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19 janvier 2015

Ping Pong Summer : le Radical (et acidulé) Miracle de Michael Tully

C’était il y a bientôt trente ans. Le ping pong était super cool, les ghetto-blaster se portaient sur l’épaule, on écoutait encore John Cafferty & The Beaver Brown Band mais les ados se mettaient aux Fat Boys.
 
Époque qui semble bien lointaine, surtout vue à travers le prisme presque psychédélique de Michael Tully avec «Ping Pong Summer». Gourmandise presque trop sucrée, le film se regarde avec un vrai bonheur - celui qu’ont eu les acteurs et l’équipe à le tourner (si on pouvait en douter, il suffit de jeter un œil aux sympathiques petits bonus du DVD).

En 1985 donc, dans le Maryland, Rad Miracle, un ado tout timide se perfectionne à la beatbox une salle de bains. Il vient de débarquer, comme chaque année, à Ocean City, cité balnéaire de la côte est des États-Unis...


Cet été-là, pourtant, tout est différent : il se fait un ami dont il devient immédiatement inséparable - un as de la danse et de l’impro, le hip hop dans le sang comme antidote à l’indifférence paternelle. Il y a la découverte de cette salle d’arcade incroyable (rappel : ce sont les eighties !), le Fun Hub, les défis de ping pong.
Mais surtout, il y a Stacy. Stacy Summers sort avec le méchant, on est dans la fin de l’esprit de «La fureur de vivre», de «Grease», il y a des bandes, de belles voitures et ces jolies filles qui décident des gagnants et des perdants. Il y a les intimidations, les initiations  - la quête de soi et des autres. Michael Tully n'a pas eu à chercher bien loin pour penser au reniflage de cassettes audio, il admet bien volontiers que le film tient beaucoup à ses propres souvenirs de vacances à Ocean City !

Marcello Conte est Radical Miracle.
 
Dans ce microcosme de collégiens désœuvrés par l’été, Rad Miracle va devoir se dépasser pour épater Stacy, qui garde la paille de sa boisson sucrée rivée aux lèvres. Quelques brèves apparitions de Susan Sarandon, sympathique mais un peu prévisible en coach brusque seront nécessaires pour parachever la métamorphose du looser en compétiteur.

C’est donc un joli film sur l’adolescence - tout comme un film de génération, car le milieu des années 80 est reconstitué des baskets Nike aux bijoux XXL - pas besoin de relooker la ville, qui est restée dans son jus. Forcément feelgood movie, logiquement teenage movie et rétro, comment qualifier cette gourmandise dance au mieux ?

Les plus jeunes croiront à un documentaire archéologique, d’autres reverront une adolescence sans portable, avec des adultes rescapés du rêve hippie…
Réfugiez-vous dans cette bande-dessinée colorée et dynamique, en compagnie de ce «young champion». C’est too much, c’est pour ça que c’est bon.



Sorti en salles l'été dernier, il est disponible en DVD depuis le 4 novembre dernier. Reste à voir si les films de 2015 sur cette thématique de l'adolescence soutiennent la comparaison !

«Ping Pong Summer» de Michael Tully avec Marcello Conte, Lea Thompson,… et Susan Sarandon - DVD Potemkine Films 2014

Retrouvez le top films avec mon partenaire Cinetrafic, ainsi que d'autres films sur l’adolescence
Challenge CinéClub de Potzina.

8 commentaires :

  1. Dans les années 80 j'étais une enfant, pas encore une ado, mais il n'empêche que je suis un peu nostalgique de cette époque. Ce film a toutes les chances de me plaire :-)
    Merci pour cette jolie chronique, pour ta participation et pour le lien vers le ciné-club ! :D

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    1. Disons que c'est à peu près la dernière fois qu'il y a eu un courant musical majeur... Qqch que je désespère de voir :-(
      De rien pour la participation !

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  2. La bande-annonce donne vraiment envie, j'aime bien ces petites comédies autour des enfants.

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    1. C'est un film pour conjurer la déprime hivernale !

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  3. Belle chronique ! Sorti l'été dernier mais de façon un peu inaperçu et c'est dommage… Merci pour cette séance de rattrapage ;)

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    1. Merci ! Malheureusement, c'est le cas de nombreux films à "petit budget" : la com n'est pas assez importante… Et puis, il faut dire que le sujet était légèrement atypique, le nom de Susan Sarandon n'a pas suffit :(

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  4. Vu récemment et je dois le chroniquer aussi bientôt pour Cinetrafic. Une bonne petite surprise que ce petit film et chouette chronique !

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    1. Cela me fait penser au fait que je ne crois pas que ma critique ait encore validée, il faut que j'aille voir ! Je lirai avec plaisir la tienne :)

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