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6 décembre 2014

Vervain : la vénéneuse Liv Kristine distille ses chimères sensibles

Liv Kristine, ex-Theatre of Tragedy pour l’éternité, revient en ce dernier semestre 2014 avec un nouvel album solo, disponible en France depuis un mois. Dans la lignée de ces chanteuses à la personnalité affirmée déjà présentées ici (de Beth Hart à Kari Rueslåtten), quelques mots sur «Vervain».
 
 
 
De façon assumée - ce que certains n’arrivent vraiment pas à admettre-, Liv Kristine poursuit une carrière pop-rock à côté de son engagement métal dans Leaves’Eyes. Après un «Libertine», inégal (était-il nécessaire de reprendre Kate Bush ?), cet album est maîtrisé, de l’esthétique rétro aux collaborations.

L’ambiance est à un romantisme rêveur et sombre, quelque peu délaissé par «Skintight» et «Libertine». «Vervain» est bien le nom anglais de la verveine - choix qui pourrait laisser planer quelques doutes sur l’énergie de l’album, mais ce serait oublier les propriétés magiques longtemps associées à cette plante...

"Le magicien le plus savant de la compagnie, enveloppé d'un linceul, et portant en ses mains de la verveine, s'avança et commença ses invocations". Fléchier, «Histoire de Théodose le Grand»

photographie © Stefan Heilemann

Évidemment, une des meilleures chansons de notre blonde Mélusine est le duo formé pour l’occasion avec Doro Pesch : «Stronghold of angels», qui n’est pas sans rappeler, sur le principe, «Walking with the Angels», chanté par Tarja Turunen et Doro il y a quelques années. L’alternance des voix, celle, perchée, aiguë et douloureuse de Liv, répondant au ton eighties rauque et brisé de Doro fonctionne à merveille.  Après de nombreuses écoutes, j’ai aussi une faiblesse pour la superbe ballade «Lotus», qui monte en puissance jusqu’à un solo de guitare déchirant, la très rock «Elucidation» (qui plaira sans aucun doute aux fans d’Amaranthe). Quant à «Oblivious», c'est un titre délicieusement fantomatique. Les touches classiques (violon, piano seul, violoncelle), sont distillées avec une grande élégance.
A contrario, peu d’enthousiasme pour le duo-single enregistré avec Michelle Darkness d’End of Green, «Love Decay», l’alchimie ne m'a pas convaincue.

A écouter en lisant Baudelaire, Lautréamont, ou, lorsqu’en toute simplicité, vous vous prenez pour une soeur Brontë et cueillez des fleurs séchées sur la lande, au clair de lune, en fredonnant «I am breaking into pieces… Creeper, I’m a creeper, creeper…».

Merci Liv d’être retournée à ces morceaux crépusculaires : le noir vous sied à merveille.

Liv Kristine sera en concert à Paris le 20 décembre prochain, accompagnée des excellentes Kari Rueslåtten et Anneke van Giersbergen au Divan du Monde : ce seront «The Sirens» !

«Vervain» de Liv Kristine - Napalm Records 2014

English version

Liv Kristine, ex-Theatre of Tragedy, returns to the latter half of 2014 with a new solo album that has been available in France for one month. In line with these singers with a strong personality already presented here (Beth Hart, Kari Rueslatten for example), a few words on «Vervain».

On a very assumed fashion, Liv Kristine pursues a pop-rock career alongside her metal commitment in Leaves'Eyes. After an uneven «Libertine» (was it necessary to cover Kate Bush?), this album is well mastered, from the retro aesthetic to the collaborations.

The atmosphere is in the mood of dark and dreamy romanticism, somewhat neglected by «Skintight» and «Libertine». The name of the album, «Vervain», could raise some doubts about the energy of the album, but this would be forgetting the magical properties long associated with this plant...

«The most skillful magician of the company, wrapped in a shroud, and bearing in his hands vervain, stepped forward and began his invocations.» Fléchier, «History of Theodosius the Great»

Obviously, one of the best songs of our blond Melusine is the duo formed for the occasion with Doro Pesch: Stronghold of angels», which reminds us of «Walking with the Angels», sung by Tarja Turunen and Doro a few years ago. The alternance of voices between the perched, acute and painful of Liv and the eighties, hoarse and broken voice of Doro works great. After several listenings, I also have a weakness for the beautiful ballad «Lotus», which grows up to a moving guitar solo, the very rock «Elucidation» (which with no doubt will please fans of Amaranthe). As for «Oblivious», it is a delightfully ghostly title. Touches of classical music (violin, piano solo, cello) are distilled with great elegance.
A contrario, I’m less enthusiast for the single-recorded duet with Michelle Darkness of End of Green, «Love Decay»: the alchemy did not convince me.

To be listened to while reading Baudelaire, Lautréamont, or when, simply, you take yourself for a Brontë sister and pick dried flowers on the heath, in the moonlight, humming «I am breaking into pieces ... Creeper, I 'm a creeper, creeper ...».

Liv, thank you for this come-back to these twilight pieces : black suits you perfectly.


«Vervain» from Liv Kristine - Napalm Records 2014 

Liv Kristine will be in concert in Paris on December 20th, accompanied by the excellent Kari Rueslatten and Anneke van Giersbergen at the Divan du Monde: it will be “The Sirens”!

2 commentaires :

  1. Bien agréable en ce début de soirée hivernale et dominicale de surcroît, de retrouver sur votre blog de quoi nourrir la mélancolie, tout en l'enrichissant : une musicienne pour la saison des frimas semble-t-il ;-)

    Merci !

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    1. Je suis certaine que la date de sortie de l'album ne doit rien au hasard en effet ;)

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