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20 novembre 2014

Les 400 coups de génie : Truffaut à la Cinémathèque française

7 excuses pour faire l’école buissonnière et se rendre à la rétrospective sur le réalisateur français à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort: 

1-Être fiévreux. Vous connaissez sûrement le cinéaste installé, reconnu mais peut-être pas le critique virulent, passionné et engagé dans le monde du 7ème art. L’exposition montre des documents révélant la fièvre de Truffaut en ce qui concernait les idées et la théorie cinématographique, lui qui avait déclaré: « Je veux que mes films donnent l’impression d’avoir été tournés avec 40° de fièvre ». Les unes rédigées par Truffaut pour le magazine Arts, sur la mort de James Dean notamment, dévoilent un jeune trublion aux idées géniales et contestataires, loin de l’image de père fondateur du cinéma français que l’on retient habituellement.



2-Avoir un fou rire. Les vidéos inédites issues d’archives mises à disposition par la famille du cinéaste méritent d’être toutes visionnées (si on se place bien sous l’enceinte au plafond on entend parfaitement!). Le casting de Jean-Pierre Léaud pour «Les 400 coups» et la conversation très sérieuse qu’il entretient avec son jeune coéquipier Patrick Auffay sur le métier d’acteur et sur leurs carrières respectives est incroyablement drôle.

3-Tomber amoureux. Jeanne Moreau, Marie Dubois, Françoise Dorléac, Claude Jade, Catherine Deneuve, Bernadette Lafont, Isabelle Adjani, Nathalie Baye, Fanny Ardant, et pour ces messieurs Charles Aznavour, Jean-Pierre Léaud, Charles Denner, Jean-Louis Trintignant et Gérard Depardieu. Difficile de résister aux charmes de ces acteurs au sommet de leur jeunesse et au plus fort de leur art… celui de la dispute de couple !

Claude Jade et Jean-Pierre Léaud dans Domicile conjugal, 1970

4-Retomber en enfance. Une partie des longs-métrages de Truffaut est centrée autour des thèmes de l’enfance et de l’éducation. Lui-même enfant rebelle puis autodidacte, le réalisateur n’a jamais abandonné le parti des enfants et la volonté de leur offrir un cinéma à leur mesure. L’exposition présente la fabrique de films tels «L’Argent de poche» et «L’enfant sauvage» mettant en scène des centaines d’enfants dont on se demande si ils sont acteurs ou réalisateurs.

5-Vivre en bon Trufaldien(ne). De la reconstitution de son bureau de travail à la présentation de costumes portés par Catherine Deneuve sur le tournage du «Dernier Métro», en passant par les jolies improvisations de jeunes actrices et acteurs français filmés par Axelle Ropert, la rétrospective a de quoi vous aider à incarner le cinéma de Truffaut au quotidien. Attention à ne pas répéter les erreurs du jeune Doinel !

6-Traverser l’Atlantique. Le monde de François Truffaut s’est aussi construit avec ses voyages et amitiés fructueuses aux États-Unis. En 1966, Truffaut publie un livre d’entretiens avec Alfred Hitchock, traduit et édité dans le monde entier et connu des cinéphiles comme le Hitchbook. Le cinéaste enfile aussi en 1977 le costume d’acteur pour les besoins de Spielberg dans Rencontres du troisième type.

7-Reprendre un journal intime. En partenariat avec l’INA, la Cinémathèque française propose un site web sous la forme de 15 chapitres narrés par le réalisateur, extraits d’interviews, d’émissions de radio, de cahiers. Les chapitres sont à égrener au fur et à mesure et s’ouvrent comme un calendrier de l’avent, compilant pour les internautes un trésor de visuels, d’extraits sonores et de vidéos. De quoi découvrir la personnalité du réalisateur si vous ne pouvez vous rendre à l’exposition.

François Truffaut & Jean-Pierre Léaud  © Richard Avedon

Jusqu’au 25 janvier 2015.

« François Truffaut »
Cinémathèque Française
51 rue de Bercy
75012 PARIS

3 commentaires :

  1. Les rétrospectives à la Cinémathèque (tout comme celle sur Pasolini ou Demy) sont fascinantes. Mais le centre manque un peu d'expositions avec des thématiques davantage croisées je trouve.

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    1. Il est vrai que la Cinémathèque donne moins dans la transversalité que d'autres institutions et que les expositions sont souvent monographiques. Mais comme elles sont, effectivement, fascinantes ("Les enfants du paradis" était extraordinaire !), on pardonne, non ?

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