe de châtaignes ! Bel hommage à la gastronomie (et à l'amour qui en naît souvent) que cette BD très réussie. Je valide !

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    1. Cher Gustiau, peu de ratatouille dans ce bel ouvrage mais vous avez raison, il est exquis ;)

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  2. Ah ! Enfin des idées pour pimenter nos soupers du XXI ème siècle, en allant faire un petit tour dans une cuisine ni allégée, ni diététique : que de promesses pour nos papilles gustatives !

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